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Mardi 29 Octobre 2019

L'art cistercien comme lieu théologique

 L’Art cistercien comme lieu théologique.

Christophe VUILLAUME, osb

Collectanea Cisterciensia 2019/2 – 2019/3

 Visiter une maison, un château, une église n’est jamais anodin. A nos regards, les lieux nous offrent une part de leur raison d’être, de leur intimité sans que nous en ayons toujours bien conscience. Un château-fort ou Renaissance, une église romane ou gothique ne parlent pas à notre intelligence et à notre cœur de la même façon.

C’est un peu dans ce sens que le frère Christophe Vuillaume nous fait entrer dans une démarche d’observation puis d’analyse des lieux cisterciens. A sa lecture, tout prend sens et donne sens à la vie de ceux qui ont vécu dans ces murs ou y vivent encore.

               
            Abbaye d’Aubazine   *                                     Abbaye de Silvacane *

     Fontenay, Sénanque, Silvacane, le Thoronet : des lieux d’un grand dépouillement où s’exprime magnifiquement l’art cistercien du 12ième siècle. En réaction à l’opulence de certaines abbayes, comme Cluny, la volonté des fondateurs de Cîteaux où entra saint Bernard, qui quelques années plus tard fonda l’abbaye de Clairvaux dans l’Aube, est de retrouver une plus grande simplicité, une pureté, un esprit de pauvreté et un retour à l’essentiel – Dieu – comme les y invite la Règle de saint Benoît .

Il est donc logique pour ces moines de vivre dans des lieux en concordance avec leur spiritualité, de « bannir figures, symboles, icônes et parfois jusqu’à la moindre décoration. »

Ce dénuement même s’il est bien réel, tout comme peut l’être la clôture, n’est pas à envisager sous un angle négatif, de frustration, mais bien comme porteur d’un message théologique : unité de l’univers , unité de la communauté et même de la famille cistercienne (cf. La Charte de Charité) et omniprésence de Dieu.

 « La fonction religieuse de l’art roman s’exerce à travers un langage symbolique. Le symbole se présente ici comme une forme, un signe sensible qui offre une ressemblance avec les réalités spirituelles, qui établit avec elles un rapport et donne ainsi accès à une certaine connaissance du divin» (p.170)

 Il est vrai que Bernard , malgré (ou peut-être à cause de)  sa grande sensibilité, se méfie de tout ce qui peut exciter les sens et « privilégie l’approche purement spirituelle du mystère de Dieu ». Il s’adresse évidemment à des moines sensés avoir dépassé les attraits de la vie du monde… Cependant dans leur sobriété, les constructions cisterciennes ne négligent pas du tout l’esthétique, la disposition des ouvertures, le jeu des proportions, l’orientation à l’est pour bénéficier de la lumière du matin…Un seul point doit attirer le regard : le sanctuaire avec, au centre, l’autel et la croix.

                 
 Abbaye de l’Escaladieu   *                                              Abbaye d’Acey *

 L’auteur décrit avec précision le plan cistercien et l’art de  mettre en valeur  une atmosphère propice à la prière et au recueillement. Pour se laisser rejoindre par le Verbe, par la Parole méditée (lectio divina) et marcher vers la rencontre de Celui pour qui le moine a donné sa vie.

Saint Bernard privilégie l’ouïe, l’écoute. Ecoute… premier mot de la Règle. Ce qui s’accorde plutôt bien avec le silence de rigueur.

Fr.Christophe Vuillaume conclut et insiste sur le fait qu’on ne peut avoir une quelconque intelligence des mystères de Dieu en-dehors d’une expérience spirituelle authentique. Saint Bruno, père des chartreux à la même époque que Bernard, disait la même chose.

 «  Traditionnel et patristique, Bernard est en même temps pleinement médiéval. Il est déjà moderne, ou plus exactement, il est de tous les temps, parce qu’il satisfait ce qu’il y a en l’homme de plus universel : le besoin de s’élever au-dessus de lui-même pour communier à une beauté qui le dépasse. » (Jean Leclercq et l’esprit cistercien , cité p.288)

 DG
* © D.G - Ph.personnelles ne figurant pas dans la revue

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Dimanche 06 Octobre 2019

Les Pères de l'Eglise

 PRESENCE de SAINT BERNARD

 n°107-108   2e et 3e trimestre 2019

Bulletin de la Grange  Saint Bernard de Clairvaux

             LES PERES de L’EGLISE

                              

La Revue consacre cette fois-ci ses pages à un seul thème : les Pères de l’Eglise.

