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Mardi 30 Avril 2019

Le Monde de la Bible n°222

  Le Monde de la Bible  -  n°222 de sept-oct-nov.2017

             

 CHRETIENS D’ORIENT

En Syrie, en Irak, en Egypte, au Liban, en Turquie, les chrétiens d’Orient vivent des années dramatiques du fait des violences terroristes et des conditions de vie d’une grande pauvreté. En plus de notre indifférence, étant minoritaires, ils subissent souvent l’hostilité de leurs voisins et ne bénéficient d’aucune protection. Certains restent, attachés à leur terre ou ne sachant où aller. D’autres s’enfuient. La foi qui les anime soutient leur espérance d’un monde de paix, où chacun reconnaîtra enfin l’autre dans sa différence et ses richesses.

 Nous avons beaucoup à apprendre d’eux, de leur histoire de leur courage, de leur foi.

 La très belle revue « Le Monde de la Bible » de ce trimestre nous donne l’occasion de mieux connaître l’histoire des Arabes chrétiens. Plusieurs sujets :  Les bibles d’Orient, iconographie, langues, cohabitation avec d’autres religions, lieux de culte partagés…

D’autres articles complètent bien sûr ce numéro : lecture détaillée d’une œuvre de Gauguin,  très intéressante et belle « visite » d’œuvres de Maurice Denis (peintre, 1870-1943) au musée départemental  de Saint-Germain-en-Laye…, des informations culturelles (spectacles,livres…).


 

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Mercredi 31 Janvier 2018

Oecuménisme et dialogue interreligieux

Revue n°189 - Janvier 2018

 Revue  UNITE des CHRETIENS n°189 – Janvier 2018

             

 Le dossier de ce mois de janvier attire notre attention sur les « interactions sans confusion, du dialogue interreligieux et de l’œcuménisme »

 Parmi les chrétiens, même particulièrement bien intentionnés, il y a souvent une méconnaissance des objectifs poursuivis en vue de l’Unité des chrétiens d’une part et de ceux du dialogue interreligieux d'autre part. La raison est peut-être l’intérêt un peu « léger » qu’on y porte, nos priorités allant plutôt à la lecture des Ecritures, à la formation spirituelle, à l’aide aux plus pauvres… On ne peut évidemment pas s’intéresser à tout mais quelques passages fondamentaux de la revue mérite d’être soulignés.

 - « Pour le mouvement œcuménique il s’agit de travailler à l’unité de l’Eglise… C’est une affaire entre chrétiens : obéir à l’injonction du Seigneur Jésus de garder l’unité qui est signe de l’Esprit, et d’être un comme le Père et lui sont un… L’ennemi n’est pas la diversité … L’Eglise est une avec ses deux « poumons » pour respirer, Orient et Occident. L’ennemi est la rupture de communion. »

- « Pour le dialogue interreligieux, il s’agit de travailler à la paix dans le monde en s’aidant des ressources spirituelles des religions . »

 Il ne s’agit pas de vouloir fusionner mais par un dialogue respectueux de chacun, et sans renier sa propre foi, de nous enrichir mutuellement, d’envisager ensemble les défis de l’avenir et de rechercher la paix pour tous. Un si bel objectif ne devrait-il pas nous faire revoir nos priorités ?

Nous n’avons qu’une vision très partielle, très voilée du projet divin et si les Evangiles nous assurent qu’il n’y a qu’un Chemin, le Christ, pour aller à Dieu, il n’est pas interdit de penser que Dieu a semé en tous lieux. Un vitrail multicolore n’est-il pas plus beau qu’un vitrail unicolore ?

DG

Mise à jour : Mercredi 31 Janvier 2018, 23:20
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Jeudi 28 Décembre 2017

La Route du sel - Fr. Olivier Quenardel

 Revue Collectanea cisterciensia  2017 – 4

 La route du sel.
Jalons pour une théologie de la vie cistercienne.

 Fr. Olivier QUENARDEL, ocso – Abbé de Cîteaux.

 Conférence  donnée au Collège des Bernardins à Paris le 9 mars 2017

 Quoi de plus caché que le sel dans un plat cuisiné ? Quoi de plus fade qu’un repas sans sel ?
 Mettre du sel dans sa vie, c’est lui donner de la couleur, du goût, un sens, des joies.
 La messe est un repas, l’Evangile une nourriture. Sont-ils pour nous sans goût ou savoureux ? Inutiles ou indispensables  ?
Cette route du sel, des Rameaux à Pâques, que propose le Père Abbé de Cîteaux, est effectivement délicieuse pour qui sait y mettre bien ses pas. Elle est un chemin d’humilité choisi par Jésus assis sur un âne à l’entrée de Jérusalem. Un chemin emprunté aussi par saint Benoît (6°s.) qui guide ses frères à la lumière de l’Evangile et de sa Règle.

Fr. Olivier Quenardel nous invite sur un chemin cistercien proposé en 5 étapes :

 - Les Rameaux : l’humanité de Dieu manifestée dans l’humanité du Christ.
Au 12ième s., époque de saint Bernard de Clairvaux qui écrit le « Traité de l’Amour de Dieu » et le « Cantique des cantiques » , « on se plaît de plus en plus à contempler l’humanité du Christ… » qui, se faisant l'un de nous, va reconduire « l’homme jusqu’au cœur de [la] Divinité ».
« C’est au banquet de l’amour que Bernard et tous les grands maîtres cisterciens invitent leurs disciples. »

- Jeudi saint : le signe auquel on reconnaîtra les disciples du Seigneur.
Deux gestes particuliers, pour faire ce que Jésus a dit et fait, marquent cette journée :

~  la fraction du pain : « geste du salut par le haut » (la bouche et la foi) , habituel aussi pour les croyants allant à la messe. Celle-ci est généralement quotidienne pour les religieux, ce qui ne lui enlève rien de sa valeur et de sa force.
~ le lavement des pieds : « geste du salut par le bas » humble, fort, très fraternel, qui manifeste le service et la charité que nous nous devons les uns aux autres.
Un peu abandonné, ce geste est remis en valeur notamment à l’abbaye de Cîteaux.

                   
                   Abbaye de Sept-Fons (Allier)

-         Vendredi saint : manifester le Christ dans sa contemplation sur la montagne.

