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Lundi 29 Avril 2019

Les AMIS des MONASTERES - n°197 - janvier-février-mars 2019

 Les Amis des monastères

N° 197 – janvier-février-mars 2019

 Moines et moniales artistes et créateurs.

Voir la Création

                       

 Voir la Création … On sait combien le regard de l’artiste est très personnel, souvent né d’un don mais aussi développé par l’expérience et une longue pratique.

Les récits de témoignages de moines et moniales artistes que nous offre aujourd’hui Les Amis des monastères sont fort intéressants  et variés : icône, calligraphie, enluminure, dessin, peinture, émaillage, tissage, batik, broderie, dentelle, sérigraphie… Un large aperçu donc  de ce qui se pratique dans les monastères. La plupart des œuvres vont être vendues dans les magasins d’abbayes. Mais avant tout, au cœur de ces travaux, « la Parole se fait chair », elle s’incarne, elle transmet l’invisible et la foi.

Ces travaux artistiques remontent à la nuit des temps mais pourtant il y eut des périodes où les talents étaient bien peu exploités … par humilité. Le musicien entré au couvent ne jouait plus, la dessinatrice était aux cuisines. Aujourd’hui, fort heureusement, sont encouragés les talents de chacun pour l’épanouissement personnel mais aussi par ce que c’est ainsi qu’on transmet le mieux sa technique et sa foi .

 « Transmission d’une science du geste, du son, de la couleur, de l’harmonie et de la beauté, qui s’enracine dans une tradition plus que millénaire. » (Dom Guillaume Jedrzejczak, ocso – p.3)

 Biographies et techniques nous sont résumées, illustrées de belles photos qui soulignent la qualité des chefs-d’œuvre. Quelle patience et minutie chez les dentellières d’Argentan ou à l’abbaye Sainte Lioba (Simiane) pour la réalisation d’une chasuble tissée ou d’un vitrail !

A l’abbaye de Ligugé, « longue tradition de l’émail d’art [qui] a fait de cette activité patiente et silencieuse l’un des pôles de ce travail manuel quotidien que Saint Benoît de Nursie (480-547) , Père des moines d’occident, considérait comme l’un des grands piliers de la vie monastique. » (p.24) . Des liens ont été créés avec les plus grands peintres et l’audace de certaines réalisations traduit bien une belle liberté d’expression.    

 Marcelle Gallois - Sœur Geneviève - une religieuse bénédictine.

(d’après l’article de la revue,  rédigé par Sabine de Boisfleury , p.14-17)

 Marcelle Gallois est née à Montbéliard en 1888. En 1907, elle s’inscrit aux Beaux-Arts puis part pour Paris où elle réussit fort bien dans la caricature et le dessin humoristique. Dans les années 1911-1912, elle traverse une grave crise et pense même au suicide. Mais en 1914, alors qu’elle assiste à l’office des Ténèbres dans la chapelle des bénédictines de la rue Monsieur, elle est bouleversée par la beauté du chant grégorien et de la liturgie. Elle fera le récit de sa conversion. En 1917, elle rentre chez les bénédictines de Saint Louis du Temple et prend le nom de sœur Geneviève. Le couvent a un atelier de broderie et la sœur qui le dirige n’apprécie guère les talents artistiques de sœur Geneviève qui obéit et en souffre.
Ce n’est qu’en 1931, à l’occasion d’une exposition d’ornements liturgiques que son talent est remarqué par un médecin, amateur d’art, qui lui commande une série de peintures sur la vie monastique. Elle aimera accompagner ses œuvres de textes « qui s’avèrent aussi savoureux que profonds ».

En 1952, paraît La Vie (bien connue) du petit saint Placide.                  

                                           

 Sur demande,  elle apprend aussi la technique du vitrail. Son dernier vitrail est posé le 9 octobre 1962 dans l’église de l’abbaye de Limon (91430 Vauhallan). Elle meurt dix jours plus tard.