 L’auteur, Pierre-Alban Delannoy, nous propose des informations particulièrement claires et méthodiques qui permettent un beau tour d’horizon et une bonne initiation.

    -         Qui sont les Pères de l’Eglise ?

Dans la tradition juive , ce sont d’abord des ancêtres, spécialement ceux qui ont vécu dans les grands moments de l’histoire d’Israël.  Ce sont aussi les patriarches de la Genèse : Abraham, Isaac et Jacob. Dans la Bible, les prophètes font souvent référence aux pères. Puis il y a les sages qui vont lire la Torah et chercher à la comprendre.

Dans la Tradition chrétienne, le terme de père est utilisé pour désigner des chrétiens qui ont une autorité pastorale sur une ou plusieurs communautés. Ainsi les pères abbés et mères abbesses des monastères. On parle aussi des pères du désert qui donnent leur vie à Dieu en vivant très pauvrement au désert.

Les Pères de l’Eglise sont les fondateurs de l’Eglise dans la lignée des apôtres. Ils ont consacré leurs efforts à comprendre le message des évangiles, à l’expliquer, le transmettre et le mettre en actes au sein des communautés chrétiennes.

   -         Qu’est-ce que la patristique ?

L’élaboration de concepts, de dogmes, de pratiques constitue le socle du christianisme, la Tradition, qui est complémentaire des Ecritures, à peu près comme pour les Juifs, le Talmud l’est de la Torah.

Ces connaissances permettent, notamment en périodes de contestation, de s’appuyer sur des données sûres, mises par écrit.

L’intérêt pour l’Eglise primitive revient actuellement, non pour un retour au passé, mais ces écrits sont considérés comme toujours vivants, même s’il faut les actualiser. La patristique est une sorte de banque de données vivante et toujours créatrice.

      -   Trois parcours pour découvrir les Pères de l’Eglise.

Trois itinéraires : pensée pastorale, lutte contre les hérésies,  vie chrétienne à partir desquels l’auteur sélectionne et présente des Pères avec leurs caractéristiques : Clément de Rome, Ignace d’Antioche, saint Bernard, saint Irénée, Origène, saint Basile, saint Grégoire de Nysse…

 Et en conclusion, l’homélie prononcée à Clairvaux par Mgr Marc Stenger, pour la saint Bernard, le 20 août 2019.

« [Saint Bernard] reconnaît en lui [Jésus, le Verbe incarné], le Fils de Dieu dans sa majesté et honore en même temps sa proximité qui le touche au cœur… Verbe tant désiré et contemplé. Bernard, un saint, qui nous montre le chemin du quotidien. »

et pour en savoir plus, à lire aussi :

                             

 

La lecture de ces pages nous invitera très certainement à approfondir notre connaissance de ces Pères de l’Eglise, admirables chercheurs, témoins et passeurs d’une foi vivante, réfléchie, portée par la grâce et l’Esprit.

DG

Mise à jour : Dimanche 6 Octobre 2019, 18:39
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Dimanche 29 Septembre 2019

La flamme de la Charité

 La flamme de la charité.

Lettre de Pentecôte 2019

 Mauro-Guiseppe LEPORI

 Revue de spiritualité monastique - Collectanea Cisterciensia 2019/2

                   

L’année 2019 fête le 9ième centenaire de la Charte de Charité , « texte essentiel dans la construction de l’édifice cistercien »,  qui est l’occasion d’un colloque international au Collège des Bernardins à Paris , les 16 et 17 octobre 2019.

Le point central de cette Charte : la charité.

Dom Mauro, abbé général de l’Ordre cistercien depuis 2010, pose aux cisterciens et à ceux qui leur sont proches des questions essentielles :

«  Vivons-nous notre vocation à la lumière de la charité ? La vivons-nous avec amour ? Est-ce que nous marchons ensemble dans la charité ? Sommes-nous unis par la charité ? Vivons-nous l’appartenance à l’Ordre en tant que communion de charité ? » (p.116)

Prière, travail, repos, relations humaines habitent la vie monastique mais « la tiédeur est la tentation dans laquelle nous glissons le plus facilement, parce qu’on perd la ferveur dans l’Esprit-Saint…. ». Rappelons-nous l’enthousiasme de nos engagements d’autrefois …

Se rassembler pour en parler est important car cela « permet de garder vivante, entre nous et en nous, la flamme de l’amour du Christ ».

