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Jeudi 10 Janvier 2019

Sommaire Règle de saint Benoît (archives)

 SOMMAIRE de cette rubrique

      - RB 60, lue le 14 décembre : Des prêtres qui voudraient habiter au monastère
      - RB 42 , 20 novembre : Que nul ne parle après complies
      - RB 31, 1-12 , lue le 7 novembre : Le cellérier

      - RB 13, 12-14  , lue le 17 octobre : Notre Père...
      - RB 7,49-50,  lue le 4 octobre : Humilité

  
    - RB 3 , lue le 16 septembre : De la réunion des frères en conseil

      - RB 56 , 
lue le 9 août : De la table de l'abbé
      - RB 31, lue le 8 juillet : Qualités du cellérier
      
- RB 19, lue le 26 juin : Prier les psaumes
     -  RB 7, 67-70 , lue le 10 juin : De l’humilité
    
 -  RB 7, 5-6 , lue le 27 mai : De l'humilité
     -  RB 7, 1-4 ,
 lue le 26 mai : De l'humilité
     -  RB 4 , 
lue le 19 mai : Des contraintes qui libèrent
      - RB 1 , 
lue le 9 mai : Des genres de moines
      - RB 60 , lue le 14 avril : "Ami, pourquoi es-tu venu ?"

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Dimanche 02 Décembre 2018

Règle de saint Benoît - ch.60 - 14 décembre

 Règle de saint Benoît ch.60 – lue le 14 décembre

 L’intitulé de ce chapitre est « Des prêtres qui voudraient habiter au monastère ».

                               
                               Abbaye d'Acey  © D.G

Il s’agit d’hôtes particuliers, des prêtres, qui demandent à être reçus au monastère. Tout hôte est accueilli comme le Seigneur lui-même mais saint Benoît rappelle aussi que l’hôte accueilli doit respecter le mode de vie des moines, qu’il ne bénéficiera d’aucun privilège quelque soit son rang. On se souvient que le rang du moine est fonction de son arrivée au monastère. Une grande humilité est demandée à tous mais particulièrement au dernier arrivé.

C’est une attitude que nous devrions adopter quand nous entrons dans tout groupe sans nous prévaloir de nos compétences qui trouveront leur application en temps voulu, si Dieu le veut.

Mais de ce chapître, nous retiendrons aujourd’hui cette question de Jésus dans l’Evangile de saint Matthieu (Mt26,50) et citée par Benoît :  « Ami, pourquoi es-tu venu ? »

Dans ce que je décide, dans ce que j’entreprends , il est souhaitable que je m'interroge au préalable  sur le pourquoi de mes actes. Quel est mon intention profonde, quel est mon but, qui je sers ?

Cela permet de prendre du recul et peut-être de discerner quelques réajustements nécessaires.

Quand je prie, quelle est mon attitude ? Je parle ? Je demande ? J’écoute ?

On peut entendre alors cette question de Jésus : « Ami, pourquoi es-tu venu ? »

 DG

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Dimanche 18 Novembre 2018

Règle de saint Benoît - ch. 42 , 20 novembre

 RB 42 - 20 novembre

Que nul ne parle après complies -

 Et si nous cultivions un peu de silence ?

 J'ai toujours aimé les passages bibliques ou de la Règle de Saint Benoît qui sont peu engageants ou difficiles.

Ceux qu'en général on évite. Par paresse ou par à priori. Ils sont en fait révélateurs pour soi-même de ce qu'on préfère rejeter : je ne comprendrai rien, çà va me prendre trop de temps, çà ne me concerne pas, c'est de la vieille histoire. Il est vrai aujourd'hui que le terme de "complies" ne parle plus à grand monde et " que nul ne parle " c'est-à-dire imposer (ou proposer)  le silence n'est pas toujours apprécié ni compris.

 Ces saintes paroles rébarbatives sont pourtant bien souvent riches d'enseignement. Sous l'ingrat est parfois caché la perle. Comme en l'homme. Cela demande simplement un peu d'écoute et de patience.

Allons donc au-devant de notre surprise d'aujourd'hui.

 " En tous temps les moines doivent cultiver le silence, mais surtout aux heures de la nuit." (v. 1)

                *  

 Il n'est pas demandé à tout le monde de faire silence  jour et nuit. Cela fait partie de la vocation monastique. Pourquoi font-ils silence ? Pour écouter Dieu qui ne se perçoit guère dans l'agitation. L'Evangile l'exprime souvent à travers paroles et attitudes de Jésus. Dans l'Ancien Testament aussi, les grands figures bibliques rencontraient Dieu dans le silence et la solitude.  Mais si les moines vivent ce silence de façon intense et intensive, c'est parce qu'ils ont fait le choix d'être tout à Dieu et d'en prendre les moyens.

Le silence est un moyen pour tout homme de s'approcher de Dieu. Ce n'est pas le seul évidemment. Le couple amoureux lui aussi a besoin de moments silencieux parce que l'amour qui ne trouve plus des mots assez forts se dit aussi dans le tête à tête sans paroles où il suffit simplement d'être ensemble, d'écouter le silence, les mêmes bruits, une musique ou un texte lu, de communier par la pensée.