 «  Pour moi, j’ai quelque chose à dire. Il y a en moi un Mystère énorme qui m’accapare, une Vie, Essence de vie, où je bois ma plénitude. »  (Sr Geveniève – citée p.16)

 Une association Les amis de Geneviève Gallois, a été créée en 2016 pour favoriser le rayonnement de son œuvre.

 DG

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Mercredi 23 Janvier 2019

Présence de Saint Bernard n°105- 4° tr.2018

   Présence de saint Bernard

  Bulletin de La Grange saint Bernard de Clairvaux n°105 – 4e trimestre 2018  

   La mémoire de nos pères – Réflexions sur le patrimoine cistercien.                           

                      

Le dernier numéro de la revue Présence de saint Bernard, paru fin 2018, nous offre des articles fort intéressants. Les nombreux laïcs qui ont fréquenté plus ou moins assidument les lieux de la Grange saint Bernard de Clairvaux à Outre-Aube (Aube) y reconnaîtront les points forts de leur engagement et de leur quête cistercienne.

 -   La Grange, c’est d’abord un patrimoine exceptionnel,  des batiments et un lieu hérités d’un lointain passé médiéval où saint Bernard fonda en 1115, l’abbaye de Clairvaux et ses granges.
Un fardeau matériel lourd à gérer pour une jeune association pauvre, fragile mais dynamique  née en 1990, et portée par sa foi. Après trente années, un maillon fort de ces laïcs implanté à La Grange ( deux résidents) retrace avec précision ces années d’aventure.
Surtout pour ceux qui l’ont vécue, elle permet un panorama très éclairant sur les multiples pas, avec joie et labeur, qu’il a fallu faire pour en arriver là.
Christian Collet, membre de La Grange nous fait une visite guidée des lieux qui donne bien envie d’y venir (re)voir et aussi de soutenir, pourquoi pas,  les projets en cours par la prière et par des dons.
On ne peut que souhaiter la poursuite de ce chemin.

-  Les bâtiments sont une chose, mais certainement rien n’aurait été possible sans le   charisme   cistercien qui mûrissait, se fortifiait au cœur des groupes de laïcs observés et soutenus avec prudence par l’OCSO (Ordre Cistercien de la Stricte Observance).
Et c’est bien en ce sens que le rédacteur, Pierre-Alban Delannoy, approfondit la nature des racines d’un tel patrimoine. Nombreuses abbayes sont devenues des musées, c’est précieux mais la vie n’est plus là, sinon celle du tourisme. Ici, à la Grange, il y a depuis saint Bernard une permanence de la présence (convers-paysans…agriculteurs…laïcs cisterciens) qui se nourrit de ce passé, des écrits laissés par les Pères de l’Eglise , de la Règle de saint Benoît, de l’Evangile bien sûr, et tout simplement de la vie locale qui elle-même bénéficie de cette présence, comme l’atteste le Père Guillaume Langlois, curé résidant à Bar-sur-Aube.

-   Pierre-Alban Delannoy pose ensuite cette question qu’il développe largement : «  Les laîcs cisterciens font-ils partie du patrimoine cistercien ? 
En tant que laïc cistercien, il ne s’agit pas de fréquenter ce patrimoine, en touriste même bienveillant ,  mais de l’habiter, d’y faire sa demeure, d’y trouver sa place au sein de la famille cistercienne.
 Ce n’est pas seulement une « aventure des fondateurs » , mais la « manifestation de la parole prophétique » au sein d’une vaste « histoire sainte ». La Grange , comme bien d’autres associations de laïcs, est le « signe d’une vie d’Eglise fraternelle », d’une transmission de témoins à témoins inspirés par l’Esprit, souvent dépassés eux-mêmes par leur histoire mais qui ne survivent que nourris par la mémoire vivante des cisterciens d’hier et d’aujourd’hui.
   