Vrai pour les moines comme pour tout chrétien. Car ce qui compte, ce n’est pas tant ce que nous faisons pour Dieu ou pour les autres, mais bien le feu intérieur que le Christ a allumé en nous et qui rayonne autour de nous.

Etre un avec le Christ : voilà le sens de notre vie, dans un amour sans limite.

« La grâce d’être unis au Christ est tout, et elle nous rend capables de tout ce que Dieu veut de nous. La communion avec le Christ est la grâce toujours accordée, toujours renouvelée…Tout devient grâce, même la tâche la plus lourde, même l’épreuve la plus pesante. » (p.120)

Si notre charité devient notre œuvre personnelle, il y a de grands risques qu’elle soit vouée à l’échec.

« La Charte de charité, comme la règle de saint Benoît, insiste pour que nous nous unissions avant tout au corps ecclésial formé par notre charisme, que nous ne négligions pas la priorité qui revient à notre communauté et à la ‘communauté de communautés’ que forme notre Ordre et toute la Famille cistercienne. Elle nous enseigne  à nous rencontrer, à travailler ensemble, à nous corriger mutuellement avec miséricorde, et à toujours tendre à une communion de prière qui nous accueille dans chaque communauté comme si elle était la nôtre. » (p.122)

 DG


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Lundi 29 Avril 2019

Les AMIS des MONASTERES - n°197 - janvier-février-mars 2019

 Les Amis des monastères

N° 197 – janvier-février-mars 2019

 Moines et moniales artistes et créateurs.

Voir la Création

                       

 Voir la Création … On sait combien le regard de l’artiste est très personnel, souvent né d’un don mais aussi développé par l’expérience et une longue pratique.

Les récits de témoignages de moines et moniales artistes que nous offre aujourd’hui Les Amis des monastères sont fort intéressants  et variés : icône, calligraphie, enluminure, dessin, peinture, émaillage, tissage, batik, broderie, dentelle, sérigraphie… Un large aperçu donc  de ce qui se pratique dans les monastères. La plupart des œuvres vont être vendues dans les magasins d’abbayes. Mais avant tout, au cœur de ces travaux, « la Parole se fait chair », elle s’incarne, elle transmet l’invisible et la foi.

Ces travaux artistiques remontent à la nuit des temps mais pourtant il y eut des périodes où les talents étaient bien peu exploités … par humilité. Le musicien entré au couvent ne jouait plus, la dessinatrice était aux cuisines. Aujourd’hui, fort heureusement, sont encouragés les talents de chacun pour l’épanouissement personnel mais aussi par ce que c’est ainsi qu’on transmet le mieux sa technique et sa foi .

 « Transmission d’une science du geste, du son, de la couleur, de l’harmonie et de la beauté, qui s’enracine dans une tradition plus que millénaire. » (Dom Guillaume Jedrzejczak, ocso – p.3)

 Biographies et techniques nous sont résumées, illustrées de belles photos qui soulignent la qualité des chefs-d’œuvre. Quelle patience et minutie chez les dentellières d’Argentan ou à l’abbaye Sainte Lioba (Simiane) pour la réalisation d’une chasuble tissée ou d’un vitrail !

A l’abbaye de Ligugé, « longue tradition de l’émail d’art [qui] a fait de cette activité patiente et silencieuse l’un des pôles de ce travail manuel quotidien que Saint Benoît de Nursie (480-547) , Père des moines d’occident, considérait comme l’un des grands piliers de la vie monastique. » (p.24) . Des liens ont été créés avec les plus grands peintres et l’audace de certaines réalisations traduit bien une belle liberté d’expression.    

 Marcelle Gallois - Sœur Geneviève - une religieuse bénédictine.