Saint Benoît d'ailleurs dans ce passage, parle de ce silence partagé :

" Tous s'assiéront en un même lieu" (v. 3, 7)

            *   

Paradoxalement, pour entrer dans le silence, Saint Benoît propose à ses moines l'écoute d'une lecture de l'Ecriture. Faire silence en soi, ce n'est pas se fermer au monde bien au contraire. C'est s'entraîner à l'écoute. Faire silence, c'est  laisser la place en soi pour accueillir.

Nos journées sont souvent pleines à craquer sans une respiration, sans temps d'arrêt, sans relecture. Le soir même, à table, on allume radio ou télé. Puis on se couche, on s'endort et on recommence le lendemain. Même le dimanche, jour du Seigneur, n'a plus de temps à consacrer à Dieu.

 La Règle d'aujourd'hui nous rappelle à toutes et à tous qu'il nous faut impérativement trouver dans nos journées, nos semaines, notre année, des temps de pause plus ou moins longs. C'est vital pour notre corps mais plus vital encore si nous disons vouloir marcher au pas de Dieu. Comme un bateau dont il faut maintenir le cap si on ne veut pas dériver.

Nous découvrirons alors, par exemple, qu'en prenant un temps régulier  pour lire et écouter la Parole de Dieu, notre chemin va s'éclairer, se purifier, retrouver sens. Dans nos vies, Dieu est trop souvent quelqu'un que nous ne laissons pas nous rejoindre. Comme si on marchait en parallèle. On croit en Lui mais quelle place lui laissons-nous ?

Quelqu'un à qui nous dirions "je t'aime", mais qui ne prendrait aucune part à notre vie, dont nous ne tiendrions pas compte des avis , serait bien peu aimé...

" Dieu n'était pas dans l'ouragan, mais dans la brise légère..." nous rappelle le prophète Elie.

Retrouvons donc le goût du silence. Et cela se "cultive" !

DG
* © D.G

Mise à jour : Dimanche 18 Novembre 2018, 16:48
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Jeudi 01 Novembre 2018

Règle de saint Benoît - ch.31, 1-12 - 7 novembre

 RB 31 (1-12) - 7 novembre

Des qualités requises du cellérier du monastère

 " On élira pour cellérier du monastère un membre de la communauté ayant de l'expérience... sobre... ni hautain... ni injuste... ni dépensier... qui soit comme un père ... qui prendra soin de tout... ".

Avec ce chapitre, nous entrons dans le fonctionnement du monastère qui a des biens, qui travaille et possède des instruments de travail. Vues les recommandations qui sont faites au cellérier, nous mesurons l'importance de sa fonction.

                             

 Une maîtresse de maison sait bien de quoi il s'agit quand il faut gérer intendance et famille, tenir compte du budget et des besoins de chacun. Elle se doit d'être attentive, prévoyante, économe. Soigneuse aussi.

 " Il regardera tous les ustensiles et tous les biens du monastère comme des ustensiles sacrés de l'autel." (10)

                            

 L'expression de Benoît est forte. Exagérée ? Non, tout appartient à Dieu.

Monastère ou simple maison, il semble normal de veiller au bon usage et au bon entretien  de nos outils. L'intérieur de notre lieu de vie est souvent révélateur de ce que nous sommes. Il peut être intéressant d'y porter un regard attentif.

Si nous avons quelque faiblesse sur ce plan-là, voilà une bonne occasion d'exercices simples pour nous améliorer. Entretenons nos "extérieurs" , le but profond étant de bonifier "l'intérieur" de nous-mêmes. Les fruits peuvent nous étonner tant par rapport à soi qu'à celui de notre entourage.

 Dieu nous a donné la vie et nous en confie la gestion. Et quand saint Benoît précise que le cellérier ne fera rien sans ordre de l'abbé, c'est comme le serviteur qui ne fait rien sans ordre du maître, comme le disciple sans la volonté de Dieu.

Tout se tient. Si on lâche la rigueur dans les petites choses, il y a de fortes chances qu'on la perde aussi dans les grandes.

Et si les moines prient sept fois par jour, c'est  pour se remettre, se recentrer constamment entre les mains de leur Roi et Seigneur. Laïcs, qui nous en empêche aussi ?

DG

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Samedi 13 Octobre 2018

Règle de saint Benoît - ch.13 - 17 octobre

 Règle de saint Benoît – ch.13, 12-14lue le 17 octobre

 Les laudes (prière du matin) et les vêpres (prière du soir) ne s’achèveront jamais sans qu’à la fin la prière du Seigneur soit dite intégralement par le supérieur, de façon à être entendue de tous, à cause des germes de discorde qui pointent couramment. De la sorte, engagés par la promesse qu’ils font dans cette prière en disant : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons », ils se purifieront de ce genre de faute. Aux autres offices, seule la dernière partie de la prière sera dite à haute voix, pour que tous répondent : « Mais délivre-nous du mal. »

                                  

                                  
                                  Le benedicite (18ième s.) – J.B Lallemand
                                              Musée de Brou - 
© D.G

Autrefois dans les familles, c’était le chef de famille qui, à table en particulier, récitait la prière en début de repas (le bénédicite). Il faisait  aussi une croix sur le pain qui allait être partagé. Ce n’est qu’après cette prière qu’on pouvait s’asseoir et manger. Le « Notre Père » pouvait aussi être dit par le père ou la mère. Les enfants  écoutaient et finissaient à leur tour par le savoir aussi. C’était une habitude quotidienne ou hebdomadaire qui faisait tout naturellement partie de la vie.

