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Dimanche 20 Septembre 2020

La Règle de saint Benoît - Pierre Alban Delannoy

 La Règle de saint Benoît

Chemin de vie pour les laïcs

 Pierre-Alban DELANNOY

Albin Michel, 2015

219 p.

                         * 
                             2015

 Pour celui ou celle qui goûte régulièrement la Règle de saint Benoît , un commentaire de cette Règle intéresse toujours suivant le style de l’auteur ou l’approche qui en est faite. Certains articles trop pointus peuvent nous laisser aussi  parfois un peu désemparés.
Dans ce livre de P.A. Delannoy, rien de tel. On est tout de suite conquis. Comme la Règle elle-même, ce document s’adresse autant à des débutants qu’à de grands usagers comme les moines.

   *    *     
             1985                                   1984   

Ce qui frappe le plus, me semble-t-il, et qui fait la qualité de l’ouvrage, c’est de la part de l’auteur, une longue et minutieuse fréquentation de ce chef d’œuvre qu’est la Règle et qui derrière une certaine simplicité apparente, un pointillisme qui peut sembler d’un autre temps,P.A Delannoy écoute la Règle avec le soutien de l’Esprit-Saint qui lui ouvre d’autres portes, et éclaire le sens profond qui, comme les textes bibliques d’ailleurs, reste caché  aux personnes qui pensent avoir tout compris dès la première lecture. Il va nous falloir accepter que ce que nous saisissons un jour soit toujours partiel…

 Et c’est sans doute pour cela qu’avant d’entrer dans une pratique, sur ce « chemin de vie pour les laïcs », l’auteur prend son temps pour redire ce qu’est la RB, son contexte, son usage monastique, son constant réajustement pour qu’elle continue à être vraiment vivante. Dans cette première partie (jusqu’à la p.130) , on se nourrit vraiment des qualités de ce texte, on goûte une approche un peu différente et particulièrement claire des liens qui existent nécessairement entre les décisions de saint Benoît et le contexte de son époque. C’est évidemment capital pour bien comprendre le message et aussi la nécessité d’un réajustement constant qui ne met pas en question les fondements de la Règle mais la rend vivable et efficace pour aujourd’hui.

« Benoît nous remet la Règle entre les mains en disant qu’elle est un ouvrage intermédiaire, qu’elle est le prolongement d’autres livres, d’autres Règles, et qu’elle est faite pour être poursuivie, amendée, transformée…(p.28)

  *    
        1995                                              
2006

On en arrive à l’expérience particulière de la Grange de Clairvaux par rapport à cette Règle : un travail de longue haleine basé sur le partage, la méditation, la concertation et modestement l’adoption de « petites règles » auxquelles les membres du groupe s’engagent chacun à son rythme, sans pression mais avec la volonté d’avancer, de faire le point face à soi-même et devant ses frères. On sait combien les petites choses quotidiennes peuvent être occasion d’humilité, de fraternité, de progrès spirituels si on accepte de croire qu’on ne peut pas grand-chose sans Dieu… et sans ses frères .

La Grange réinvente, expérimente en quelque sorte l’usage de la RB à sa mesure, sans hâte excessive parfois mauvaise conseillère. Ils construisent eux aussi leur « nouveau monastère ».

Le grand rassemblement prochain d’août 2015 va sans doute demander beaucoup d’énergie à l’équipe de La Grange qui invite à Clairvaux  et la solidarité fraternelle qui se joue là, le témoignage qu’elle porte,  n’est pas négligeable. Puis les jours ordinaires reprennent leur cours et ont aussi leurs exigences et leurs joies. C’est notre lot à tous de vivre quelques grands moments de foi au milieu d’une multitude d’instants bien plus discrets .

 Je ne partage pas toujours les vues de l’auteur quant à l’histoire de La Grange à une certaine époque (1998-2006) et parler par exemple « d’aliénation » (p.137) des membres avant les années 2008 qui se seraient contentés de commentaires tout faits sans réfléchir par eux-mêmes, sans en tirer « des enseignements directement applicables pour leur vie » est quelque peu injuste. Leur pratique actuelle de la lectio divina telle qu’elle est évoquée p.171 avait déjà il y a 10 ans la même volonté d’écoute et de respect de l’autre ainsi que le souci de le mettre en œuvre aussi à tous moments de nos journées communes et au quotidien.

Comme eux, ces groupes étaient en recherche, moins avancés qu’eux dans leur orientation de vie de laïcs cisterciens sur ce lieu particulier et c’est bien normal. Tant de projets furent sur l’établi  et le travail manuel ne manquait pas non plus. Les choix actuels de La Grange ne sont d’ailleurs pas ceux de tous les groupes loin de là ; cela aussi est normal.
Le lieu particulier d’Outre-Aube, grange de l’abbaye de Clairvaux où vivait  saint Bernard :  grande maison, la main à la pâte où chacun a travaillé depuis tant d’années permettent aujourd’hui ce qui s’y vit d’original. C’est une chance ou plutôt un plant qui pousse après bien des labours.  Mais le propos de la deuxième partie de ce livre aura peut-être un peu de mal à être en phase avec ce que vivent la majorité des groupes qui se retrouvent régulièrement mais épisodiquement. Le but n’étant pas, pour la majorité, de vivre ensemble en continu et de reproduire en quelque sorte une vie monastique couleur laïc.
Mais peut-être d’autres groupes seront appelés à une démarche semblable. On peut le souhaiter.Mais je ne pense pas que ce sera l'option de la majorité malgré les liens étroits et fraternels qui les lient tous à leurs communautés monastiques respectives.