-    Les auteurs de la revue nous invitent, en conclusion, à relire la Charte de Charité dont la famille cistercienne a souhaité célébrer cette année le 900e anniversaire.
On peut en trouver le texte dans «  Origines cisterciennes » (Ed.Cerf, 1998)
 et sur internet : Charte de Charité : Ordre Cistercien de la Stricte Observance: OCSO

                    

DG

 

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Lundi 26 Novembre 2018

 Présence de saint Bernard
 Bulletin de la Grange Saint Bernard de Clairvaux n°104 – 3ième TR 2018

 

                     

 Le bulletin de ce trimestre est dédié à Dom Denis HUERRE, né en 1915, moine de la Pierre-qui-Vire dont il sera l’abbé de 1952 à 1978. Il est mort le 8 mars 2016  à l’âge de 100 ans.

Des liens se sont créés entre la Grange et la communauté bénédictine dont quelques moines sont venus sur place à Clairvaux pour échanger sur leurs vies, évoquer la belle personnalité de Dom Huerre et célébrer l’eucharistie. Une belle reconnaissance fraternelle pour les laïcs cisterciens de la Grange !

 Très attaché à la Règle de saint Benoît, Dom Denis en fit le thème de nombreuses conférences.

L’une d’elles faite à Cîteaux en 2010, au cours des Rencontres de la Grange saint Bernard, est publiée dans la revue : « Selon la Règle de saint Benoît, qu’est-ce qu’un homme ? »

-         le monde d’aujourd’hui est guetté par la barbarie

-         l’Eglise d’aujourd’hui est en souffrance

Ceci étant, il conseille de relire « De la considération » de saint Bernard, ensemble de lettres qui s’adressent  à Eugène III, un de ses moines devenu pape .

    « Qui es-tu ? Un homme, rien de plus. Qui est autour de toi ? La curie romaine qu’il faut réformer. Qui est au-dessous de toi ? Les fidèles du monde entier. Qui est au-dessus de toi ? Dieu qu’on ne peut cesser de chercher. »

 Saint Benoît propose une règle de vie, de réguler la vie. Dieu nous  appelle à venir vers Lui, à marcher vers le bonheur désiré tout en surmontant les obstacles. Lent devenir qui nous permet de revenir vers Lui, par sa grâce.

C’est à la fois une expérience solitaire (monos) où Dieu rencontre l’homme dans une relation unique et intime. Mais inséparable d’un vivre ensemble (koïnos = commun à plusieurs) dans la vie quotidienne et ce qu’elle a de plus ordinaire mais où la responsabilité de chacun est engagée.

Dans le lieu où il vit (au monastère ou dans sa maison), l’homme est appelé à être signe que Dieu habite parmi nous. L’attitude d’accueil, d’hospitalité est primordiale ainsi que la stabilité et la prière continuelle nourrie par l’opus Dei (offices qui ponctuent la journée).

La Règle de saint Benoît guide l’homme à la recherche de Dieu et pour qui le Christ est préféré à tout et à tous.

 Pierre-Alban Delannoy, un des rédacteurs de Présence de saint Bernard, s’interroge enfin sur la place des laïcs cisterciens : « Sommes-nous des moines ? »

« Il y a des moines qui n’en n’ont pas le statut juridique , des laïcs qui vivent selon la Règle. », confirme dom Huerre. C’est admettre que les laïcs font un même travail de recherche de Dieu, de conversion avec la même exigence de vérité mais à leur mesure et dans un autre cadre de vie.

DG


    -         Les Amis des Monastères n° 196 – oct.2018 

      ¤ L’amitié monastique à l’œuvre.

 

 La Fondation des Monastères va célèbrer le 50ième anniversaire de sa fondation (1969-2019)

 La revue n°196 de l’Association « Les Amis des monastères » retrace cette aventure qui pourrait sembler bien administrative et financière, loin d’une approche spirituelle .