Il n’est donc pas surprenant qu’au monastère, à l’époque de Benoît, ce soit le supérieur qui prononce seul la prière conclue par tous. Cela se pratique d’ailleurs encore ainsi dans certains lieux. Cette prière que Jésus lui-même a appris à ses apôtres se nomme la Prière du Seigneur, prière des chrétiens par excellence qui, matin et soir, s’en remettent à Dieu. Si nous ne savons pas comment prier, voilà la plus belle et la plus simple prière qui peut envelopper notre journée, la sanctifier. Comme dit Benoît, elle nous engage aussi. C’est dans ce sens où la prière agit dans nos vies . Il faut donc prendre le temps d’intégrer chaque mot. Par exemple, centrer notre attention sur un mot diffèrent chaque jour et voir au fil de la journée comment le concrètiser. En tous cas, que notre prière, que nos demandes et que nos promesses ne soient pas que des mots mais viennent du cœur et soient réellement mis en pratique.

« Donne-nous aujourd’hui notre pain … » : aujourd’hui, j’aurai peut-être l’occasion de partager quelque chose avec quelqu’un, ou de m’intéresser davantage à l’étranger sans toit et sans pain…

« Pardonne-nous nos offenses… » : c’est déjà reconnaître nos erreurs , puis en demander pardon. L’humilité n’est généralement pas notre fort. Voilà un bon exercice spirituel qui devrait porter des fruits.

«… comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés » : pardonner n’est pas une démarche facile mais c’est très libérateur . Le Christ nous a montré jusqu’où peut aller le chemin du pardon.

Réciter chaque jour le Notre Père peut être un vrai chemin de conversion.

 A noter 

La dernière version du Notre Père datait de 1966. Elle avait été adoptée de manière œcuménique par les Églises luthériennes et réformées de France ainsi que par l’Église orthodoxe.

En mai 2016, au terme de leur synode annuel, les membres de l’Église protestante unie de France (Epudf) ont de leur côté, recommandé à leurs paroisses, par souci « œcuménique », d’utiliser la nouvelle version, « ne nous laisse pas entrer en tentation.» . C’est à partir du 3 décembre 2017 (premier dimanche de l’Avent) qu’a été prononcée la nouvelle version commune aux chrétiens.

Notre Père qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
[Jusqu'au 3 décembre 2017 : "Et ne nous soumets pas à la tentation"]
mais délivre-nous du Mal.

 

 

 

 

 

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Lundi 01 Octobre 2018

Règle de saint Benoît - ch.7 - 4 octobre

 Règle de saint Benoît - 4 octobre

 Ch 7 (49-50) - De L'humilité
  (le sixième degré)

 Etre humble, cela ne va pas de soi.

 " Le moine se trouve content dans la pire et la plus vile condition et ... se considère comme un mauvais ouvrier et un incapable.(Lc17,10), se disant avec le prophète : "J'ai été réduit à rien; je suis devenu comme une bête devant toi, mais toujours je suis avec toi." (Ps 72,22,23)

 A cette remarque de saint Benoît assez difficile à comprendre et à accepter dans une perspective de bonheur, on peut associer le passage de l'Evangile selon saint Luc  où Jésus dit :" Quand vous aurez  fait tout ce que Dieu vous a commandé, dîtes-vous : nous sommes des serviteurs quelconques, nous avons fait notre devoir." (Lc 17, 10)

 La foi chrétienne peut sembler bien peu engageante vu sous cet angle s'il est mal compris. Quel parent n'essaye -t-il pas de valoriser son enfant, de le féliciter quand il fait bien, de l'encourager s'il est faible ? Dieu, notre Père, serait-il dépourvu de coeur, de compassion ? A un effort que nous ferions par amour, nous répondit-il comme un roi à qui tout est dû ?

 Notre relation à Dieu n'est pas simple effectivement. Et le premier mouvement de beaucoup d'hommes est d'éliminer ce gêneur qui semble bien autoritaire, peut-être tout-puissant et pourtant invisible.

Dieu nous dérange certainement en attirant notre regard sur nos limites et nos faiblesses. Il ne s'agit pas pour lui de nous dévaloriser, mais de nous aider à nous voir tels que nous sommes... et de nous aimer ainsi.

                     

Pensons  à nos désirs utopiques de vivre ailleurs, de faire autre chose, d'avoir un conjoint plus attentionné ou des enfants beaux et intelligents. Nous pouvons vivre toute notre existence sans être présent vraiment à la réalité et à la beauté simple de notre vie. Pris par nos soucis, par nos ordinateurs omniprésents, par les heures qui passent trop vite, nous ne voyons plus les belles couleurs de l'automne, notre enfant qui attend un câlin ou une histoire, notre proche dans la peine.

Nous ne sommes effectivement qu'un minuscule maillon de l'Histoire. Pas plus. Pas moins. Mais un maillon qui manque, c'est bien la chaîne qui casse. Nous avons un devoir d'amour et de fidélité là où nous sommes, à notre place modeste ou  en vue, mais toujours importante. C'est là notre grandeur.