«  Chacun d’eux sent la nécessité de se joindre à une communauté parce que celle-ci apparaît comme le moyen de continuer plus intensément la conversion personnelle qui l’a  retourné, de fournir le soutien et l’aide à la réalisation de celle-ci … » Et « l’empreinte de la communauté » demeure même quand chacun a regagné son lieu de vie.  « Vie communautaire explicite…(temps passé ensemble)… vie communautaire implicite…qui se prolonge dans la vie personnelle. » (p.142)

Je pense que c’est dans le cas de cette problématique d’une vie « mixte » que résident surtout la difficulté de faire vraiment communauté et la grande différence avec la vie monastique dans ce qu’elle a de radical.

J’ai souvent eu l’impression qu’à La Grange on s’efforçait très sincèrement de vivre en frères, mais hors ces murs-là, nos vies quotidiennes intéressaient-elles vraiment nos « frères » ? J’en doute. Discrétion ? pudeur ? Peut-être… Et en face, une écoute trop souvent superficielle, ce qui ne facilite pas l’échange . Nous étions un peu dans une bulle régénérante mais un peu utopique. Laïcs cisterciens, nous ne vivons pas vraiment ensemble et, tout en semblant proches, nous sommes en fait très loin les uns des autres quand on se rencontre un jour par mois ou un week-end par trimestre . Ce fut mon expérience mais je ne doute pas qu'il y ait  des groupes où l’équilibre du partage est meilleure.

J’ai entendu des moines regretter aussi cette trop grande réserve entre eux qui peut nuire à une vraie vie fraternelle. Comment s’aimer si on  se connaît peu , si on se méprend sur le silence de l’un et le bavardage de l’autre ? Mais avec les temps actuels plus permissifs, les relations s’améliorent. Avec ses risques aussi.

L’expérience de La Grange est particulière, belle, dérangeante, possible ailleurs (des formes de béguinages naissent en France par exemple et c’est fort intéressant) mais la réalité de vie de la majorité des groupes de laïcs cisterciens ne peut se permettre de tels engagements communautaires, ce qui n’empêche pas le charisme cistercien d’y souffler.

Par contre l’approche de la Règle et sa mise en pratique telle que l’évoque P.A Delannoy, par des laïcs sensibles à la spiritualité cistercienne, est bien analysée et tout à fait souhaitable . Elle peut nous toucher aussi individuellement. Le chrétien est plus que jamais appelé à vivre au cœur du monde dans un vivre ensemble qui n’a pas forcément les attraits particuliers d’une communauté réglée sur le même diapason où déjà là, c’est bien difficile de vivre en harmonie !

Autant l’Evangile est le Chemin, la Vérité et la Vie pour tous chrétiens, autant la Règle de saint Benoît, « petite Règle pour débutants » n’est pas forcément « chemin de vie » pour tous les laïcs. Elle en est un parmi d’autres.

Mais on peut à juste titre espérer, comme le souligne le P. Armand Veilleux dans son livre « Les moines ont-ils un avenir » que le dynamisme des laïcs d’aujourd’hui, dont certains sont appelés à vivre en communauté, est un sang neuf , un renouveau pour notre Eglise qui peut redonner goût à la vie monastique,  la sauvegarder, la bousculer (étrange renversement des situations) en laissant l’Esprit-Saint nous éclairer peu à peu sur la volonté de Dieu qui nous surprendra toujours.

                      *   
                             2013

Si nous regardons en arrière, nous voyons l’évolution et les constantes formidables que vivent les communautés de croyants. Mais notre vie à nous est courte, comment pourrions-nous imaginer ce qu’il adviendra de l’Eglise dans les siècles à venir ?

Comme Jésus l’a promis, un jour viendra qui nous rassemblera tous dans une fraternité sans nuages. Nos « petits pas de conversion » nous y préparent.

La  belle page 192 évoquant l’enfant qui apprend à marcher les yeux dans les yeux de ses parents, en confiance, ou Pierre marchant sur les eaux en regardant Jésus souligne combien « répondre à un appel que l’on a entendu c’est tendre son regard vers celui qui a appelé. »

                * 
                    Abbaye de Fontfroide

 En tous cas, la lecture de ce livre sur La Règle de saint Benoît met bien les choses au clair tant du coté de ce qu’a voulu dire Benoît que de sa mise en pratique humble mais exigeante, chemin sûr qui demande une pratique régulière et persévérante acceptant les chutes, le brouillard mais gardant toujours confiance. « Ecoute » est bien le mot-clé. Il faut admettre qu’ on ne sait pas bien ce qu’il y a au bout de la route mais la joie de la foi au présent nous en donne un avant-goût.

« Faire l’œuvre de Dieu (ou laisser œuvrer Dieu en soi), c’est faire advenir ici et maintenant, en ce monde limité, quelque chose de l’illimité de Dieu. » (p.196)

 D.G

 *© Denyse Guerber

 La revue Collectanea Cisterciensia  publie ce mois-ci la présentation de ce volume par deux moines, un bénédictin et un cistercien. Un bon signe de qualité pour P-A Delannoy.

Voir commentaire sur ce blog.