Jésus meurt . « Là, il n’y a plus de mots à dire

                 
                         Emblème des chartreux 
             « La Croix demeure tandis que le monde tourne »
                         Chartreuse de Sélignac (Ain)

 Configurés au Christ, les moines donnent ici tout leur sens à leurs vœux et comportements monastiques : «  l’obéissance, la stabilité, la pauvreté, la chasteté, l’humilité, le silence, le vœu de conversion des mœurs, sont comme les clous qui nous fixent à la croix du Christ. »
Sel dans la pâte diversement parfumé, secrète fécondité de la vie contemplative, monastique ou non.

-         Samedi saint : mystérieuse fécondité apostolique

Tout comme on voit précédemment la complémentarité, l’inséparabilité de la contemplation et de l’action, ici Dom Quenardel souligne les deux faces de la vie du Christ, comme celles du chrétien : une face visible, lumineuse, diurne et une face invisible comme la prière de nuit, comme le grain tombé en terre qui mûrira.
Quelque soit notre vocation, nous n’avons pas à opposer contemplation et action ou à valoriser l’une plus que l’autre. Il n’y a pas d’action chrétienne possible sans contemplation :

«  La prière, pour le chrétien, tient lieu de forteresse d’où il devrait sortir comme saint Antoine et son fort, rayonnant de grâce et de vérité. »

-         Le saint Jour de Pâques : ne rien préférer à l’œuvre de Dieu.

             
             
  Abbaye d’Orval (Belgique)

 La Règle de saint Benoît est un outil, une école d’art appliqué pourrait-on dire, très concrète (objets du monastère, services, lectures…). Treize chapitres concernent en particulier  l’art de célébrer la liturgie des heures. Mais il revient toujours à l'essentiel :

RB 4, 21 : « Ne rien préférer à l’amour du Christ »

RB 43, 3 : « Que rien ne soit préféré à l’Oeuvre de Dieu »

RB 72, 10 : « Que [les moines] ne préfèrent absolument rien au Christ lequel nous conduise tous ensemble à la vie éternelle. »

Sans doute plus facile à dire qu’à faire, mais notre vie terrestre est un chemin, une ascension…

 Fr Olivier, dans sa conclusion, récapitule de façon extrêmement claire les propos qu’il vient de développer soulignant la continuelle tension vers Dieu, où sont à maintenir les deux rènes de la contemplation et de l’action. Une tension dans la joie et la louange exprimées par le chant monastique s’unissant « à la voix des anges et de tous les saints pour clamer la gloire de Dieu. »

 DG
© D.G – Photos ne figurant pas dans la revue

 

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Mardi 28 Novembre 2017

Le MONDE de la BIBLE

 LE MONDE DE LA BIBLE
 Histoire-art- archéologie

N°223 – dec.2017-Janv.-févr.2018

                         

 Toujours de grande qualité iconographique, le Monde de la Bible de ce trimestre centre ses articles sur « Jérusalem, dans les textes et les pierres ».

Jérusalem, deux peuples, trois religions qui coexistent mais toujours sous tension n’a pas encore quitté le chemin des négociations.

Pour nous aider à mieux comprendre la particularité de cette ville, la revue retourne aux sources sous diffèrentes approches : hébraïque, rabbinique, chrétienne, musulmane.

La lecture n’est pas toujours facile à la mesure de l’histoire de la ville, mais les gravures soutiennent le texte . Les fouilles toujours actives laissent de l’espoir aux archéologues , les mosaïques, les psautiers, les icônes et miniatures, les ruines donnent chacun leur éclairage.

 Au sommaire de ce numéro, on apprécie toujours le portfolio qui suit de près l’actualité artistique : Trésors du musée de l’Institut du monde arabe qui, avec dix chefs d’œuvre présentés, racontent « à leur façon l’histoire religieuse de cette région du monde qui a vu naître les trois monothéismes. »

La Bible des peintres, analysant « la découverte du Sauveur dans le temple » de W.H. Hunt, nous rend curieux et admiratifs. En fin de revue les recensions de livres récents sont appréciables.

 DG
11.2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                            

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Mardi 21 Novembre 2017

COLLECTANEA CISTERCIENSIA - Tome 79 - 2017 - 3

Temps et vie spirituelle (3)

 Adalberto PIOVANO, osb

                        

 Le symbole de l’échelle (Jean Climaque), repris ici  par l’auteur de cet article , est polyvalent. Mouvement ascensionnel qui suppose patience et discernement, il évoque aussi les étapes de la terre au ciel , « qu’il y a un temps pour chaque chose et qu’il est dangereux de vouloir obtenir prématurément ce qui, si on respecte l’ordre normal, arrivera en son temps » (p.241).

Pour progresser dans la vie spirtuelle, il faut être patient mais aussi très humble et vivre le présent sans illusions. La fuite dans le passé ou le futur est souvent tentante. La patience va permettre de durer sur notre chemin de conversion, en sachant que Jésus nous donne chaque jour ce qu’il nous faut.

« Ne nous laisse pas entrer en tentation » souligne la nouvelle traduction du Notre Père. Antoine le Grand rappelait qu’ « il faut s’attendre à la tentation jusqu’au dernier souffle ». Ne sous-estimons pas l’ennemi !

L’auteur pose une question inévitable : pourquoi devons-nous toujours combattre ?
Et y répond : « C’est seulement ainsi que nous pouvons donner la preuve de notre fidélité et de notre patience, et prendre conscience de notre fragilité. » (p.250)

Cependant comme encouragement, Isaac de Ninive « rappelle qu’à côté de la lutte, nous faisons aussi l’expérience de la consolation, de la joie, de la grâce. »

 Notre quête spirituelle est difficile car Dieu nous est caché, non délibérément, mais parce « qu’il est toujours au-delà de nos attentes ». Mais cette difficulté attise le désir et l’attente nourrit l’amour.

«  Attendre le Seigneur Jésus, attendre ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment, attendre de voir et d’entendre ce qui n’est jamais entré dans le cœur de l’homme : voilà la force et la tension de la vie du moine, du chrétien, qui se goûtent déjà dans la vie selon l’Esprit. Et nous devons admettre que fonder une vie sur l’attente est vraiment surprenant et paradoxal, surtout en comparaison des styles et des dynamiques qui caractérisent l’homme d’aujourd’hui. » (p.251)

DG

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Lundi 03 Juillet 2017

Présence de Saint Bernard n°99 - 2°tr.2017

PRESENCE de SAINT BERNARD n°99 – 2017
Bulletin de la Grange Saint Bernard de Clairvaux – 2e trimestre 2017

                   

 Voici le nouveau cru (nous sommes dans un pays de vignobles) de la revue « Présence de Saint Bernard », à la veille de son centième numéro et des bientôt 30 ans de la fondation de l’association « Grange saint Bernard de Clairvaux » née en 1990 en ce lieu de Clairvaux (Aube), où saint Bernard fonda en 1113 son abbaye et , à quelques centaines de mètres de là, une "grange" animée de nos jours par des laïcs cisterciens qui s’y sont succédés.