 Mais ce chapitre peut nous emmener un peu plus loin encore. Notre connaissance de Dieu est infime. Jésus l'a souvent rappelé à ses disciples : " Vous ne savez pas ce que vous dîtes." Ne nous lassons pas d'aller à sa rencontre, de l'attendre, d'être prêt à l'accueillir . Le témoignage de nos frères comme le nôtre peut être un puissant révélateur de l'amour de Dieu. Mais tout comme nous avons à être humble dans notre vie et dans la foi, rappelons-nous que Dieu ne se révèle ni dans le tonnerre, ni dans les éclairs, mais dans "la brise légère" (Livre des Rois ch.19)

Et saint Benoît  réconforte toujours ses frères : quoiqu'il vous arrive, soyez toujours avec le Seigneur.

Notre paix, notre sécurité, notre grandeur  ne viendra pas de nous-mêmes mais de la grâce de Dieu.

 DG

© D.G 

 

                                                                                                      

Mise à jour : Samedi 13 Octobre 2018, 17:37
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Lundi 03 Septembre 2018

Règle de saint Benoît - ch.3 - 16 septembre

 RB  3 - La réunion des frères en conseil.

lue le 16 septembre

Toutes les fois qu’il faudra traiter d’affaires importantes au monastère, l’abbé convoquera toute la communauté et dira de quoi il s’agit.

Le monastère n’est pas sous régime dictatorial mais plutôt sous celui d’une vie famille « normale » où sont mis en commun les décisions importantes de gestion, d’orientation, d’accueil. Où sont partagés aussi les soucis, les questions qui relèvent du groupe.
 Quand chaque membre d’une famille vit sa vie et n’est pas solidaire, dans une juste mesure, de la vie  des autres membres, cette famille  verra un dessèchement progressif. Chacun a sa pierre bien particulière à poser dans cet édifice, du plus petit au plus grand, du plus sage au plus téméraire. Il en est de même pour une communauté monastique dont l’abbé est le père.
Mais comment prendre en compte les avis de chacun et surtout s’ils sont contradictoires ?

Ayant entendu l’avis des frères, il en délibèrera par-devers lui et fera ce qu’il juge le plus utile.

Un bateau aurait beau avoir un nombreux équipage, si le commandant ne joue pas son rôle, il n’est pas sûr que le voyage se passe bien ni que le but soit atteint. Il en revient donc à l’abbé (ou au chef de famille) d’écouter ce qui est dit puis finalement de décider au mieux.
Dans nos réunions d’Eglise, il nous arrive parfois de tenir pour négligeable l’avis de certaines personnes jugées peu compétentes ou peu impliquées. Il nous faut revoir cette façon d’être car 
Le Seigneur révèle souvent à un plus jeune ce qui est préférable.

                   
    
                                 
  *  


Cela est frappant dans les remarques que peuvent faire de petits enfants ou des adultes handicapés intellectuellement. Ils n’ont pas nos barrières, ni le même regard. Ce mot « révèle » souligne bien que quelque chose ne dépend pas de nous. Où se situe pour nous la voix de Dieu quand nous prenons des décisions ?
Mais Saint Benoît, avec prudence et psychologie, recadre tout de même bien les choses :

Les frères donneront leur avis en toute humilité et soumission, et n’auront pas l’audace de défendre effrontément leur opinion.


Ne pas hésiter à donner son avis mais savoir rester à sa place. Il ne s’agit pas de défendre son idée mais bien ce qui semble bon pour tous. Si possible à la lumière de l’Evangile.   L’équilibre n’est pas toujours facile à trouver en particulier si la « tête » du groupe manque d’écoute ou de discernement. D’ailleurs saint Benoît n’oublie pas de mentionner les devoirs du maître à qui « revient de tout régler avec prévoyance et justice » à l’image de l’amour que Dieu a pour nous. D’ autres passages de la Règle (RB2,38- 3,11) disent clairement que c’est bien lui qui aura à rendre compte de ses décisions auprès de Dieu.
Une fois la décision prise par celui qu’on reconnaît comme guide, mieux vaut obéir et suivre. Ce qui peut nous sembler parfois inadéquat dans un premier temps peut se révéler ensuite judicieux. Sinon, sans doute faudra-t-il se réunir une nouvelle fois…

Nous avons donc dans ce passage de la Règle un bel exemple de management qui n’a d’ailleurs pas échappé à certaines entreprises qui n’ont rien de monastiques. Certains monastères en ont même fait le thème de leurs sessions et il y a du monde. 
Ayant médité ceci, nous pouvons faire une relecture de nos modes de fonctionnement en famille, en association, en paroisse, en communauté. Sans oublier de nous regarder nous-mêmes, que nous soyons maître ou serviteur.
Sans oublier non plus ce qui nous motive. Le but final d’une communauté monastique n’est pas de former une équipe de bons copains ou même une famille harmonieuse. Il est d’avoir conscience de faire partie d’un Corps et de chercher ensemble le chemin qui mène à Dieu. 

D.G
* © D.G

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Mardi 10 Juillet 2018

Règle de saint Benoît - ch.56 - 9 août

 RB 56 – De la table de l’abbé
 Lu le 9 août 

1- L’abbé mangera toujours avec les hôtes et les pèlerins.

2 - Quand il n’y aura pas d’hôtes, il pourra inviter ceux des frères qu’il voudra.

3 - Toutefois, il laissera toujours un ou deux anciens avec les frères pour le bon ordre.