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Trois figures féminines dans la vie de saint Benoît

Frère Michael Davide SEMERARO

Vie monastique n°49 – Abbaye de Bellefontaine 2014
150 p.

*   

Habituée à lire régulièrement la Règle de saint Benoît plutôt que sa vie, parfois m’avait-elle semblé enjolivée de nombreux miracles pour traduire la sainteté et la perfection du « héros » comme il se doit dans une hagiographie, la curiosité m’a poussée à découvrir ce livre. Autant on a à dire (et à inventer aussi !) sur l’entourage féminin de Jésus, mais que pouvait-on bien écrire sur la vie de saint Benoît en-dehors d’évoquer sa sainte sœur Scolastique, moniale elle aussi ?

 Les premières pages du livre désarçonnent quelque peu parce qu’inattendues , parfois un peu complexes mais surtout donnant l’impression d’extrapolations mêlant psychologie , univers symbolique du 6° siècle où l’auteur semble vouloir exploiter au maximum les péripéties de la vie de saint Benoît réelles ou portées par la tradition .

Il faut, me semble-t-il, arrêter rapidement cette lecture pour revenir aux origines et relire en priorité le texte de base incontournable et unique sur ce sujet qu’est la vie de saint Benoît écrite une quarantaine d’années après la mort de Benoît par le Pape Saint Grégoire le Grand ( 540-604) grâce notamment aux témoignages de moines vivant encore et qui avaient connu Benoît mais écrite aussi sous l’inspiration du Saint-Esprit, comme nous le montre la fresque ci-dessous  du 13°s.(une tourterelle lui soufflant les mots à l'oreille) et qu’on peut voir à Subiaco (ph.2)

 1.*   

                 2.*     

 On peut apprécier lire le texte « Vie et miracles du Bienheureux Père Saint-Benoît » dans l’ancienne édition de la Source de 1962 (ph.1) . Elle a son charme, mais peut-être est-elle épuisée…

La biographie  de saint Benoît par le pape Grégoire le Grand (auteur parfois mis en doute)  est simple et sobre même si elle n’échappe pas au style hagiographique et anecdotique , mais elle est lumineuse et fortement évocatrice de la personnalité de saint Benoît et de ses mérites.

Pour rendre la narration plus vivante, Grégoire présente son texte sous forme d’un Dialogue  avec un certain Pierre qualifié de « diacre très cher ».

                        
                                  Saint Grégoire 1er

 Ce texte lu, nous pourrons alors revenir au livre qui nous intéressait : « Trois figures féminines dans la vie de saint Benoît »  et nous en saisirons mieux la démarche . Etait-ce consciemment celle de saint Grégoire ou celle de l’Esprit qui  lui a soufflé à l’oreille ? Dieu seul le sait… Nous faisons en tous cas un tout autre parcours qui, au fil des pages, élargit énormément l’horizon et devient passionnant. C’est l’itinéraire d’une vie humaine et spirituelle .

 - C’est d’abord le personnage de la nourrice qui accompagne les premiers pas et dont il va falloir peu à peu se séparer. Image de la grotte (et de l’utérus )  dont il faut sortir, du « cordon ombilical coupé » ; « rite initiatique [séparant l’adolescent ] du monde de l’enfance et du monde maternel. » (p.28)

«  Cet itinéraire nous aide à comprendre la dynamique de l’itinéraire mystique, humain et spirituel  de Benoît en le présentant non seulement comme un exemple, mais aussi comme un encouragement, une nécessité vitale. Au niveau spirituel, c’est une invite à cheminer et à s’élever en acceptant de ne pas retourner en arrière, mais d’aller toujours en avant, toujours au-delà. » (p.29)

- Puis la figure de la femme séduisante et tentatrice qui occupe les pensées du jeune Benoît rencontrant avec la violence d’un feu, le risque de la transgression. Désir de retourner dans le monde ou désir de Dieu, il va lui falloir choisir. Etape quasi incontournable qui va le faire grandir en humanité et s’affirmer . Sa Règle écrite des années plus tard saura nous dire où est son vrai bonheur : en Dieu.

«  Benoît ne sous-estime pas ce qui est en train de se passer. Il ne marchande pas avec ses émotions et avec sa tentation, mais il affronte le feu de la libido et l’intègre. Cela ne peut se faire qu’à travers la conscience de son humanité totale qui exige continuellement le tourment, dans sa chair, du choix entre le bien et le mal, entre bien et bien, entre bien et mieux (cf.Rm8, 1…) »

 - Enfin, la troisième figure féminine est particulièrement attachante, tenant en quelques pages ( Vie de saint Benoît : p.124-128, ch. 33 et 34) : il s’agit de sa  « sœur-épouse » Scholastique. « Elle lui ouvre la voie de la vraie connaissance, celle que donne l’amour et qui rendra les yeux du cœur de Benoît pareils à ceux d’un séraphin, selon la ressemblance originelle que Grégoire établit entre l’ordre angélique et les hommes.  » (p.116). Il faut relire ce merveilleux passage de saint Grégoire au ch. 34, où à la mort de sa sœur, il fait « porter son corps au monastère et le déposer dans le tombeau qu’il s’était préparé. Il arriva ainsi que ceux dont les âmes avaient été si parfaitement unies en Dieu, ne furent pas non plus séparées dans la tombe. »

Ce livre est finalement d’une grande richesse spirituelle à travers la vie de saint Benoît, si cher aux moines et moniales , ainsi qu’aux laïcs attachés aux spiritualités bénédictine et cistercienne, et qui lisent et méditent chaque jour un passage de la Règle de saint Benoît, règle pour laquelle ils ont fait vœu d’obéissance.