(d’après l’article de la revue,  rédigé par Sabine de Boisfleury , p.14-17)

 Marcelle Gallois est née à Montbéliard en 1888. En 1907, elle s’inscrit aux Beaux-Arts puis part pour Paris où elle réussit fort bien dans la caricature et le dessin humoristique. Dans les années 1911-1912, elle traverse une grave crise et pense même au suicide. Mais en 1914, alors qu’elle assiste à l’office des Ténèbres dans la chapelle des bénédictines de la rue Monsieur, elle est bouleversée par la beauté du chant grégorien et de la liturgie. Elle fera le récit de sa conversion. En 1917, elle rentre chez les bénédictines de Saint Louis du Temple et prend le nom de sœur Geneviève. Le couvent a un atelier de broderie et la sœur qui le dirige n’apprécie guère les talents artistiques de sœur Geneviève qui obéit et en souffre.
Ce n’est qu’en 1931, à l’occasion d’une exposition d’ornements liturgiques que son talent est remarqué par un médecin, amateur d’art, qui lui commande une série de peintures sur la vie monastique. Elle aimera accompagner ses œuvres de textes « qui s’avèrent aussi savoureux que profonds ».

En 1952, paraît La Vie (bien connue) du petit saint Placide.                  

                                           

 Sur demande,  elle apprend aussi la technique du vitrail. Son dernier vitrail est posé le 9 octobre 1962 dans l’église de l’abbaye de Limon (91430 Vauhallan). Elle meurt dix jours plus tard.

 «  Pour moi, j’ai quelque chose à dire. Il y a en moi un Mystère énorme qui m’accapare, une Vie, Essence de vie, où je bois ma plénitude. »  (Sr Geveniève – citée p.16)

 Une association Les amis de Geneviève Gallois, a été créée en 2016 pour favoriser le rayonnement de son œuvre.

 DG

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Lundi 26 Novembre 2018

 Présence de saint Bernard
 Bulletin de la Grange Saint Bernard de Clairvaux n°104 – 3ième TR 2018

 

                     

 Le bulletin de ce trimestre est dédié à Dom Denis HUERRE, né en 1915, moine de la Pierre-qui-Vire dont il sera l’abbé de 1952 à 1978. Il est mort le 8 mars 2016  à l’âge de 100 ans.

Des liens se sont créés entre la Grange et la communauté bénédictine dont quelques moines sont venus sur place à Clairvaux pour échanger sur leurs vies, évoquer la belle personnalité de Dom Huerre et célébrer l’eucharistie. Une belle reconnaissance fraternelle pour les laïcs cisterciens de la Grange !

 Très attaché à la Règle de saint Benoît, Dom Denis en fit le thème de nombreuses conférences.

L’une d’elles faite à Cîteaux en 2010, au cours des Rencontres de la Grange saint Bernard, est publiée dans la revue : « Selon la Règle de saint Benoît, qu’est-ce qu’un homme ? »

-         le monde d’aujourd’hui est guetté par la barbarie

-         l’Eglise d’aujourd’hui est en souffrance

Ceci étant, il conseille de relire « De la considération » de saint Bernard, ensemble de lettres qui s’adressent  à Eugène III, un de ses moines devenu pape .

    « Qui es-tu ? Un homme, rien de plus. Qui est autour de toi ? La curie romaine qu’il faut réformer. Qui est au-dessous de toi ? Les fidèles du monde entier. Qui est au-dessus de toi ? Dieu qu’on ne peut cesser de chercher. »

 Saint Benoît propose une règle de vie, de réguler la vie. Dieu nous  appelle à venir vers Lui, à marcher vers le bonheur désiré tout en surmontant les obstacles. Lent devenir qui nous permet de revenir vers Lui, par sa grâce.

C’est à la fois une expérience solitaire (monos) où Dieu rencontre l’homme dans une relation unique et intime. Mais inséparable d’un vivre ensemble (koïnos = commun à plusieurs) dans la vie quotidienne et ce qu’elle a de plus ordinaire mais où la responsabilité de chacun est engagée.

Dans le lieu où il vit (au monastère ou dans sa maison), l’homme est appelé à être signe que Dieu habite parmi nous. L’attitude d’accueil, d’hospitalité est primordiale ainsi que la stabilité et la prière continuelle nourrie par l’opus Dei (offices qui ponctuent la journée).

La Règle de saint Benoît guide l’homme à la recherche de Dieu et pour qui le Christ est préféré à tout et à tous.

 Pierre-Alban Delannoy, un des rédacteurs de Présence de saint Bernard, s’interroge enfin sur la place des laïcs cisterciens : « Sommes-nous des moines ? »

« Il y a des moines qui n’en n’ont pas le statut juridique , des laïcs qui vivent selon la Règle. », confirme dom Huerre. C’est admettre que les laïcs font un même travail de recherche de Dieu, de conversion avec la même exigence de vérité mais à leur mesure et dans un autre cadre de vie.