 Comme il est dit dans cette revue, chacun en son temps s’est senti appelé ici par Dieu et engagé dans cette vie fraternelle qui dynamisait leur foi et les dépassait parfois. Il y eut des arrivées et des départs, des hauts et des bas, des rires et des larmes. Ce qui n'est pas étonnant sur un chemin de foi. On en sort généralement grandi et les projets s'affinent , se forment et se réforment. Les articles de la revue nous montrent bien d'ailleurs cette quête spirituelle toujours en cours. C'est un beau signe de vie.

Pour ceux qui sont partis reste certainement le souvenir fidèle d'un lieu fort, des liens qui demeurent avec quelques frères et sœurs et le désir, sans aucun doute de porter dans la prière mais aussi, pourquoi pas, matériellement par un soutien financier, la communauté actuelle qui s’y enracine dans la foi, à l’écoute de la Parole et des sermons de saint Bernard et autres cisterciens d'hier et d'aujourd'hui.

 La revue de ce trimestre* nous retrace avec précision toutes les dimensions matérielles et spirituelles de cette branche laïque cistercienne particulière reconnue par l’Ordre cistercien (ocso). A cette lecture, on mesure le sérieux de l’engagement, la persévérance, l’humilité créative dans l’espérance d’un avenir dont ces laïcs cisterciens ne sont pas maîtres mais qui s’appuie sur la grâce de Dieu.

DG

*    Sommaire du n°99

-         De la responsabilité dans la Règle de saint Benoît

-         Il fait toujours passer la tendresse avant la justice

-         Petite psychologie de la responsabilité

-         Exercer une responsabilité pastorale

-         La fonction cellérière

-         La responsabilité matérielle et financière

-         Ils s’obéiront mutuellement

-         L’homme au cœur du travail.

Contact :

www.grangesaintbernard-clairvaux.fr

  

Mise à jour : Samedi 8 Juillet 2017, 21:05
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Mercredi 31 Mai 2017

Temps et vie spirituelle

 Temps et vie spirituelle

Adalberto PIOVANO, osb

 Revue Collectanea Cisterciensia n°1-2017, p.6-16

                                     

« Qu’est-ce que la vie spirituelle ? Est-ce quelque chose qui concerne la dimension intérieure de notre existence, le lieu caché en nous, le lieu de la vérité, ou bien recouvre-t-elle la complexité de notre vie à partir des expériences les plus quotidiennes et les plus concrètes ? » (p.6)

La question est posée clairement malgré une réponse qui s’annonce complexe mais mérite vraiment qu’on s’y attarde.

Il serait sans aucun doute désolant de séparer vie spirituelle et vie monastique car l’objectif du moine , de la moniale et de tout chrétien est bien d’unifier sa vie. Cependant, le concret de la vie monastique tend à favoriser la vie selon l’esprit. « Mais elle ne la garantit pas ».

«  Il est facile de faire moine l’homme extérieur, si on le veut. Mais ce n’est pas un petit combat que de faire l’homme intérieur. » (Hésychius de Batos, 7°s.)

Enzo Bianchi, prieur de Bose, fait remarquer qu’il s’agit d’aller en profondeur. Et saint Benoît, dès le prologue de sa Règle pose une question fondamentale : quelle vie souhaitons-nous ?

 Que nous soyons prêtres, religieux ou laïcs dans le monde, il est bon de se laisser interpeller de temps à autre par cette question afin , si nécessaire, de redresser la barre, de recentrer notre vie.

Cet article peut nous remettre en route. Isaac le Syrien, saint Benoît et notre auteur aiment comparer la vie spirituelle à une œuvre d’art.  Avec les quelques conseils donnés, mettons-nous donc à l’œuvre sans tarder… Avec une suite au prochain numéro …

 DG

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Jeudi 19 Janvier 2017

La miséricorde dans la communauté

 Mauro-Giuseppe LEPORI, abbé général o.cist.

 La miséricorde dans la communauté : se réconcilier, dialoguer, remettre les dettes.

Revue de spiritualité monastique « Collectanea Cisterciensia » - Tome 78 – 2016 – 4

(p.359-373)

                             

 Cet article fort intéressant est la suite de ceux sur le même thème parus dans les précédents numéros de la revue (voir aussi recension sur ce blog) . Il reprend un cours donné aux Supérieurs Cisterciens à Rome, en juillet 2016.

Il s’appuie essentiellement sur ce passage bien connu de saint Matthieu : « Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. » (Mt 5, 23-24)

Ce conseil de bon sens mais pas toujours simple à mettre en pratique, ne s’adresse bien évidemment pas qu’à des « spécialistes » de l’autel. Quand nous nous tournons vers Dieu dans la prière, prêts à l’action de grâce et la louange, interrogeons-nous sur notre offrande bien concrète. Autrement dit :  Suis-je avec Jésus dans les mêmes dispositions que je l’ai été ces jours-ci avec mes proches, avec telle ou telle personne qui me dérange, m’agace, me fâche ?

« Va d’abord te réconcilier avec ton frère ! »

Peut-être est-ce moi qui ai quelque chose contre lui, peut-être est-ce lui qui me manifeste de l’antipathie, peut-être y a-t-il un problème relationnel qui couve ? Et parfois la cause peut être bien loin de ce qui s’exprime voire même sans rapport.

A des degrés divers, ce sont des situations fréquentes. Nos relations aux autres ne sont pas toujours simples. Mais il nous faut unifier nos vies, mettre en cohérence notre foi et nos relations aux autres. « Tout est lié » aime rappeler le Pape François, sur bien des sujets.

 « Accueillir cette question est un jugement qui met en évidence toute la résistance à l’amour qu’il y a en nous. » (p.361)

Il est bien rare que les problèmes s’effacent d’eux-mêmes et nous avons à prendre davantage conscience de notre responsabilité face à notre frère ou notre sœur. « Il est important de partir de cette sensibilité à l’autre, de cette non-indifférence à l’égard du cœur de l’autre… »(p.364)

L’objectif n’est pas que l’avis de l’un l’emporte sur l’autre, mais qu’un réconciliation s’opère.