         *  

 De nombreux livres (la liste est longue et facile à trouver)  fort intéressants (certains sont recensés sur ce blog) ont détaillé la vie de saint Benoît et son message ainsi que le sens de cette Règle et de son application pour aujourd’hui et pour tout homme. Prenez garde ! Quand on soulève le coin d’un voile, on peut se laisser saisir par un feu brûlant…

 DG.
*© D.G
15.10.2015

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Jeudi 17 Octobre 2019

Règle de saint Benoit - Le Prologue (texte et commentaire)

                   REGLE  de  SAINT  BENOÎT      

                      

Il manque souvent dans nos vies un fil conducteur, des repères sur lesquels s’appuyer en particulier lorsque les jours sont durs.

Le croyant chrétien peut découvrir, à la lecture et à la méditation de la Parole de Dieu, la vraie source qui va le désaltérer, le nourrir, le guider. Partageant cette Parole avec d’autres croyants, stimulé par eux, relevé parfois, il avancera porteur d’un message de vrai bonheur pour lui-même et pour ses frères humains. Les témoignages à ce sujet sont innombrables depuis des siècles et aujourd’hui encore.

La Règle de saint Benoît ne peut en aucun cas remplacer les textes bibliques et l’Evangile en particulier. Mais elle est un outil concret, complémentaire de la Parole, s’appuyant sur le roc inébranlable qu’est le Christ. Par ailleurs, l’enseignement de saint Benoît est fiable, éprouvé, expérimenté par des générations de moines mais aussi de laïcs et n’a rien à envier à certaines pratiques et stages actuels psychologiques et spirituels dont, à notre époque, nous sommes friands tant la vie actuelle nous déboussole. Le terme de « règle » peut peut-être déranger ; on n’aime plus trop les contraintes. Tout dépend ce que la parole d’un père représente pour nous.

Nous allons suivre ce parcours, avec l’humilité d’un débutant, d’une terre vierge qui va se laisser approcher, retourner, travailler sans chercher à connaître à l’avance quels fruits seront donnés. Laissons-nous émerveiller comme un enfant qui apprend à marcher à la fois prudent et téméraire, sûr aussi de la protection des mains paternelles et maternelles.

                      *  *  *
   PROLOGUE

1-
 Ecoute, mon fils, les enseignements du maître et tends l’oreille de ton cœur. Accueille volontiers les avis d’un père si bon et mets-les en pratique, 2- afin de retourner par l’effort de l’obéissance à celui dont t’avait détourné la lâcheté de la désobéissance.

D’emblée, saint Benoît situe les interlocuteurs : un fils et son père qui est aussi, très logiquement son éducateur, sa référence, son maître. Quel enfant perdu celui qui n’a pas ou plus de parents ! Quelqu’en soient les conditions, nous portons cet héritage jusqu’ à notre mort. Il n’est qu’à lire les multiples témoignages d’écrivains biographes.

Mais il ne suffit pas qu’un père et son enfant cohabitent, il faut « tendre l’oreille », écouter la parole paternelle, l’accueillir. Les conditions de vie familiale n’y sont malheureusement pas toujours favorables.

L’ayant accueillie, il faut y adhèrer pour la mettre en pratique. Il faut parfois des années pour cela, et la patience (pour le père comme pour l’enfant) est une grande qualité pédagogique. Quelle surprise parfois en voyant nos enfants atteignant la trentaine et même la quarantaine transmettre soudain nos valeurs parentales qui jusqu’alors, leur semblaient indiffèrentes voire inacceptables !

Saint Benoît parle de désobéissance au père, à Dieu en fait. Mais c’est plutôt notre orgueil, notre inexpérience qui nous rendent sourds et aveugles. Telles les expériences des Pères du désert, on acquiert souvent avec l’âge une certaine sagesse. Il nous faut lire leurs délicieux apophtegmes (petits récits souvent malicieux, assortis de sentences, pour se faire comprendre et transmettre leur expérience spirituelle).*

Benoît, comme souvent dans sa Règle mais aussi comme s’est exprimé souvent Jésus, parle par opposition, par contraste : écoute/accueil , effort/lâcheté, obéissance/ désobéissance.

 Notre vie n’est-elle pas tiraillée entre bien et mal, guerre et paix, égoïsme et solidarité … ?

 * Paroles des anciens – Apophtegmes des pères du désert

   Jean-Claude Guy – Ed.Points Sagesse, 1976 – réed. 2000

              

 3 – A toi, qui que tu sois, s’adresse à présent ma parole, à toi qui renonces à tes volontés et prends les armes très puissantes et glorieuses de l’obéissance pour combattre au service du Seigneur, le vrai roi.

Le moine, en entrant au monastère fait vœu d’obéissance à la Règle et à un abbé.

Pour saint Benoît, l’obéissance est le principal outil efficace pour avancer. Tout comme il l’est d’ailleurs à l’armée. A l’époque de Benoît, les hommes sont des combattants et ici, l’association d’idées est parlante. La communauté monastique est une équipe de combattants menée par un chef. Et en toute logique pour que la cohésion se fasse (il s’agit bien d’une vie communautaire, « cénobitique ») il faut obéir au chef, porte-parole du « Seigneur, le vrai roi ».