DG


    -         Les Amis des Monastères n° 196 – oct.2018 

      ¤ L’amitié monastique à l’œuvre.

 

 La Fondation des Monastères va célèbrer le 50ième anniversaire de sa fondation (1969-2019)

 La revue n°196 de l’Association « Les Amis des monastères » retrace cette aventure qui pourrait sembler bien administrative et financière, loin d’une approche spirituelle .

En fait, le sous-titre , L’amitié monastique à l’œuvre, se justifie pleinement si on prend la peine de lire intégralement les articles qui sont le cœur même du but de l’association : aider financièrement, juridiquement, administrativement les communautés monastiques, en favorisant la charité mutuelle (la Charte de Charité remontant au XII°s. tout de même) par l’entraide entre monastères mais aussi en développant, par le soutien et les conseils de personnes compétentes une sorte de caisse commune plus que nécessaire aujourd’hui avec le vieillissement des moines et moniales (sécurité sociale, retraites…), les charges lourdes des bâtiments , les reconversions du travail (Monastic), les nouvelles fondations…

L’autre objectif de la Fondation des monastères est de sensibiliser toujours plus largement les donateurs laïcs qui sont nombreux, les informer sur les possibilités de legs et de dons. Et bien sûr, gérer cette manne financière indispensable pour envisager l’avenir avec optimisme.

 Ce numéro spécial nous permet « d’apprécier la puissante originalité de cette œuvre, la perspicacité de son fondateur , [Jacques Huteau], l’apport inestimable de ses conseillers bénévoles et le dévouement sans borne des collaborateurs successifs du secrétariat. » (Pierre Avignon, rédacteur en chef de la revue- p.4)

 On apprécie régulièrement cette belle revue pour ses articles qui font connaître aux lecteurs la vie des communautés en France et à l’étranger par des témoignages toujours très vivants et actuels. Que ce soient les paroisses par le Denier de l’Eglise ou les communautés monastiques par l’appel aux dons, ces nécessités matérielles sont à prendre en compte pour une vie décente, valorisante, appelante. Et il est normal et fort utile , pour être crédible, que les personnes intéressées et concernées soient clairement informées de ces fonctionnements.

C’est un travail ardu, d’endurance et de persévèrance que celui des Amis des monastères, mais la lecture de cette revue en manifeste aussi la joie du travail bien fait ensemble et de la force que donne le Christ à ceux qui l’aiment.


     -    Les Amis des Monastères n° 195 - juillet 2018
             
             ¤ Les Bibliothèques de communautés religieuses

                            

 Les religieux (mais pas qu’eux !) sont généralement de bons lecteurs (deux heures par jour minimum de lectures spirituelles). On ne sera donc pas étonnés que le thème retenu dans cette revue soit Les Bibliothèques des communautés religieuses. Elles sont en effet particulièrement étoffées, avec des ouvrages précieux remontant parfois à l’époque médiévale (incunables, manuscrits, cartes…) Elles ont connu aussi bien des épreuves comme les guerres, la Révolution, les incendies, les expropriations. Souvent les ouvrages ont été mis à l’abri mais il y eut aussi beaucoup de documents disparus, détériorés ou simplement négligés suivant l’importance qu’y attachait le bibliothécaire, les exigences de conservation du patrimoine n’étant pas autrefois ce qu’elles sont aujourd’hui .

Les auteurs de la revue nous proposent le témoignage des bibliothécaires des  abbayes de Saint-Guénolé à Landévennec , de Notre-Dame de Belloc,  de Notre-Dame d’Aiguebelle, de Notre-Dame de la Sainte-Espérance à Mesnil-Saint-Loup, ainsi que ceux de la bibliothèque provinciale des Franciscains de Bastia et de la bibliothèque du Saulchoir (Dominicains) à Paris. L’inventaire de leurs fonds est impressionnant !

Chacune a ses trésors bien particuliers notamment des fonds liés aux lieux (bibliothèque bretonne à Landévennec ,  corse à Bastia ou  basque à Belloc,  riche fonds d’histoire locale de l’Aube)  et dans tous les domaines liés à leur région d’implantation depuis des décennies (religion, histoire, géographie, littérature, musique, agriculture, sciences, hagiographies…) . Les collections de périodiques, de cartes postales, de cartes marines et terrestres sont conséquentes . Des partenariats se créent, des expositions se mettent en place.