« Cela implique qu’on se remette dans une situation d’échange avec l’autre, et qu’on recherche un dialogue, un échange de paroles, une écoute réciproque pour retrouver la paix dans les relations mutuelles. » (p.365)

Nous trouvons facilement de bonnes raisons pour « couper les ponts » y compris sous prétexte de solution radicale. Mais est-ce vraiment le meilleur chemin ? Dom Lepori explique avec simplicité et clarté que dans nos conflits Jésus nous invite non à la stérilité de certaines de nos relations difficiles mais au contraire « qu’il s’agit d’une opportunité de vivre un chemin de réconciliation ». (p.367) A nous de la saisir ou non, mais dans ce cas où se situe notre vie évangélique ?

L’auteur nous conseille de relire le chapitre 72 de la Règle de saint Benoît où il s’agit de « parvenir tous ensemble à la vie éternelle ».

Etre bienveillant avec les autres nous fera découvrir aussi davantage de vérité sur nous-même, nos forces et nos fragilités mais aussi la place occupée par le Seigneur en nos cœurs. « Ce que tu as fait au plus petit… »

 De tels chemins de réconciliation, éclairés par la Parole de Dieu et par sa grâce, peuvent ouvrir sur une « réelle concorde, une communion des cœurs profonde et solide, même si les opinions et les idées demeurent peut-être divergentes. » (p.369)

« La réconciliation chrétienne n’est pas seulement le traitement passager d’un problème, ce n’est pas la solution d’un accident de parcours ; c’est l’expérience essentielle et permanente du mystère de Dieu venu y faire participer toute notre vie. » (p.373)

 D.G

 

Mise à jour : Mardi 24 Janvier 2017, 13:02
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Vendredi 28 Octobre 2016

La Miséricorde de Dieu - M.G. LEPORI, o.cist

 La miséricorde de Dieu
 
Mauro-Giuseppe LEPORI,
abbé général o.cist

 Collectanea Cisterciensia 78 – 2016 – 3

 * 

 Année de la miséricorde oblige, mais ce sujet est inépuisable et essentiel, comme le précise M.G. Lepori, abbé général o.cist. qui , en juillet 2016, a donné ce cours aux Supérieurs Cisterciens, en introduisant son exposé par cette phrase de la règle de saint Benoît :

«  Ne jamais désespérer de la miséricorde de Dieu » (RB 4,74)

 Il nous faut garder et entretenir très fortement cette conviction que Dieu est miséricordieux et qu’un jour, comme le dit Job dans sa détresse , « je verrai Dieu ». Mais s’il nous faut avoir une foi agissante, elle ne pourra vraiment l’être en vérité que si, dès maintenant, nous prenons le temps de contempler Dieu..

« Nous verrons que c’est une lumière qui ‘clarifie le regard’ (Ps19,9) qui nous donne de mieux voir, de mieux comprendre la réalité, la réalité que nous vivons et la réalité que nous devons désirer, demander. » (p.270)

Comme le Christ l’a intensément témoigné, cette lumière va soutenir tout homme mais surtout le plus misérable, ce qui devrait nous rassurer. Dom Lepori précise que la question n’est pas de posséder la lumière mais de la contempler, de garder les yeux fixés sur Dieu.

Nous sommes dans le temps de la Toussaint ( tous appelés à la sainteté) et « la sainteté consiste à reflèter en nous, ce que Dieu est, à transmettre aux autres l’image de Dieu qui doit se réaliser en chaque être humain jusqu’à la perfection. »

            «  Soyez parfaits comme notre Père céleste est parfait . » (Mt 5,48)

            «  Soyez miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux. » (Lc6,36)

Pour pouvoir transmettre la miséricorde, il faut qu’elle nous habite. Cela est fondamental et en même temps elle n’aura de sens que si nous ne nous l’approprions pas. Cela est vrai pour tout œuvre d’art comme pour les œuvres de l’Eglise chargée de transmettre l’image vivante du Christ.

Et pour bien transmettre, il nous faudra « avec humilité demander de l’aide les uns aux autres. » (p.274)

L’auteur s’appuie sur l’image, sur l’expérience très parlante du Bon Pasteur qui ne se contente pas d’exercer son autorité mais avant tout qui aime ses brebis, qui les guide et qui les soigne.

 Plus nous sommes unis au Christ, mieux nous le représenterons auprès de nos frères et sœurs.

Nous souvenant aussi que « l’attention pour le plus faible, pour le plus difficile, soigne tout le monde, fait du bien à tous, fait grandir tout le monde…  et nous fait coopérer avec le Christ à la rédemption du monde. »

   * 

 DG
*  photo ne figurant pas dans la revue © D.G

 

Mise à jour : Mercredi 30 Novembre 2016, 20:05
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Lundi 25 Juillet 2016

Le combat spirituel - Règle de saint Benoît ch.72 - "Demeurer"



COLLECTANEA CISTERCIENSIA – Tome 78- 2016 -3

                               

Le combat spirituel . « Je ne suis pas venu apporter la paix mais le glaive. » (3)

Adalberto PIOVANO, osb

 Voici le troisième volet de cette étude. Les deux premiers parus dans les n° 1 et 2/2016 sont recensés sur ce blog.

 -         L’ascèse (suite) -  le désir

L’auteur insiste sur la vigilance nécessaire à toute qualité de vie et qui nécessite une « garde du cœur de tout ce qui obscurcit [le] regard et amoindrit [la] capacité d’écoute. »

« Veillez , dit Jésus, car vous ne savez ni le jour ni l’heure »

« Le croyant…a pris au sérieux l’incarnation de son Dieu et comprend que le corps, la ‘chair’, à travers un exercice en accord avec l’action de l’Esprit, devient lieu de transfiguration. » (p.241)

Toute ascèse, qui impose une certaine discipline, devrait être libérante. Se contraindre n’est pas une fin en soi. Nos renoncements sont en lien avec une adhésion libre à « quelque chose de plus grand…à la suite du Christ. »

« Il s’agit de transfigurer les désirs qui habitent notre cœur. » (p.242)

-         Discipline, discrétion

Saint Benoît, dans sa Règle, attache de l’importance au discernement qui doit tenir compte des possibilités de chacun. « C’est une réelle sagesse, qui naît de la connaissance personnelle de ses propres limites et des possibilités présentes en nous. » (p.243)

-         Maturation-Temps

Pour grandir, il faudra apprendre à se détacher du passé pour atteindre de nouveaux objectifs. Passage qui peut être éprouvant. Notre lieu d’expérience est avant tout le quotidien, « sans rêver la vie, ni fuir en quelque sorte sa précarité et sa fragilité ; c’est une ascèse réelle qui nous rend plus fort et nous discipline. ». Vivre au présent.