L’obéissance ne doit pas être un fardeau mais une adhésion totale de l’être. Comme on obéit (on écoute et répond) à celui qu’on aime pour lui plaire, même si cela demande un certain effort.

Le moine cherche Dieu et sa volonté, et pour le trouver il va obéir à sa Parole.

Dieu s’adresse à nous car Il nous aime et souhaite nous transmettre son message de bonheur.

Je dois m’attendre à être dérangé car je vais devoir m’ajuster à la volonté de Dieu et mon combat va être d’abord de renoncer à mes propres volontés, à me libérer de certaines habitudes. Comme un enfant doit obéir à ses parents. Pour son bien dont il ne mesure pas encore l’exigence et l’importance.

Tout au long de la Règle, saint Benoît va revenir à ce point essentiel de l’obéissance. C’est une vertu devenue assez rare de nos jours où on privilégie indépendance et autonomie. Il ne fait pourtant pas bon vivre seul…

Ce n’est pas un hasard si Jésus s’est entouré de douze apôtres et si saint Benoît voit dans la communauté un lieu idéal d’expérimentation de la vie chrétienne.

 Sommes-nous prêts à être dépendants de la volonté d’un autre, du Tout-Autre ?A ouvrir notre cœur pour que la Parole de Dieu s’y enracine ?

 4 – D’abord, en toute œuvre bonne que tu entreprends, commence par lui demander dans une prière très instante qu’il la mène à bien.

                  

C’est une logique que nous ne mettons pas toujours en pratique.

Le matin, Jésus priait. A l’heure de l’office de vigiles, alors que le jour n’est pas encore levé, avant même que toute activité commence, les moines prient. Moment privilégié. « Dieu, viens à mon aide… »

Pour nous ajuster à la volonté et à l’amour de Dieu, il nous faut prendre le temps de Lui soumettre nos projets et d’écouter sa Parole. C’est par une lecture régulière de l’Evangile que nous apprendrons à Le connaître et à laisser l’Esprit nous inspirer le moment venu.

On peut remarquer aussi dans ce verset, que Dieu nous accompagne jusqu’au bout de notre action, « il la mène à bien ».

 Est-ce que je lis l’Evangile ? est-ce que j’écoute et accueille cette Parole ? Est-ce qu’elle habite ma vie ?

5-6-7 - Ainsi, celui qui aura daigné nous compter déjà parmi ses fils n’aura pas un jour à s’attrister de nos mauvaises actions. Car il nous faut, en tout temps, lui obéir au moyen des dons qu’il a mis en nous, pour que jamais, en père irrité, il ne déshérite ses enfants, ni qu’en maître redoutable, courroucé par nos méfaits, il ne livre à la peine éternelle ces très mauvais serviteurs qui n’auraient pas voulu le suivre à la gloire.

                        
                        Trône de grâce - 15e s. Toul - Cathédrale
                                 St-Gengoult. Dieu soutient Jésus en croix.

On sent très fort ici les caractéristiques des relations père-fils telles qu’elles pouvaient exister à l’époque de Benoît, majorées encore par le fait que ce père c’est Dieu. Un père qui s’attriste, qui souhaite être obéi, qui peut déshériter, se fâcher, rejeter l’enfant ingrat. Ce n’est que justice. Mais Dieu est aussi miséricorde.

Dieu a mis en nous des dons et la possibilité de le suivre dans sa gloire. Tout est donné mais reste, pour nous,  à mettre en œuvre notre volonté à l’écouter et à lui faire confiance. Une liberté de dire oui ou non dont nous pouvons rendre grâce, mais qui ne sera pas sans conséquence.

Suivre le Christ a ses contraintes mais les relations d’amour et d’amitié entre humains n’en ont-elles pas pour être vraies ? Aimer est souvent un élan naturel, spontané mais qui ensuite se cultive, s’entretient, souffre parfois pour progresser. Il peut traverser des nuits et des ravins. Les tentations sont parfois vives d’abandonner. Rien d’anormal. Dans les couples, les tentations sont fortes de nos jours, de prendre la fuite et d’aller voir ailleurs si l’herbe y est plus verte.

Mais des moyens, parfois imperceptibles, nous sont donnés pour franchir les obstacles, retrouver la fidélité et la persévérance. Benoît s’offre à nous comme un maître à l’école du Seigneur.

 Comment, dans ma vie, je m’efforce de faire grandir mon amour pour mon conjoint, mes enfants, mes frères si je vis en communauté ? Repèrer ma principale difficulté et faire un pas dès aujourd’hui pour l’alléger… Qui peut m’aider ?
Ma relation à Dieu s’effrite ? Je trouve quelques minutes pour me mettre en sa présence. En silence ou avec ces quelques mots : "Mon Dieu, viens à mon aide…"

8Levons-nous donc enfin, stimulés par l’Ecriture qui nous dit : «  L’heure est venue pour nous de sortir du sommeil. » (Rm 13,11)

9 Les yeux ouverts à la lumière divine et les oreilles attentives, écoutons cet avertissement que la voix de Dieu nous crie chaque jour :

10 - « Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, ne durcissez pas votre cœur. » (Ps 94,8)

11 – Et encore : « Que celui qui a des oreilles entende (Mt 11,15) ce que l’Esprit dit aux Eglises. » (Ap 2,7)

12 - Et que dit-il ? « Venez mes fils écoutez-moi et je vous enseignerai la crainte du Seigneur. » (Ps 33,12)

13 – Courez tant que vous avez la lumière de la vie, de peur que les ténèbres de la mort ne vous surprennent. » (Jn 12,35)

                                                      
                                                    Abbaye de Tamié

 Dieu nous parle. Cela peut surprendre en effet. L’ai-je déjà vu ? Entendu ? Saint Benoît va, dans ces versets d’introduction à sa Règle, attirer notre attention sur nos sens : la vue, l’audition.