Il a fallu dès les années 1990 transférer sur informatique toutes les données, ce qui a représenté évidemment un travail considérable effectué par les bibliothécaires mais aussi par des bénévoles passionnés.

De nombreuses bibliothèques ont dû s’agrandir du fait d’acquisitions systématiques, de dons de particuliers ou de communautés qui ont fermé. Mais aussi certaines ont fait le choix de s’ouvrir au public, ce qui impose d’autres normes d’accès.

 Cette revue est donc riche en informations sur ce sujet  et communique aussi des noms, des adresses , des sites internet qui peuvent être utiles.

 

   COLLECTANEA CISTERCIENSIA – 3/2018

  Revue de spiritualité monastique

Ci-dessous, un des articles de cette revue qui vient de paraître. On peut  lire aussi dans cette revue, avec grand intérêt , l'article " L'art des relations fraternelles dans la tradition monastique" de Adalberto Piovano.

        

 Olivier QUENARDEL, ocso – abbé de Cîteaux

Vie intérieure : comment grandir dans notre vie de prière sous le regard de Dieu. (p.273-288)

 Conférence donnée à la paroisse Saint-Bernard de Dijon (5 mars 2018) à la lumière d’un livre de Dom Godefroid Belorgey : « Sous le regard de Dieu » - première parution en 1944.

 L’idée maîtresse de cette conférence est l’aspect primordial de la vie de prière et de l’union à Jésus pour tout chrétien qui se veut témoin, qu’il soit religieux, prêtre ou laïc.

--  Habiter avec soi-même : l’homme tout entier corps et âme qui cherche à unifier sa vie en la centrant sur le Christ, doit apprendre à se connaître lui-même dans ses richesses et ses faiblesses, portant sur soi un regard à la fois sans indulgence mais aussi paisible.

Si possible, il ne le fera pas seul. Il peut se faire accompagner par un frère/soeur formé pour cela mais ce sera surtout sous le regard de Dieu, et non celui d’un juge mais d’un père aimant.

                           

 -  « Sous le regard de Dieu », mais de quel Dieu ? Avant Vatican II, l’homme était persuadé que le regard de Dieu , « qui nous voit du haut des cieux » et de sa toute-puissance, était surtout justicier, et finalement très culpabilisant. Dom Belorgey nuance un peu ses propos en soulignant que Dieu ne voit pas que nos fautes, il prend en compte aussi nos bonnes actions. C’est une vision de Dieu très humaine.  Puis on laisse davantage de place à l’Incarnation de Jésus et à son message d’amour . Le regard de Jésus est « tendre, délicat, sensible », sa vie en témoigne. Comment , quand on croise ce regard, ne pas se laisser séduire ? C’est tellement fort, irrésistible que certains croyants vont tout quitter pour le suivre. Pour cela,

Il faudra s’appliquer fréquemment à la prière (RB4,56)

- Pour ceux qui le peuvent, privilégier la Liturgie des heures(l’œuvre de Dieu, l’opus Dei) à laquelle goûtent aussi depuis quelques années les laïcs. Le chant, la méditation de la Parole de Dieu et  des psaumes sont véritablement source de vie. Les moines et moniales se retrouvent sept fois par jour pour assurer et entretenir cette continuité dans la prière qui mène à la rencontre espérée.

La lectio divina occupe elle aussi une belle place dans le cœur du croyant. Redécouverte depuis une dizaine d’années (depuis bien plus longtemps chez nos frères juifs et protestants), elle rend présent le Christ en tête-à-tête si on est seul ou au sein de petits groupes qui partagent cette Parole.

- Viser la prière continuelle est une démarche accessible à tous : « Dieu, viens à mon aide » ou dire fréquemment la « prière du cœur » des moines d’Orient : « Seigneur Jésus, Fils du Dieu vivant, aie pitié de moi, pécheur ! ». En tous lieux, en toutes circonstances.

Le priant doit s’appliquer au silence.

« Le silence est une condition indispensable pour  progresser dans la vie intérieure sous le regard de Dieu ».