En fait, le sous-titre , L’amitié monastique à l’œuvre, se justifie pleinement si on prend la peine de lire intégralement les articles qui sont le cœur même du but de l’association : aider financièrement, juridiquement, administrativement les communautés monastiques, en favorisant la charité mutuelle (la Charte de Charité remontant au XII°s. tout de même) par l’entraide entre monastères mais aussi en développant, par le soutien et les conseils de personnes compétentes une sorte de caisse commune plus que nécessaire aujourd’hui avec le vieillissement des moines et moniales (sécurité sociale, retraites…), les charges lourdes des bâtiments , les reconversions du travail (Monastic), les nouvelles fondations…

L’autre objectif de la Fondation des monastères est de sensibiliser toujours plus largement les donateurs laïcs qui sont nombreux, les informer sur les possibilités de legs et de dons. Et bien sûr, gérer cette manne financière indispensable pour envisager l’avenir avec optimisme.

 Ce numéro spécial nous permet « d’apprécier la puissante originalité de cette œuvre, la perspicacité de son fondateur , [Jacques Huteau], l’apport inestimable de ses conseillers bénévoles et le dévouement sans borne des collaborateurs successifs du secrétariat. » (Pierre Avignon, rédacteur en chef de la revue- p.4)

 On apprécie régulièrement cette belle revue pour ses articles qui font connaître aux lecteurs la vie des communautés en France et à l’étranger par des témoignages toujours très vivants et actuels. Que ce soient les paroisses par le Denier de l’Eglise ou les communautés monastiques par l’appel aux dons, ces nécessités matérielles sont à prendre en compte pour une vie décente, valorisante, appelante. Et il est normal et fort utile , pour être crédible, que les personnes intéressées et concernées soient clairement informées de ces fonctionnements.

C’est un travail ardu, d’endurance et de persévèrance que celui des Amis des monastères, mais la lecture de cette revue en manifeste aussi la joie du travail bien fait ensemble et de la force que donne le Christ à ceux qui l’aiment.


     -    Les Amis des Monastères n° 195 - juillet 2018
             
             ¤ Les Bibliothèques de communautés religieuses

                            

 Les religieux (mais pas qu’eux !) sont généralement de bons lecteurs (deux heures par jour minimum de lectures spirituelles). On ne sera donc pas étonnés que le thème retenu dans cette revue soit Les Bibliothèques des communautés religieuses. Elles sont en effet particulièrement étoffées, avec des ouvrages précieux remontant parfois à l’époque médiévale (incunables, manuscrits, cartes…) Elles ont connu aussi bien des épreuves comme les guerres, la Révolution, les incendies, les expropriations. Souvent les ouvrages ont été mis à l’abri mais il y eut aussi beaucoup de documents disparus, détériorés ou simplement négligés suivant l’importance qu’y attachait le bibliothécaire, les exigences de conservation du patrimoine n’étant pas autrefois ce qu’elles sont aujourd’hui .

Les auteurs de la revue nous proposent le témoignage des bibliothécaires des  abbayes de Saint-Guénolé à Landévennec , de Notre-Dame de Belloc,  de Notre-Dame d’Aiguebelle, de Notre-Dame de la Sainte-Espérance à Mesnil-Saint-Loup, ainsi que ceux de la bibliothèque provinciale des Franciscains de Bastia et de la bibliothèque du Saulchoir (Dominicains) à Paris. L’inventaire de leurs fonds est impressionnant !

Chacune a ses trésors bien particuliers notamment des fonds liés aux lieux (bibliothèque bretonne à Landévennec ,  corse à Bastia ou  basque à Belloc,  riche fonds d’histoire locale de l’Aube)  et dans tous les domaines liés à leur région d’implantation depuis des décennies (religion, histoire, géographie, littérature, musique, agriculture, sciences, hagiographies…) . Les collections de périodiques, de cartes postales, de cartes marines et terrestres sont conséquentes . Des partenariats se créent, des expositions se mettent en place.

Il a fallu dès les années 1990 transférer sur informatique toutes les données, ce qui a représenté évidemment un travail considérable effectué par les bibliothécaires mais aussi par des bénévoles passionnés.