Les textes de la Bible, l’Ecriture, ne sont pas une parole morte, mais une parole vivante qui s’adresse à nos yeux et nos oreilles. Tirés de notre sommeil , de nos aveuglements et de nos surdités volontaires ou involontaires, la Parole de Dieu peut nous (re)mettre en marche.

L'entendre est déjà une belle chose, l’écouter avec le cœur ouvert est encore mieux.

Qui parle ? L’Esprit de Dieu qui, si nous l’accueillons, va nous enseigner la route à suivre et surtout l’amour du Seigneur pour les hommes.

La crainte n’évoque bien sûr pas la peur, mais le respect, l’admiration et l’humilité.

Et cette Parole de Dieu, dit saint Benoît, est pour aujourd’hui. Si nous prêtons l’oreille aux évènements de ce jour, nous l’entendrons. Une question, un service à rendre, un sourire….

Nous disons souvent que le temps passe bien vite, surtout quand on avance en âge. Alors oui, écoutons saint Benoît qui nous presse à ne pas remettre au lendemain ce qui peut être fait le jour même.

 En ce moment, où je suis en train de lire cette invitation de Benoît, Dieu ne me parle-t-il pas ?

Oui, Seigneur, je t’écoute… Montre-moi ce chemin de vie … Tu es Parole, Lumière et Vie.

14 - Et le Seigneur, cherchant son ouvrier dans la foule à qui il lance ces appels, reprend : 

15 - "Quel est l'homme qui veut la vie et désire voir des jours heureux ? 

16 - Si, ayant entendu, tu réponds : "Moi", Dieu te dit :

17 - "Veux-tu avoir la vraie vie, la vie éternelle ? Alors garde ta langue du mal et fais le bien; recherche la paix et poursuis-la."

Nous cherchons Le Seigneur mais lui aussi nous cherche. Dans une foule, ce n'est pas toujours facile de croiser le bon regard. Mais l'appel est pour tous. Cela se vérifie dans la question posée au v.15. En effet, tout homme veut la vie et désire voir des jours heureux.

C'est bien l'aspiration de tout homme à l'est comme à l'ouest, au nord comme au sud. Mais tout homme n'envisage pas le bonheur de la même façon. A quel bonheur aspirent des immigrés campant depuis des jours dans le désert ? A quel bonheur aspire l'homme riche qui n'est pas aimé ou le malade en fin de vie ?

Il nous faut "entendre" la Parole de Dieu et qu'elle touche notre coeur. Aujourd'hui, qu'est-ce que "moi" j'attends de la vie? Au v.17, Dieu pose sa question plus précisèment : la "vraie" vie, la vie "éternelle". Voilà qui est plus difficile à saisir. Alors le Seigneur, par la bouche de Benoît se fait plus concret, avec des mots accessibles à tous : "Garde ta langue du mal et fais le bien, recherche la paix et poursuis-là". 

On perçoit déjà bien ainsi la bonté de Dieu, l'espérance qui nous est proposée ("si tu veux") d'une vie heureuse et les choix entre bien et mal ainsi que la persévérance que cela nécessite. C'est tout à fait à notre portée humaine. Et si oeuvrer à la paix, c'était déjà rencontrer Dieu ?

        " Qui donc aime la vie  et désire les jours où il verra le bonheur ?                           
           Garde ta langue   du mal et tes lèvres des paroles perfides.
         Evite le mal, fais ce qui est bien, poursuis la paix, recherche-la  ."   

       
      Ps 33, 13-15    

18 – « Faites ainsi et mes yeux seront fixés sur vous, je prêterai l’oreille à vos prières, et avant même que vous m’invoquiez, je vous dirai : Me voici. » (Isaïe 58,9)

19-20 – Quoi de plus doux , frères bien-aimés, que cette voix du Seigneur qui nous invite ? Voyez avec quelle tendresse le Seigneur nous indique la route de la vie !

On pourrait s’attendre de la part d’une règle de vie à une certaine froideur, à de la rigidité. On voit ici que ce n’est pas le cas selon  saint Benoît. Sa sensibilité traduit la tendresse de Dieu qui l’habite. Et c’est bien ainsi qu’il nous faut vivre dans l’attention à l’autre (je prêterai l’oreille…), l’anticipation à ses désirs (avant même que…), l’invitation sans forcer (le Seigneur invite), et avec douceur et  tendresse.          
Quelle image avons-nous de Dieu ? Celle d’un juge, d’un père, d’un frère ? Notre vie cherche-t-elle à s’ajuster aux qualités du Seigneur ?


                               
                              Le Bon Pasteur – Nancy, basilique StEpvre

21 - Sanglés du ceinturon de la foi et de la pratique des bonnes actions, sous la conduite de l'Evangile, suivons donc ses chemins pour obtenir de voir dans son royaume, celui qui nous a appelés.