-         Ascèse et prière.

Prier peut être un exercice difficile. Faut-il le voir comme une ascèse ? Elle fait plutôt partie de sa dynamique interne qui est conversion et recherche incessante de la face de Dieu.

« Au moment où l’homme prie, supplie Dieu et lui parle, en se faisant violence pour recueillir de partout tous les mouvements et toutes les pensées, il s’ouvre à Dieu seul et Dieu remplit son cœur. » (Isaac de Ninive, cité p.246)

Notre libération viendra de Dieu seul. « La prière est une expérience du salut ; elle doit devenir l’illustration concrète des paroles de Paul : ‘Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort, afin que la puissance de Dieu se manifeste dans la faiblesse’. » (André Louf,cité p.247)

 

La paternité spirituelle dans les cloîtres médiévaux.

Christophe VUILLAUME, osb

 « L’exercice de la paternité spirituelle remonte aux origines de la vie monastique. »

cf. RB 4, 50-51 ; 49,9-10

Afin de purifier son cœur, d’être éclairé et aidé, le moine se soumet à la direction d’un « ancien ».
Celui-ci doit avoir la charité et être capable d’accueillir l’autre avec patience, perspicacité, mansuétude mais sans faiblesse. Eclairé par la foi, il doit avoir une connaissance des « choses divines » autant que des réalités humaines dans leur complexité.

L’amitié est aussi stimulante. Aelred de Rievaul en a souligné toute l’importance dans son traité sur « l’amitié spirituelle ».

C’est parce qu’il aime réellement son frère que le père spirituel saura être un passeur qui s’efface au moment voulu, sans jamais se montrer directif ou indiscret . « C’est une magnifique mais redoutable responsabilité. » (p.268)


A suivre....


 Revue de spiritualité monastique

Collectanea cisterciensia – Tome 78 – 2016 – 2

 Ce qui a retenu notre attention :

    -    Le combat spirituel (2)
       
       Adalberto PIOVANO , osb
(suite de l'article paru dans la revue 2016 -1 -- voir ci-dessous)

 Le lieu du combat : notre cœur . L’adversaire : un ennemi souvent masqué, dangereux , aux aguets et plein d’ambiguité. La liste de ses méfaits est longue et peut se résumer, selon Evagre le Pontique, moine d’Orient du 4°siècle, à huit pensées mauvaises.

Le problème n’est pas que le « diable » existe ou non, qu’’il nous trouble ou non. « Cela ne dépend pas de nous. Mais que [les pensées mauvaises] s’attardent ou ne s’attardent pas, qu’elles déclenchent les passions ou ne les déclenchent pas, voilà qui dépend de nous. » (p.117-118).

Notre arme : le glaive de l’Esprit (la Parole de Dieu) est seul capable de discerner, de faire la lumière, d'’anéantir l'ennemi.

Mais cette arme ne peut exercer son rôle que si le croyant est vigilant, corps et âme. (p.120-121). Une certaine ascèse est nécessaire qui ne se limite pas à l’homme extérieur mais aussi à l’homme intérieur.

Notre objectif : avoir une vie unifiée et cohérente sous tous ses angles. Objectif spirituel qui transcende ce monde. Il y a donc peu de chance d’arriver à la perfection dès maintenant mais c’est un chemin de libération qui nous prépare à la vie éternelle.

Rien de théorique même s’il nous faut, en priorité et  avec assiduité, laisser la parole nous habiter. Mais ensuite il faut agir. «  Faire participer le corps à l’aventure spirituelle est un acte de foi dans l’Incarnation du Verbe de Dieu et dans sa mort et sa résurrection. » (p.124)

      « L’ascèse du cœur va permettre l’ascèse du corps. » . Cela va bien aussi avec "Ora et labora", devise monastique.

Sous le regard de Dieu, il va nous falloir sans cesse revenir à l’essentiel.

 C’est ce que Jésus dit à Marthe qui s’agite alors que Marie, aux pieds de Jésus, l’écoute. (Evangile du dimanche 17 juillet 2016)

        

          Le Christ dans la maison de Marthe et Marie
         Jan Vermeer van Delft

         Huile sur toile, 1654-55
         National Gallery of Scotland, Edinburgh

 

         -     Le chapitre 72 de la règle de saint Benoît : « Le bon zèle qui conduit à la vie éternelle »

            Gérard JOYAU, ocso

 Cet article rejoint le précédent dans le sens d’un engagement corps et âme.

 L’obéissance, un des vœux prononcé par le moine « n’a pas vocation à rester une simple attitude de dépendance » , de soumission et quelque part d’une perte d’initiative .
 
« L’étape de l’écoute est nécessaire, mais elle n’est jamais suffisante ; elle pourrait même tromper celui qui s’en contenterait, en lui donnant bonne conscience. Pour Benoît la seconde étape est indispensable ; il faut obéir – écouter et faire – jusqu’à aimer celui qui commande, comme quelqu’un qui n’a rien de plus cher que le Christ. Le bon zèle met sur la route, mais c’est le Christ qui donne de progresser et de parvenir, tous unis ensemble, à la vie éternelle. » (p.141)

                  

-  « Demeurer » - Un éclairage johannique sur le vœu bénédictin de stabilité.
    Benoît ANDREU, osb

 En quoi le verbe « demeurer » utilisé par saint Jean a-t-il quelque chose à voir avec la notion de stabilité telle que l’envisage saint Benoît dans sa Règle et à laquelle s’engage le moine lors de ses vœux monastiques ?

C’est par une analyse très approfondie du sens de ce mot « demeurer » que l’auteur nous fait entrer avec rigueur dans la perspective johannique pour interroger ensuite la stabilité bénédictine.

Il s’appuie sur une conférence donnée en France par Hans Urs von Balthasar en 1974.