           
                * 

                          Eglise de Dasindo (Italie) - Gravure sur schiste

On peut imaginer la contrainte que cela pourrait, de nos jours, représenter pour l’abbé de manger à la table des hôtes et pèlerins en cette période estivale où les hotelleries sont pleines.

Cette consigne de saint Benoît a été heureusement aménagée pour le bien de tous. Mais il faut en garder le sens et trouver un mode d’accueil des hôtes qui manifeste suffisamment de chaleur et de fraternité, se souvenant qu’il convient d’accueillir l’hôte comme le Christ lui-même.

                 

                     Autel de campagne - Année 1917
                             Centre Pompidou - Metz (expo 2012)                 
            

 A l’époque de sant Benoît, accueillir des hôtes, parler avec eux, c’était d’abord un témoignage qui pouvait éventuellement susciter une vocation. L’accueil que nous faisons à quelqu’un, ce premier pas, est quelquefois déterminant et peut être lourd de conséquence.

L’abbé délègue au Frère Hotelier cette mission d’accueil mais il reste le « maître de maison » à qui on se réfèrera toujours en cas de besoin. Il représente le Christ au sein de sa communauté dans cette relation étonnante où l’hôte est lui aussi accueilli comme le Christ.

Pour les retraitants venant quelques jours au monastère, il est bon de ne pas voir l’abbé comme une personne inaccessible et sur-occupée.

Que penserait-on d’une famille chez laquelle on serait en visite et dont le père ferait une simple apparition de convenance sans s’intéresser un peu à qui vient chez lui.

Il y a en tout cela une juste mesure à trouver de part et d’autre.

                  *   

                     La Cène - Colmar - Musée Unterlinden

 Le lieu de la table n’est évidemment pas anodin et nous évoque bien sûr la Cène et le partage du pain ou la belle rencontre à Emmaüs. Le rassemblement autour de la table familiale , même s’il se perd un peu, est souvent signe de fête, de convivialité, de mise en commun des joies et des peines. Les vacances nous donneront sans doute quelques occasions particulières de le vivre en prenant son temps. Car parfois il en faut pour laisser à chacun trouver  le bon moment de s’exprimer un peu en vérité et l’écoute suffisante.

 Soyons vigilants lors de ces moments privilégiés où parents, grands-parents, enfants et petits-enfants sont réunis. Sachons écouter beaucoup, donner la parole à chacun, favoriser l’harmonie du groupe , « pour le bon ordre » comme dit Benoît. Il y aura peut-être là Judas, prêt à trahir...

La table de l’Eucharistie , table de l’offrande sans mesure et du partage, où se mêlent bons et mauvais penchants de chacun, ne nous sera vraiment compréhensible et authentiquement vivante, que si nous savons déjà au quotidien vivre de vraies relations d’amour.

                              Dans ma maison,

                 J’ai table ouverte pour le temps…

                             J’y sacrifie

              Ce que le temps veut pour s’ouvrir.

                      Je sacrifie à cet instant

                          Qui sera temple…

                                    **

                Quand chacun de tes jours

                          Te sera sacré,

                Quand chacune de tes heures

                          Te sera sacrée

                 Quand chacun de tes instants

                          Te sera sacré,…

                    Nous ferons de la terre

                Une cathédrale sans murs. […]

                  Les dimensions du monde

                   Seront dans nos instants.

                       Chacun de nous

                              Officiera. *

 * Extraits de poésies de Guillevic,
     cités par Fr.Bernard-Joseph Samain (abbaye d’Orval)  
     dans son livret (été 2014)
  « Le pain, le vin sont notre résumé. »
     Approche poétique de l’Eucharistie.


DG
 * © D.G

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Mardi 03 Juillet 2018

Règle de saint Benoît - ch.31 - lue le 8 juillet

 RB 31 – Du cellérier du monastère, quelles doivent être ses qualités.

Les moines ont l’habitude de dire que la Règle de saint Benoît est comme un atelier garni d’outils appropriés à ce que nous avons à faire. Cette Règle en effet, toujours recentrée sur le Christ,  nous offre à chaque chapitre de quoi bien organiser notre vie de chrétien. Elle est complémentaire de l’Evangile, s’en inspire (y puise sa respiration) et invite à une pratique. C’est donc du concret. Lue et suivie au quotidien par les moines depuis des siècles, elle peut être aussi un guide non négligeable pour le management de divers groupes.

Qu’est-ce que la Règle de saint Benoît  et ce chapitre en particulier, a à nous dire aujourd’hui ?

 Pour cellérier du monastère, on choisira parmi la communauté quelqu’un qui soit sage, mûr de caractère, sobre, pas gros mangeur, ni hautain, ni agité, ni malhonnête, ni lent, ni prompt à dépenser, mais craignant Dieu et qui soit pour toute la communauté comme un père.

 Définition Littré : Le cellérier, la cellérière, est un religieux, une religieuse, qui a soin des provisions et de la nourriture du couvent.

            

 C’est un poste-clef qui exige bien des qualités tout comme celui de maîtresse de maison ou de gestionnaire d’entreprise qui tient les cordons de la bourse qu’il doit gérer avec discernement et mesure.