De nombreuses bibliothèques ont dû s’agrandir du fait d’acquisitions systématiques, de dons de particuliers ou de communautés qui ont fermé. Mais aussi certaines ont fait le choix de s’ouvrir au public, ce qui impose d’autres normes d’accès.

 Cette revue est donc riche en informations sur ce sujet  et communique aussi des noms, des adresses , des sites internet qui peuvent être utiles.

 

   COLLECTANEA CISTERCIENSIA – 3/2018

  Revue de spiritualité monastique

Ci-dessous, un des articles de cette revue qui vient de paraître. On peut  lire aussi dans cette revue, avec grand intérêt , l'article " L'art des relations fraternelles dans la tradition monastique" de Adalberto Piovano.

        

 Olivier QUENARDEL, ocso – abbé de Cîteaux

Vie intérieure : comment grandir dans notre vie de prière sous le regard de Dieu. (p.273-288)

 Conférence donnée à la paroisse Saint-Bernard de Dijon (5 mars 2018) à la lumière d’un livre de Dom Godefroid Belorgey : « Sous le regard de Dieu » - première parution en 1944.

 L’idée maîtresse de cette conférence est l’aspect primordial de la vie de prière et de l’union à Jésus pour tout chrétien qui se veut témoin, qu’il soit religieux, prêtre ou laïc.

--  Habiter avec soi-même : l’homme tout entier corps et âme qui cherche à unifier sa vie en la centrant sur le Christ, doit apprendre à se connaître lui-même dans ses richesses et ses faiblesses, portant sur soi un regard à la fois sans indulgence mais aussi paisible.

Si possible, il ne le fera pas seul. Il peut se faire accompagner par un frère/soeur formé pour cela mais ce sera surtout sous le regard de Dieu, et non celui d’un juge mais d’un père aimant.

                           

 -  « Sous le regard de Dieu », mais de quel Dieu ? Avant Vatican II, l’homme était persuadé que le regard de Dieu , « qui nous voit du haut des cieux » et de sa toute-puissance, était surtout justicier, et finalement très culpabilisant. Dom Belorgey nuance un peu ses propos en soulignant que Dieu ne voit pas que nos fautes, il prend en compte aussi nos bonnes actions. C’est une vision de Dieu très humaine.  Puis on laisse davantage de place à l’Incarnation de Jésus et à son message d’amour . Le regard de Jésus est « tendre, délicat, sensible », sa vie en témoigne. Comment , quand on croise ce regard, ne pas se laisser séduire ? C’est tellement fort, irrésistible que certains croyants vont tout quitter pour le suivre. Pour cela,

Il faudra s’appliquer fréquemment à la prière (RB4,56)

- Pour ceux qui le peuvent, privilégier la Liturgie des heures(l’œuvre de Dieu, l’opus Dei) à laquelle goûtent aussi depuis quelques années les laïcs. Le chant, la méditation de la Parole de Dieu et  des psaumes sont véritablement source de vie. Les moines et moniales se retrouvent sept fois par jour pour assurer et entretenir cette continuité dans la prière qui mène à la rencontre espérée.

La lectio divina occupe elle aussi une belle place dans le cœur du croyant. Redécouverte depuis une dizaine d’années (depuis bien plus longtemps chez nos frères juifs et protestants), elle rend présent le Christ en tête-à-tête si on est seul ou au sein de petits groupes qui partagent cette Parole.

- Viser la prière continuelle est une démarche accessible à tous : « Dieu, viens à mon aide » ou dire fréquemment la « prière du cœur » des moines d’Orient : « Seigneur Jésus, Fils du Dieu vivant, aie pitié de moi, pécheur ! ». En tous lieux, en toutes circonstances.

Le priant doit s’appliquer au silence.

« Le silence est une condition indispensable pour  progresser dans la vie intérieure sous le regard de Dieu ».

L’expérience du prophète Elie (1R19,11-13) qui entendit la Parole de Dieu non dans le tonnerre mais dans le murmure d’une brise légère, doit nous rester en mémoire quand nous prions. Des occasions nous seront données mais il faudra souvent les rechercher, apprendre aussi à nous taire. Dans la Constitution des moines, on tient au terme de taciturnité, garde du silence extérieur comme intérieur. «  Mets une garde à mes lèvres Seigneur, veille au seuil de ma bouche » (Ps 140).