L’expérience du prophète Elie (1R19,11-13) qui entendit la Parole de Dieu non dans le tonnerre mais dans le murmure d’une brise légère, doit nous rester en mémoire quand nous prions. Des occasions nous seront données mais il faudra souvent les rechercher, apprendre aussi à nous taire. Dans la Constitution des moines, on tient au terme de taciturnité, garde du silence extérieur comme intérieur. «  Mets une garde à mes lèvres Seigneur, veille au seuil de ma bouche » (Ps 140).

Et comme dans bien des situations ,

La règle d’or : persévérance enthousiaste dans la facilité ou dans l’épreuve. Garder calme et une certaine distance , soutenir son effort et mettre toute notre confiance en Dieu.

Dom Godefroid et Olivier Quenardel concluent leurs propos en soulignant la valeur de la joie et du sourire dans tout  apostolat.

« Sourire, c’est proclamer que Dieu est bon. » (Dom Bélorgey - Sous le regard de Dieu)


     Liens cisterciens n°35 – 2018

           

 Revue de l’Association pour le rayonnement de la culture cistercienne (ARCCIS)
 2 numéros par an en mai et octobre.

 Dans ce numéro 35, 4 rubriques :

-         Histoire : Le XVIIe siècle. Les « réformés » et la guerre des observances.

Cette période de réformes concerna surtout les monastères français et fut inaugurée par la convocation à Cîteaux, en 1601, du Chapitre Général … ce qui déclencha une véritable guerre entre Commune Observance et Stricte Observance : genre de vie, abstinence, travail manuel, silence … En 1666, une Bulle du pape s’efforce d’apaiser le conflit en modérant quelque peu la règle bénédictine. La Charte de Charité des origines eut bien du mal à réguler des conflits qui s’éternisaient. Sans doute manquait-il à cette époque, parmi les frères en querelle, d’élan spirituel.

-         Spiritualité 

¤ Une vision d’avenir : les bouleversements actuels dans la société et dans l’Eglise nous invitent à une grande attention en ce qui concerne la transmission de la foi et de la promesse de Dieu. Dans l’Ecriture, la généalogie est importante tout comme notre « identité ne s’invente pas, on ne se la donne pas à soi-même, on la reçoit. ». Le charisme cistercien a, lui aussi, son ADN. Il est lié à son passé et vit aujourd’hui en s’élançant vers une destinée .

Faire mémoire de nos anciens, c’est leur faire confiance en continuant d’être féconds, même en situation de survie. Il faut faire face aux défis et non les éluder.

¤ Sous une Règle et un Abbé

Dom Hervé Briand (+) rappelle tout d’abord que si la vie monastique a des correspondances avec toute vie , celle-ci est vécue « autrement » du fait de la priorité à la recherche de Dieu.

« Chercher vraiment Dieu. » (RB 58,7) « Sommes-nous vraiment empressés à chercher Dieu ? » (Aelred de Rievaulx , 12ième s.). Au monastère, tout est mis en œuvre pour favoriser la rencontre avec Dieu : dans des lieux privilégiés, une vie communautaire, des temps forts et des activités spécifiquement monastiques.

« Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube … et je reste des heures à te parler » (Ps133)

¤ Saint Bernard : extrait d’un sermon sur l’oraison dominicale.

      - moin : à la découverte de sainte Gertrude d’Helfta (1256

Une des grandes mystiques du Moyen-Âge dont la spiritualité a mis l’accent sur le mystère de l’Incarnation en se référant « aux mystères de la foi célébrés dans la liturgie, mystères à travars lesquels chaque chrétien conduit à son plein épanouissement l’appel à la sainteté inscrit dans le baptême. »

En conclusion, l’auteur à partir de la doctrine et de l’exemple de vie de sainte Gertrude, trace cinq voies pour favoriser la réflexion sur la participation des laïcs au charisme cistercien.

       - L’abbaye Notre-Dame de la Trappe, aujourd’hui.

 Une revue, aux thèmes variés et équilibrés donc, qui s’adresse non seulement aux communautés monastiques mais peut-être avant tout aux laïcs intéressés par la spiritualité cistercienne.

La lecture en est aisée et très enrichissante.

Pour en savoir plus : www.arccis.org

DG
 nov.2018

 

Denyse - rubrique 04 - REVUES MONASTIQUES et CISTERCIENNES- 2018-2019  : Présence de saint Bernard , Les Amis des Monastères - Collectanea Cisterciensia - Liens cisterciens - Version imprimable - Permalien - 0 commentaires

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