On sait combien un budget est difficile à tenir avec parfois peu de ressources, du monde à nourrir, des goûts différents. Regardons les qualités mentionnées par Benoît, elles nous concernent. Avec en trame de fond Dieu lui-même et l’amour paternel qu’il porte à l’homme.

La responsabilité confiée au cellérier n'est pas donnée au premier venu. Gérer un budget, un stock demande un apprentissage, de l’expérience . Au fil des années, on revoit ses façons de faire, d'organiser.

" ... mûr  de caractère ...".
Cela peut surprendre et amuse aussi. Celui qui tient les cordons de la bourse  doit garder ses distances, ne pas être familier ou se laisser séduire. " Ta bonté te perdra", dit-on.

" ...il doit être sobre..."
Ayant tout à portée de main, cela vaut mieux.

 " ni injuste... ni borné... humble... fera tout avec mesure ."
Ces chapitres 31 et 32 méritent vraiment d'être lus car fort instructifs. Mais très exigeants. Une fois de plus, saint Benoît nous invite en tout à la perfection . Mais tout comme il conseille au cellérier d'être " un père pour sa communauté " , Benoît s'adresse à ses frères avec beaucoup d'humanité et d'amour.

Et c'est bien là que l'exigence devient plus facile. Entre obéissance à la Règle et amour de la Règle et des frères, il y a une grosse différence de motivation.

 Il prendra soin de toutes choses ; il ne fera rien sans ordre de l’abbé. Il observera ce qui est commandé ; il ne contristera pas les frères. Si un frère vient à lui demander quelque chose d’une façon déraisonnable, il ne le contristera pas en lui montrant du mépris ; mais d’une façon raisonnable, avec humilité, il refusera à celui qui demande à tort.

 Prendre soin, obéir, ne pas faire d’abus de pouvoir, respecter, être humble, discerner … Chacun de nous peut mettre derrière ces mots des exemples très concrets. Un exemple journalier : faire les courses.

Avoir une liste avec les besoins de chaque membre de la famille, ne pas oublier une demande particulière, acheter avec mesure sans se favoriser, respecter les goûts et les besoins de chacun, faire de bons choix sur les étals en tenant compte de la qualité des produits et de ses moyens, donner quelques denrées au quêteur d’une banque alimentaire à la sortie du supermarché etc…

 Il veillera à son âme se souvenant de ce mot de l’Apôtre : « Celui qui a bien rempli son office s’acquiert un rang honorable ». (1Timothée 3,13 – « Timothée » = qui honore Dieu)

 Et toujours recentrer le pourquoi, pour qui de notre action. Le « rang honorable » ne signifie pas fierté personnelle,  mais rendre, par sa vie, honneur à Dieu. 
Ce qui est bien aussi un honneur pour soi-même, que de s’approcher du Seigneur et en être aimé.
Prendre soin de tout. « Tous les objets du monastère et tous ses biens, il les considérera comme s’ils étaient les vases sacrés de l’autel. »

                      

 Rien n'est négligeable dans ce qui nous est confié et utile à tous. Ranger, réparer, ne pas perdre, nettoyer, se faire aider, vérifier... Cela fait partie aussi de l'éducation de base de nos enfants. S'ils ne l'ont pas appris, il y a peu de chance que cela s'arrange en grandissant ...

Apprendre à gérer les petites choses, c'est se préparer à en gérer de plus grandes, à gérer sa vie avec les conséquences que cela peut avoir sur ceux qui nous entourent.

 Aimer ses frères comme nous y invite le Christ, ce n'est pas de la théorie mais une belle  pratique dans le respect de la création qui nous est confiée et dans le  respect de chacun.   A l'image de Jésus lui-même.

Suivre le Christ, ce n'est pas être déconnecté des réalités humaines. C'est au contraire, apprendre à leur donner leurs vraies valeurs. N'est-ce pas un peu notre quête à tous ?

 On ne peut pas ne pas songer à l’Evangile où Marthe et sa soeur Marie accueillent Jésus. (Lc 10) Que vaut-il mieux : servir Jésus ou l’écouter ? Etre actifs ou contemplatifs ?  Question longtemps débattue. Jésus félicite Marie, on pourrait donc en déduire sa préférence pour le disciple qui est à ses genoux et l’écoute. Le coté matériel de l’accueil étant secondaire. Ce n’est certainement pas ce que Jésus a voulu dire.

                          

-         Dans toutes choses, toutes actions, il y a un discernement à faire, voir la priorité du moment.
Quand nous accueillons un  visiteur, nous précipitons-nous à la cuisine ou prenons-nous le temps de l’accueil, de l’écoute de ses besoins ?

Marie a choisi d’écouter le Seigneur car Jésus était là pour donner et nous pour recevoir. Ce jour-là la priorité n’était pas au matériel mais au spirituel. Il sera toujours temps après de partager le repas ou un verre d’eau.

-         On peut aussi entendre cet Evangile sous un autre angle. La priorité que semble  donner Jésus à cette « meilleure part » qu’a choisi Marie peut aussi vouloir dire que les activités matérielles n’ont de sens que si elles sont animées de l’intérieur. Comment suivre le Christ, aimer ses frères si nous négligeons l’écoute de la Parole. Elle est première. Elle est la source à laquelle boire et qui nous permettra de vivre en vérité.