Et comme dans bien des situations ,

La règle d’or : persévérance enthousiaste dans la facilité ou dans l’épreuve. Garder calme et une certaine distance , soutenir son effort et mettre toute notre confiance en Dieu.

Dom Godefroid et Olivier Quenardel concluent leurs propos en soulignant la valeur de la joie et du sourire dans tout  apostolat.

« Sourire, c’est proclamer que Dieu est bon. » (Dom Bélorgey - Sous le regard de Dieu)


     Liens cisterciens n°35 – 2018

           

 Revue de l’Association pour le rayonnement de la culture cistercienne (ARCCIS)
 2 numéros par an en mai et octobre.

 Dans ce numéro 35, 4 rubriques :

-         Histoire : Le XVIIe siècle. Les « réformés » et la guerre des observances.

Cette période de réformes concerna surtout les monastères français et fut inaugurée par la convocation à Cîteaux, en 1601, du Chapitre Général … ce qui déclencha une véritable guerre entre Commune Observance et Stricte Observance : genre de vie, abstinence, travail manuel, silence … En 1666, une Bulle du pape s’efforce d’apaiser le conflit en modérant quelque peu la règle bénédictine. La Charte de Charité des origines eut bien du mal à réguler des conflits qui s’éternisaient. Sans doute manquait-il à cette époque, parmi les frères en querelle, d’élan spirituel.

-         Spiritualité 

¤ Une vision d’avenir : les bouleversements actuels dans la société et dans l’Eglise nous invitent à une grande attention en ce qui concerne la transmission de la foi et de la promesse de Dieu. Dans l’Ecriture, la généalogie est importante tout comme notre « identité ne s’invente pas, on ne se la donne pas à soi-même, on la reçoit. ». Le charisme cistercien a, lui aussi, son ADN. Il est lié à son passé et vit aujourd’hui en s’élançant vers une destinée .

Faire mémoire de nos anciens, c’est leur faire confiance en continuant d’être féconds, même en situation de survie. Il faut faire face aux défis et non les éluder.

¤ Sous une Règle et un Abbé

Dom Hervé Briand (+) rappelle tout d’abord que si la vie monastique a des correspondances avec toute vie , celle-ci est vécue « autrement » du fait de la priorité à la recherche de Dieu.

« Chercher vraiment Dieu. » (RB 58,7) « Sommes-nous vraiment empressés à chercher Dieu ? » (Aelred de Rievaulx , 12ième s.). Au monastère, tout est mis en œuvre pour favoriser la rencontre avec Dieu : dans des lieux privilégiés, une vie communautaire, des temps forts et des activités spécifiquement monastiques.

« Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube … et je reste des heures à te parler » (Ps133)

¤ Saint Bernard : extrait d’un sermon sur l’oraison dominicale.

      - moin : à la découverte de sainte Gertrude d’Helfta (1256

Une des grandes mystiques du Moyen-Âge dont la spiritualité a mis l’accent sur le mystère de l’Incarnation en se référant « aux mystères de la foi célébrés dans la liturgie, mystères à travars lesquels chaque chrétien conduit à son plein épanouissement l’appel à la sainteté inscrit dans le baptême. »

En conclusion, l’auteur à partir de la doctrine et de l’exemple de vie de sainte Gertrude, trace cinq voies pour favoriser la réflexion sur la participation des laïcs au charisme cistercien.

       - L’abbaye Notre-Dame de la Trappe, aujourd’hui.

 Une revue, aux thèmes variés et équilibrés donc, qui s’adresse non seulement aux communautés monastiques mais peut-être avant tout aux laïcs intéressés par la spiritualité cistercienne.

La lecture en est aisée et très enrichissante.

Pour en savoir plus : www.arccis.org

DG
 nov.2018

 

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