Avec Jésus, nous marchons en quelque sorte en tandem. L'un ne va pas sans l'autre. Il nous faut nous équiper avec une vraie préparation à la marche et au "combat". Croire d'abord en Jésus, en son amour et en son message qui est l'Evangile. Le lire et le relire donc. Et nous efforcer de suivre les chemins sur lesquels il nous invite à marcher avec lui . C'est la pratique. Se sentir appelé sur tel chemin plutôt qu'un autre . Quels sont 
mes aspirations,  mon tempérament, ma vocation ? Il ne s'agit pas de réaliser un rêve mais bien de trouver sa juste place. Se faire aider peut être bienvenu.

 22 – Si nous voulons habiter dans l’intérieur de ce royaume, il faut y courir à force de bonnes actions, sinon nous n’y parviendrons jamais.

« Si nous voulons » : notre volonté est en jeu. Benoît insiste à travers sa Règle, sur notre liberté. L’amour de Dieu ne s’imposera pas à nous. Et « il faut y courir à force de… » souligne bien l’effort, l’énergie qu’il sera nécessaire de fournir pour parvenir à ce but. L’engagement dans un amour humain a d’ailleurs les mêmes caractéristiques : c’est un grand bonheur donné mais qui se gagne aussi tout au long de la vie. Les statistiques actuelles sur les divorces et séparations sont bien pessimistes concernant les efforts dont l’homme (la femme)  est capable… Si la grâce de Dieu est la source d’énergie vitale, nos «  bonnes actions » ont aussi toute leur importance. Saint Benoît va nous les détailler.

             

23 - Mais avec le prophète interrogeons le Seigneur en lui disant : « Seigneur qui habitera dans ta demeure et qui aura son repos sur ta montagne sainte ? » (Ps 14,1)

Le disciple peut s’interroger légitimement sur les conditions d’accès à un royaume qui lui semble inaccessible telle une haute montagne. Saint Bernard a lui aussi largement développé cette question, cette espérance. Le peuple d’Israël pensait que lui était réservé cette place. Le message de Jésus est tout autre : il s’adresse à tous les hommes. Il n’y met pas de conditions. Simplement, il s’agit de suivre la voie qu’il nous trace et d’adhérer librement à cette façon d’être et de vivre qu’il propose. Porte-parole (Verbe) de Dieu, nous pouvons faire confiance aux conseils du Seigneur, repris ici par saint Benoît.

24 - A cette question, frères, écoutons la réponse du Seigneur qui nous montre la route de cette demeure :

25 – C’est celui dont la conduite est sans reproche et qui pratique la justice ;

26 – qui dit la vérité du fond du cœur et n’use pas de sa langue pour tromper ;

27 – qui ne fait du mal à personne et n’admet rien qui fasse tort au prochain. » (Ps 14, 2-3)

                                                      

On dépasse l’obéissance à des lois, à des commandements pour entrer dans un langage et un comportement d’amour et de justice  envers le prochain . Chaque conseil est souligné par la radicalité du propos : « sans reproche », « du fond du cœur », « à personne », « rien »… L’engagement chrétien est sans compromis. Oui, la montagne peut être, certains jours, difficile à gravir.  Mais faire le bien en toutes choses n’est-il pas un beau projet de vie ?                         
  
28 Quand le diable lui suggère quelque mauvais dessein, il le rejette, lui et sa suggestion, loin des regards de son cœur, il le réduit à rien et, saisissant à peine nées les pensées diaboliques, il les brise contre le Christ.

                                  

                                              Kiev- La Grande Laure © D.G

 Chacun des mots de ce verset sont très forts, très significatifs. Ils soulignent bien le combat qui se joue entre le diable et nous. La rectification récente du Notre Père , « ne nous laisse pas entrer en tentation » reprend bien cette idée. Il n’y a aucun péché , ni aucune honte à être tenté. Jésus lui-même l’a été au désert, au Jardin des Oliviers. Notre vie humaine est ainsi faite que nous avons sans cesse à faire des choix pas seulement entre le bien et le mal mais aussi entre le bon et le meilleur. Cela peut toucher de petites choses (le jeûne par exemple) mais qui ne fait pas d’efforts sur de petites choses n’en fera sûrement pas sur de plus grandes. Mais il y a aussi des choix cruciaux, déterminants pour notre vie ou pour celles de nos frères. Comme dit Benoît « loin des regards de [notre] cœur » , c’est-à-dire tout à fait incompatibles avec l’amour de Dieu que nous proclamons.  Le « diable », quelque soit la façon dont nous nous le représentons, est habile, les tentations parfois si fortes que nous y cédons. D’ailleurs Benoît conseille de ne pas les laisser nous envahir, il faut « les saisir à peine nées », comme la mauvaise herbe. Relire sa vie régulièrement à la lumière de la Parole va nous aider à nous recentrer sur Dieu, à prendre conscience de nos dérives, à briser contre le roc qu’est le Christ tout ce qui nous empêche d’être bons, d’être enfants de Dieu. Il nous suffit de le vouloir du fond du cœur et la grâce de Dieu fera le reste.  Essayez et vous verrez !   