Cela nous demande une lecture lente et attentive mais fort intéressante. On est confronté tout au long de cet exposé à l’image très parlante (relatée seulement à la fin) de Marthe et Marie accueillant Jésus, l’une par l’action, l’autre par la contemplation. Et on comprend peu à peu combien ces deux attitudes ne s’opposent pas mais sont complémentaires et inséparables.

 

                      
                         « Ne me touche pas » - Colmar , musée Unterlinden

 « Demeurer » chez saint Jean .

Fréquemment employé par l’évangéliste, ce mot a un premier sens très simple de rester, séjourner.

Mais saint Jean a un langage à « double entrée » (sens littéral/sens spirituel) qui en rend sa lecture plus complexe et plus dense qu’il n’y paraît . D’où une compréhension du message plus ardue, moins concrète que chez les trois autres évangélistes.

Y a-t-il un rapport entre la question très prosaïque des disciples : « Où demeures-tu ? » et le sens de « demeurez en mon amour… comme moi … je demeure en son amour. » (Jn 14,10).

«  L’Esprit descend du ciel comme une colombe …et demeure sur Jésus », évènement du baptême de Jésus où Jean valorise  demeurer par rapport au baptême lui-même.

Pour Jean, « Jésus est bien davantage qu’un prophète… et déborde de toute part la relation qui unit un prophète au Seigneur qui l’envoie… Cette relation de Jésus à Dieu souligne entre l’un et l’Autre une intimité profonde et une réciprocité » (p.148).

La demeure de Jésus où nous voudrions bien le suivre est en fait un « non-lieu ». « Seigneur où vas-tu ? » demande saint Pierre avec angoisse sentant Jésus sur le départ. Jésus va tenter de faire percevoir aux disciples, et à nous-mêmes, cette étrange délocalisation si difficile à cerner pour nos esprits humains. Il s’agit non d’un lieu mais d’une qualité de relation avec une personne (p.150).

« Là où je suis vous serez vous aussi ». Pas maintenant mais plus tard. Nous sommes en devenir.

Et nous y parviendrons, en tant que disciples, par des « actes d’obéissance que dictent l’ amour et la confiance » (p.151).

L’auteur évoque la scène très forte de Marie-Madeleine qui ne peut toucher Jésus près du tombeau.
Il est là mais insaisissable. « Ne me touche pas » (Jn20,17).

Dieu demeure dans le cœur du croyant comme parole agissante, source intérieure à laquelle nous pouvons puiser pour agir, pour que notre amour soit fécond.

C’est bien à nos actes, à nos façons d’être que nos frères reconnaîtront la présence du Seigneur.

« Croyez au moins à cause des œuvres ! » (Jn 14,11). Il y a une sorte de paradoxe (un de plus !) entre demeurer  et aller agir . «  Demeurer avec Jésus implique de savoir aller avec lui. » (p.155).

Ce qui suppose de notre part une conversion et un ajustement permanents. Une sorte d’itinérance.

La stabilité bénédictine.

Le moine est un habitant de la maison de Dieu, monastère d’une part et « maison commune » à toute l'humanité telle que l’évoque le pape François. L’auteur souligne que chez saint Benoît (qui n’aime guère les gyrovagues !) il y a une hyper-localisation de l’habiter bénédictin  alors qu’à l’inverse chez saint Jean , dans son évangile, il y a une délocalisation du demeurer. (p.159)

La stabilité que saint Benoît concrètise pour ses moines par « école » (RB Prol.45), « bergerie » (RB 1,8) ou « atelier » (RB 4,78)  va favoriser l’itinérance, le cheminement, la progression spirituelle. Le véritable pôle de stabilité de la vie monastique, et plus généralement de la vie chrétienne, c’est le Christ lui-même, c’est « ne rien préférer à l’amour du Christ » (RB 4,21)

Dynamisme et stabilité sont conjoints dès le début de la Règle.

 « Courez tant que vous avez la lumière de la vie ! » (RB Prol 13)

« Les charismes spécifiques de ce que l’on a coutume d’appeler « vie apostolique » et « vie contemplative » témoignent ensemble et de façon complémentaire d’un unique demeurer en Dieu, se rappelant ainsi l’une l’autre les exigences de son authenticité. » (p.167)


- La lectio d'un moine médiéval

Christophe VUILLAUME, osb

 Pour qui pratique et surtout aime la « lectio divina », voici un article fort intéressant , d’une grande clarté et qui nous rappelle les points forts et incontournables de la lectio, même si on est de ceux qui n’aiment pas trop les marches à suivre. Une « bonne » lectio doit pouvoir conjuguer une certaine rigueur dans la lecture tout en laissant place à la spontanéité , à l’association d’idées qui nous vient ce jour-là, à la fécondité imprévisible.

Trop de rigueur pourrait rendre la lecture austère et surtout risquerait de manquer son but premier : une rencontre avec Dieu. Trop d’improvisation nous laisserait la bride sur le cou et peut-être nous égarerait.

L’auteur appuye son article sur un texte d’abord attribué à saint Bernard mais qui est plutôt celui d’un auteur contemporain de Bernard. Et on est impressionné par sa méthode et son contenu sans même qu’on ait besoin de l’actualiser.  En tous cas, il nous offre, illustré du passage du Nouveau Testament sur « La vigne », une excellente révision et éventuellement un réajustement de nos pratiques en toute rigueur et souplesse.

                                           *  

Voici quelques extraits mais l’ensemble mérite une lecture attentive :

« Tout commence par une fort belle prière [à l’Esprit-Saint]… avoir conscience de n’être pas seulement devant la page ouverte d’un livre, fut-ce la sainte Bible, mais bien face à face avec le Verbe divin lui-même » (p.191)

« Il s’agit dans cette lectio, d’un évènement, et pas seulement d’un exercice que recommandent la Règle de saint Benoît et toute la tradition monastique…Cela change tout. Quelque chose va se passer et l’on s’y prépare, par l’esprit et par le cœur … La lectio s’ouvre comme un dialogue entre deux personnes vivantes, contemporaines, qui s’aiment et se recherchent. » (p.192)

« Lectio veut dire lecture. Lisons donc… Le sens littéral et historique [doit être considéré] comme la base de toute méditation du texte sacré. »

Une image en suscite ensuite une autre, pousse à un rapprochement scripturaire… Une association d’idées en évoque rapidement une autre, comme « une terre qui s’ouvre… pour laisser germer le Sauveur -Is 45,8- » (p.193)

Repérons les mots-clés… Préparons-nous à l’inattendu.