Le cellérier du monastère n’aimera sa fonction que si elle a un sens sacré. Nourrir ses  frères est une haute fonction de reconnaissance et d’amour de l’autre. (Voir sur ce blog la recension  du livre La symbolique du repas dans les communautés -  De la Cène au repas monastique de Jean-Claude SAGNE).

Saint Benoît appelait le monastère, « la maison de Dieu ». Le Pape François parle de notre « maison commune »…

DG

Mise à jour : Mardi 3 Juillet 2018, 19:50
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Mardi 19 Juin 2018

Règle de saint Benoît - ch.19 - 26 juin

 De la tenue pendant la psalmodie

 Nous avons la certitude que Dieu est partout et que les yeux du Seigneur regardent bons et méchants en tout lieu. (Proverbes 15,3)

                         

 « L’œil était dans la tombe et regardait Caïn » écrivait Victor Hugo.

A première lecture, on peut ne pas apprécier cette omniprésence de Dieu qui peut évoquer l’oppression vécue douloureusement dans des pays totalitaires. Et sans aller jusque là, de nombreuses personnes ne supportent pas l’idée qu’il y ait quelqu’un, homme ou dieu, qui ait droit de regard sur tout ce qu’ils font. On peut effectivement en être mal à l’aise.

Mais saint Benoît nous invite à un tout autre regard. En effet, nous lassons-nous d’être regardé par quelqu’un qui nous aime ? Nous lassons-nous de faire en sorte de lui plaire, d’être à ses côtés ? Le jeune enfant, qui a toute confiance en ses parents, se sent perdu quand il ne les voit plus : amour à l’état pur.

 Nous devons, sans aucun doute, en être plus certains encore, quand nous prenons part au service de Dieu.

Il y a une présence légère qui nous accompagne quand nous sommes occupés à des tâches variées et matérielles. Quelqu’un d’absent peut demeurer présent si nous pensons à lui.

Mais la présence est plus intense quand celui (ou celle) que nous aimons est à nos côtés, quand la rencontre est voulue, désirée. Nous y sommes alors particulièrement attentifs.

                          

 Donc, quand nous nous rendons à une célébration chrétienne pour prier le Seigneur, ou même « dans le secret de la chambre »,  malgré l’invisibilité à nos yeux, la présence de Dieu devient plus évidente puisque nous sommes là pour Lui. Il va sans doute nous falloir maîtriser nos distractions, notre difficulté à croire (même si notre désir est là) à cette présence réelle de Jésus près de nous. Elle est pourtant parfois, même fugitivement, très sensible. Nous voudrions voir Dieu ! Comme Pierre sur la montagne de la Transfiguration, le bonheur est si grand de l’apercevoir dans sa réalité qu’on voudrait s’installer et demeurer. Les grands personnages de l’Ancien Testament comme Abraham et Moïse étaient bien plus réalistes : Qui peut voir Dieu sans mourir ? Il nous faut accepter la vision très partielle de Dieu mais connaître Jésus n’est pas inaccessible. Il s’est fait si proche des hommes…

 Servez le Seigneur avec crainte…(Ps 2)… psalmodiez avec sagesse…(Ps46,8)

« crainte » = amour respectueux et non pas peur.

La notion de « service du Seigneur » peut aussi nous être étrangère. Encore cette notion de dépendance qui peut gêner. « Rendre service » est mieux connoté car on sent davantage la gratuité.

Nous oublions souvent que notre créateur c’est Dieu. Nous lui devons tout. Il est notre Père. Nous sommes bien dans une relation d’amour. Si nous aimons nos parents, il doit nous sembler tout naturel d’attacher de l’importance à leurs valeurs, de les aider si besoin et de leur témoigner notre affection. Quel malheur d’être aimé parfois et de ne pas en apercevoir la beauté, de ne pas le recevoir dans toute sa gratuité mais au contraire de se sentir redevable…

Nous percevons sans doute  difficilement aussi la beauté de notre relation filiale avec Dieu. L’Ecriture nous ouvre largement ses portes pour nous le redire. Prenons le temps d’y entrer.

                                     

 Réfléchissons donc à l’attitude qui s’impose sous le regard de Dieu et…[quand nous prions] soyons tels que notre esprit soit d’accord avec notre voix.

 Saint Paul , dans sa Lettre aux Corinthiens, reprenait déjà avec énergie les premiers chrétiens qui négligeaient leur tenue physique et mentale lors des assemblées eucharistiques.

« Dieu n’est pas un Dieu qui suscite le désordre mais la paix… Que tout ce que vous faites, se fasse avec dignité et ordre… Tout cela doit aider l’Eglise à progresser. » (1 Co 14)

Quand nous prions (chez soi, à l’église ou ailleurs), prenons toujours le temps de nous remettre sous le regard de Dieu. Notre prière n’est pas un monologue mais un dialogue. Acceptons d’entrer dans cette relation un peu particulière qui deviendra familière avec un peu de persévérance et de fidélité. Croire en Dieu est don de Dieu. Encore faut-il accueillir ce don.