Puis la meditatio : dialogue et non discours faisant jaillir notre cri du cœur.

« La méditation personnelle tend à créer un climat d’intimité avec les personnages bibliques » auxquels on s’identifie ou qu’on interpelle. « Ainsi Bernard fait-il cause commune avec Moïse devant le buisson ardent : « Tu as raison de t’étonner ».

 N’oublions jamais que la Parole parle à chacun en « divers sens… et selon le contexte où chacun se trouve. Ainsi un même Evangile inspire-t-il quantité d’interprétations chez ceux qui l’entendent, selon leur grâce propre. » (p.199)

 Des conseils à lire et relire pour en vivre.

DG 
©DG

  

Mise à jour : Mardi 11 Octobre 2016, 13:12
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Samedi 16 Avril 2016

Spiritualité monastique



COLLECTANEA CISTERCIENSIA – Tome 78- 2016 -3

                               

Le combat spirituel . « Je ne suis pas venu apporter la paix mais le glaive. » -3ième partie-

Adalberto PIOVANO, osb

 Voici le troisième volet de cette étude. Les deux premiers parus dans les n° 1 et 2/2016 sont recensés sur ce blog.

 -         L’ascèse (suite) -  le désir

L’auteur insiste sur la vigilance nécessaire à toute qualité de vie et qui nécessite une « garde du cœur de tout ce qui obscurcit [le] regard et amoindrit [la] capacité d’écoute. »

« Veillez , dit Jésus, car vous ne savez ni le jour ni l’heure »

« Le croyant…a pris au sérieux l’incarnation de son Dieu et comprend que le corps, la ‘chair’, à travers un exercice en accord avec l’action de l’Esprit, devient lieu de transfiguration. » (p.241)

Toute ascèse, qui impose une certaine discipline, devrait être libérante. Se contraindre n’est pas une fin en soi. Nos renoncements sont en lien avec une adhésion libre à « quelque chose de plus grand…à la suite du Christ. »

« Il s’agit de transfigurer les désirs qui habitent notre cœur. » (p.242)

-         Discipline, discrétion

Saint Benoît, dans sa Règle, attache de l’importance au discernement qui doit tenir compte des possibilités de chacun. « C’est une réelle sagesse, qui naît de la connaissance personnelle de ses propres limites et des possibilités présentes en nous. » (p.243)

-         Maturation-Temps

Pour grandir, il faudra apprendre à se détacher du passé pour atteindre de nouveaux objectifs. Passage qui peut être éprouvant. Notre lieu d’expérience est avant tout le quotidien, « sans rêver la vie, ni fuir en quelque sorte sa précarité et sa fragilité ; c’est une ascèse réelle qui nous rend plus fort et nous discipline. ». Vivre au présent.

-         Ascèse et prière.

Prier peut être un exercice difficile. Faut-il le voir comme une ascèse ? Elle fait plutôt partie de sa dynamique interne qui est conversion et recherche incessante de la face de Dieu.

« Au moment où l’homme prie, supplie Dieu et lui parle, en se faisant violence pour recueillir de partout tous les mouvements et toutes les pensées, il s’ouvre à Dieu seul et Dieu remplit son cœur. » (Isaac de Ninive, cité p.246)

Notre libération viendra de Dieu seul. « La prière est une expérience du salut ; elle doit devenir l’illustration concrète des paroles de Paul : ‘Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort, afin que la puissance de Dieu se manifeste dans la faiblesse’. » (André Louf, cité p.247

 Collectanea cisterciensia – Tome 78 – 2016 - 1

_____________________________________
* © D.G –photos ne figurant pas dans la revue

                           

 Il ne s’agit pas ici de résumer les articles proposés dans cette revue spécialisée et de qualité.

Mais de mettre en valeur un point (le choix est difficile) qui nous semble essentiel et peut suffire à notre méditation.

Pour en savoir plus, abonnez-vous !

¤  « Le combat spirituel » - Adalberto Piovano, osb  -  1ère partie -

Pour nous tous humains qui sommes aujourd'hui, semble-t-il, en « état de guerre », mais aussi grâce au pape François , soucieux de répandre la miséricorde à travers le monde, le premier article de la revue aborde donc un sujet en phase avec son temps : le combat intérieur.

Y a-t-il donc combat sur tous les fronts dans nos vies ? Connaîtrons-nous un jour la paix, celle de l’esprit, du cœur, des corps ?

Le combat dont il s’agit ici se veut réellement non répressif mais empruntant « des chemins de maturation et de libération ». La joie de l’Evangile en est le moteur.

Il s’agit « de se voir soi-même en face ».

«  La vie selon l’Esprit exige du courage, le courage de se laisser conduire par l’Esprit dans le ‘désert’ pour entreprendre un pèlerinage dont on ne peut prévoir l’itinéraire , ni les imprévus, ni le détail des mouvements ou des avancées. Dans ce chemin symbolique solitaire, on peut découvrir au-dedans de nous des présences ou des visages que nous ne voudrions pas voir, dont nous voudrions qu’ils n’existent pas. » (p.9)

Nous sommes invités à relire et méditer les tentations de Jésus au désert, comment  le tentateur s’y prend et comment Jésus fait face.

Est largement évoquée, et à emprunter , « une échelle entre terre et ciel », celle bien célèbre et sainte  de Jean Climaque, moine syrien du 6°s. A re(découvrir) !

                          *   


 ¤  
 Clairvaux "Ecole d'amour" sous l'abbatiat de saint Bernard
     Conférence donnée à l’abbaye de Cîteaux en octobre 2015
      Raffaele FASSETTA, ocso

  « On entre au monastère pour apprendre à aimer Dieu… et aimer le prochain… ». La vie cistercienne, « vie commune, soutient et stimule [la] recherche de Dieu et la préserve de dangereuses illusions. » (p.25)

                    *    
                            Abbaye bénédictine d’Oriocourt (Moselle)

 L’auteur souligne le « rôle essentiel de la connaissance de soi », ce qui suppose vérité et  humilité à la lumière de la miséricorde de Dieu. Cette démarche première devrait nous aider à accepter aussi que l’autre soit faible.