 « Que notre esprit doit d’accord avec notre voix » : Il s’agit de vivre en vérité. Dieu n’a que faire de nos bonnes paroles si elles ne correspondent en rien à ce que nous voulons vivre. C’est là, et jusqu’au terme de notre vie sur terre, un ajustement quotidien : nous ajuster à la Parole de Dieu, faire que notre vie ressemble toujours davantage à celle de Jésus et à ce qu’il attend de nous. Ne nous laissons pas atteindre par le découragement ; nous serons toujours en-deçà de notre modèle, de notre Seigneur et Roi. Dieu, patient et plein de miséricorde,  ne nous en voudra jamais de ne pas y arriver. Notre attitude extérieure n’est pas à négliger bien sûr. Mais pour Saint Benoît, c’est surtout sur notre disposition intérieure qu’il faut veiller.

 Mais gardons toujours présent le désir de L’aimer et le certitude qu’Il est toujours avec nous.

 C’est bien la certitude que Dieu est partout présent (v.1) qui va nous aider à unifier notre vie (v.7).

 D.G

Mise à jour : Jeudi 21 Juin 2018, 12:45
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Vendredi 08 Juin 2018

Règle de saint Benoît - ch.7 - 10 juin

 Règle de saint Benoît – ch.7, 67-70 – De l’humilité

Lue le 10 juin

 Ayant gravi tous ces degrés de l’humilité, le moine parviendra donc bientôt à cet amour de Dieu qui, devenu parfait, chasse la crainte.

Grâce à cet amour, tout ce qu’auparavant il observait non sans crainte, il commencera à l’observer sans aucune peine, comme naturellement et par habitude,

non plus par crainte de l’enfer, mais par amour du Christ, par l’accoutumance du bien et par goût de la vertu.

Voilà ce que, dès lors, le Seigneur daignera manifester par l’Esprit-Saint en son ouvrier, purifié de ses vices et de ses péchés.

                 

 Ainsi s’achève le long chapitre 7, de 70 versets sur l’humilité.

Si on cherche vraiment Dieu, on ne peut faire l’économie de cette vertu. Mais il a fallu « gravir » et « parvenir », chasser cette « crainte » qui empêche l’amour.

Cette attitude d’humilité qu’on retrouve à un moment ou un autre dans les biographies de saints , elle peut d’abord sembler contraignante car exigeante et allant à l’encontre de nos mauvaises habitudes. On n’ a rien sans mal, dit-on. L’éducation d’un jeune enfant qui a tout à apprendre n’a rien de commode et contrarie ses élans vers des libertés illusoires.

L’enfant de Dieu que nous sommes doit, lui aussi, prendre conscience de ses limites, de ses faiblesses et ajuster son comportement et sa vie intérieure à l’attente de Dieu.

De nos jours, « crainte de Dieu » et peur de « l’enfer » ne sont plus de grandes motivations. Notre vision du monde a changé .  Mais l’humilité, bien comprise, demeure une réalité à prendre en compte. Se connaître soi-même, accepter ses limites, donner le meilleur de soi, s’appuyer sur le Seigneur va devenir libérateur, purificateur.

Celui ou celle qui s’entraîne chaque jour (sport, travail, prière…) va s’habituer peu à peu à un nouveau rythme, puis le trouver plus facile. Et ce qu’on fait par amour rend l’effort plus léger surtout quand on en  voit les fruits. 

 Alors qu’est-ce qui fait donc que nous avons tant de mal à aimer les autres et Dieu lui-même ?

Les jeunes couples d’aujourd’hui ont certainement une idée de l’amour davantage tournée vers eux-mêmes que vers l’autre. Et tout craque quand les diffèrences se heurtent.

Notre méconnaissance de Dieu et de son amour rend notre foi insuffisante, handicapée, donc ne pouvant venir en aide à nos fragilités.  

Saint Benoît nous aide à prendre conscience d’une présence de Dieu à nos cotés . Il nous faut nous laisser habiter par sa Parole, la goûter et en vivre . La crainte se muera peu à peu en désir et nos faiblesses en force. Laissons-nous transfigurer. Certes, cela demande patience et persévérance.

Nous savons faire plaisir à ceux que nous aimons. Comment allons-nous faire plaisir à Dieu, aujourd’hui, demain et toujours ?

DG

Mise à jour : Mardi 12 Juin 2018, 18:43
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Vendredi 25 Mai 2018

Règle de saint Benoît - ch.7 - 27 mai

De l'humilité

 RB 7, 5-6
 Lue le 27 mai  

5. Il s’ensuit, frères, que si nous voulons atteindre le sommet suprême de l’humilité et si nous voulons parvenir rapidement à cette hauteur céleste où l’on monte par l’humilité de la vie présente,

6. Il nous faut dresser et gravir par nos actes cette échelle qui apparut en songe à Jacob, où il vit des anges descendre et monter.

          
          L'échelle de Jacob
               Roumanie - Monastère de Sucevita

« Si nous voulons atteindre… si nous voulons parvenir…» Tout est don de Dieu mais il nous faut vouloir suivre ce chemin, accueillir la Parole et la mettre en pratique.

Pourquoi « rapidement » ? Parce que le temps nous presse, nos jours sont courts et si nous voulons vraiment entrer dans la vie éternelle que Dieu nous propose, il faut nous y préparer dès maintenant.

Quel sera aujourd’hui mon geste d’humilité à offrir au Seigneur ?

L’échelle ? Elle a deux montants : notre corps et notre esprit. Inséparables mais si souvent dissociés entre le dire et le faire. L’humilité va nous aider à ajuster, à unifier nos désirs et nos actes, notre volonté à celle de Dieu.

A suivre...
 © D.G

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