« Bernard cite un épisode des Vies des Pères du désert : « Un saint vieillard, lorsqu’il avait entendu dire que l’un des frères avait péché, pleurait amèrement en disant : « Lui aujourd’hui et moi demain. »

Notre modèle est le Christ et saint Bernard n’a pas craint de déclarer que si Dieu s’est fait homme en Jésus, c’est aussi pour expérimenter lui-même la vie humaine, pour être réellement proche et ajouter encore à sa miséricorde. « Il apprit ce qu’il savait ». Mesurons l’audace d’un tel propos au 12°s. … comme au 21°s. d’ailleurs.

L’auteur insiste ensuite sur la correction fraternelle et sur un meilleur accueil de nos différences qui ne devraient pas « être source de divisions et de conflits [mais] l’occasion d’une complémentarité bienfaisante. »
Ce n’est pas une nouveauté de rappeler ce point, mais reconnaissons que cela reste pour nous une difficulté majeure au quotidien. Souvenons-nous que nous sommes d’une certaine façon déjà entrés dans la vie éternelle et que nous préparons si possible sur terre la vie commune « qu’on mènera dans la Cité du grand Roi » (St Bernard, Sermon sur la Dédicace 5,10 cité p.38)


 ¤ En toute humanité
   Mauro-Giuseppe LEPORI, o.cist

 A propos de l’accueil des hôtes, il faut témoigner « toute l’humanité possible » (RB 53,9)

Dans cette conférence donnée en 2014, l’auteur aborde les relations humaines mais en s’adressant à des moines, il constate « que la formation à la fonction de moine ou de moniale l’emporte de beaucoup sur la formation à la relation avec Dieu et les autres. » (p.48)

Il cite le pape François : « Il est urgent de retrouver un esprit contemplatif, qui nous permette de redécouvrir chaque jour que nous sommes les dépositaires d’un bien qui humanise, qui aide à mener une vie nouvelle. Il n’y a rien de mieux à transmettre aux autres. » (Evangelii gaudium, 264) (p.41)

Aelred de Rievaulx dans son traité de « L’amitié spirituelle » développe l’importance de l’ amitié :

-         elle donne son fruit dans la vie présente, celle d’aujourd’hui et dans la vie future.

-         Elle est facteur d’quilibre quand les choses vont mal et un facteur de paix quand cela va bien.

-         Sans ami, presque rien ne peut faire le bonheur des mortels… Malheur à qui est seul ; s’il vient à tomber, il n’a personne pour le relever.
       
*  
                     Amitié franco-belge - Dessin de Plantu à la suite de
                  l'attentat de Bruxelles.
 

L’auteur met en valeur la fonction de portier du monastère, premier moine accueillant l’hôte et qui va déjà donner le ton de ce que vit la communauté.

«  Le contact avec les autres n’est plus une cause… de distraction mais une occasion continuelle de dire « oui » au Seigneur, d’accueillir le Christ avec gratitude ». A leur salutation «  il peut répondre aussi : ‘Bénis-moi’ : il les accueille donc comme une bénédiction divine pour lui et pour le monastère. » (p.45)

 Quand quelqu’un sonne chez moi, quand je croise une connaissance dans la rue, quel est mon accueil ? Contrarié, pressé, bienveillant, à l’écoute ? Un mot, un sourire suffisent parfois à ouvrir le cœur de l’autre… Nous avons tous besoin d’humanité. Faites le test…

DG

¤ Dieu : utilité des hommes, selon Guigues le Chartreux

   Emmanuel FAURE

Question à priori étrange : Dieu, dans sa toute puissance,  a-t-il besoin des hommes ?

                                     *  

                                                 Saint Bruno – Chartreuse de Sélignac (Ain)

 Guigues 1er (1083-1136), cinquième prieur de la Grande Chartreuse, qui n’est donc pas n’importe qui, soulève la question des relations de Dieu avec l’homme.

Pourquoi Dieu a-t-il donc créé l’homme ?

« Tu n’as pas été créé pour être vu, connu, aimé, admiré ou loué, mais pour voir, connaître, aimer, admirer et louer le Seigneur. Aussi, cela seul t’est utile et rien d’autre. » (p.53)

 Ce n’est qu’en se rendant conforme au Christ, Dieu fait homme, que l’homme peut connaître et aimer Dieu comme il doit l’être… Ne rien préférer à Dieu (rencontre dans la gratuité) et aimer son prochain.

Le bonheur de Dieu est que nous l’aimions que nous participions à sa vie, que nous nous aimions nous-mêmes et aimions notre prochain.

 Désirons-nous vraiment le bonheur de Dieu ?

 DG


 

Mise à jour : Mercredi 30 Novembre 2016, 20:14
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Dimanche 03 Avril 2016

Manuscrits de Clairvaux

 Les manuscrits de Clairvaux de saint Bernard à nos jours

Revue «  La vie en Champagne » n°46 – avril-jun 2006

                    

Sommaire

 -         Le siècle de saint Bernard

-         Croissance et renouvellement : Clairvaux et l’Université

-         Bilan de quatre siècles de bibliothèque : le catalogue de Pierre de Virey (1472)

-         Les manuscrits de Clairvaux à l’âge de l’imprimé

-         Les plus beaux manuscrits de la bibliothèque de Clairvaux

-         Bibliographie, repères chronologiques...

 Pour qui s’intéresse à l’abbaye de Clairvaux, parcourir son histoire par le biais de ses manuscrits est une porte d’entrée fort intéressante. Le développement du livre et des bibliothèques de monastères sont étroitement liés à l’aventure monastique elle-même, à ses hauts et à ses bas, à la passion des abbés bibliophiles ou non.. Cette revue, illustrée de précieux manuscrits,nous donne l’occasion  d’entrer en 80 p. dans cette double histoire .

  Le livre imprimé a dévalorisé aujourd’hui l’objet-livre mais le manuscrit médiéval est à la fois l’œuvre d’artistes (tanneur, calligraphe, enlumineur, relieur…) et la transmission laborieuse de la Parole de Dieu. Certains manuscrits volumineux, très enluminés non sans humour parfois, parfaitement calligraphiés sont comme des cathédrales qui nous laissent muets d’admiration . Nous trouverons dans cette revue de quoi satisfaire notre légitime curiosité concernant les manuscrits de Clairvaux, dispersés par les aléas de l’Histoire mais désormais recensés et numérisés.

 La bibliothèque de Troyes est un haut lieu de la conservation de ces manuscrits.

 Pour en savoir plus : https://www.bibliotheque-virtuelle-clairvaux.com/manuscrits/

 DG


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