  
29 - Il est de ceux qui, craignant le Seigneur, ne s’enorgueillissent pas de leur bonne conduite et qui, estimant que le bien même qui se trouve en eux n’est pas en leur pouvoir et vient de Dieu, glorifient le Seigneur agissant en eux et disent avec le prophète : «  Ce n’est pas nous Seigneur, ce n’est pas nous, mais à ton nom qu’il faut donner la gloire. » (Ps 113)  L’apôtre Paul non plus ne s’attribuait rien à lui-même de sa prédication et disait : « C’est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis. » (1Co 15,10) Et il disait encore : « Que celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur. » (2Co 10,17)

Au chapitre 7 de sa Règle, saint Benoît va développer une des qualités majeures qu’il attend de ses moines : l’humilité. Dans ce verset 29 du Prologue les bases sont déjà posées. Nos actions, si bonnes soient-elles, ne doivent pas être pour nous une occasion de fierté mais celle de remercier le Seigneur de nous avoir permis d’agir bien. Cela ne va pas de soi et saint Benoît pousse ici l’attitude du chrétien à l’extrême. Rendre gloire à Jésus pour tout, c’est viser haut et nous n’y parviendrons pas sans peine. Il y a des fiertés méprisantes, il y en a d’autres qui sont des joies pures. Ce qui, dans ce cas, n’exclut pas le bonheur qu’on peut en éprouver. « Un saint triste est un triste saint » ! Oui, réjouissons-nous d’être capables de faire le bien et de le devoir à la grâce de Dieu.                           
                               

33- Le Seigneur dit aussi dans l’Evangile (Mt 7,24-25) : « Celui qui écoute mes paroles et les accomplit, je le comparerai à un homme sage qui a bâti sa maison sur le roc ;

34 - les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont rués sur cette maison ; mais elle n’est pas tombée, car elle était fondée sur le roc.

               

Image de la maison bâtie sur le roc, bien connue et très parlante, compréhensible par tous.  Nous savons combien parfois des choses futiles nous importent. Un chrétien engagé doit souvent faire face à d’innombrables « futilités » : un jugement, une déception, une humiliation, beaucoup de choses matérielles à gérer etc… qui peuvent lui faire baisser les bras. Les tumultes actuels dans l’Eglise nous amènent aussi à revoir la solidité de notre foi. Non pas une foi aveugle mais une foi qui ne se laisse pas duper, par exemple, par le cléricalisme et s’enracine véritablement en Dieu. Nous sommes bien dans un temps d’épreuve certes, mais aussi de  purification et de vérité.

35 – Finalement, le Seigneur attend de nous que, chaque jour, nous répondions par des actes à ses saintes leçons.

36
– Aussi est-ce pour la correction de nos vices que les jours de cette vie nous sont concédés comme un sursis ;

37 – L’Apôtre le dit : «  Ne sais-tu pas que Dieu patiente afin de t’amener à la pénitence ? » (Rm2,4)

38 – Car, dans sa bonté, le Seigneur dit : «  Je ne veux pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse et qu’il vive. » (Ez 18,23 ; 33,11)


                                             


 
Notre « maison commune » tout comme notre vie propre sont fragiles. Nous le savons bien. D’où la nécessité de les consolider. Les « saintes leçons », c’est la lecture quotidienne de la Parole de Dieu, la méditation pour l’assimiler, la prière. D’où vont découler nos « actes ».

C’est un lien qui n’est pas toujours fait de façon évidente. Il nous faut apprendre à mettre en harmonie ce que Jésus nous invite à vivre et le quotidien de nos jours.

« T’amener à la pénitence… » : c’est prendre conscience peu à peu de nos faiblesses, de nos erreurs en vue de les corriger pour consolider nos vies dans une juste et solide direction. C’est bien ce que tous parents responsables font dans l’éducation de leurs enfants.

A plus forte raison, Dieu Notre Père nous enseigne par Jésus, la route à suivre, les terrains à désherber, les champs à semer. C’est vrai que nous allons éprouver là, au début, une certaine contrainte. Il est difficile de changer nos habitudes, les mauvaises comme les bonnes. Dieu va nous demander parfois de faire table rase pour nous reconstruire. Voilà la conversion.

Dieu ne veut en aucun cas nous écraser mais au contraire, « dans sa bonté » que nos vies s’épanouissent pleinement.

Alors « veux-tu être heureux ? »
 

39 -  Quand nous avons interrogé le Seigneur, frères, pour lui demander qui habitera dans sa demeure, nous avons entendu les préceptes à observer pour y habiter ; encore nous faut-il remplir cette obligation.

40 - Préparons donc nos cœurs et nos corps à mener le combat de la sainte obéissance aux commandements ;

41 - et pour ce qui est impossible à notre nature, prions le Seigneur de bien vouloir nous venir en aide par sa grâce.     

                                                    
                             Statue-reliquaire de St Ours
Metz- Musée de la Cour d’Or – Exp.Splendeurs du christianisme (2019)

Il est intéressant de souligner l’association indispensable entre notre cœur et notre corps. Pour agir en vérité, il est nécessaire d’adhérer vraiment , du fond du cœur, à ce parcours exigeant. La nécessité d’ « obéir » peut sembler contraignante de nos jours où la liberté s’impose. Mais cette « sainte obéissance » (seul endroit de la Règle où l’obéissance est sainte) doit être mieux comprise comme un désir de tout mettre en œuvre pour répondre à l’amour de Dieu. Oui, il va peut-être falloir lutter contre notre propre volonté. Oui, il va falloir faire face à nos limites. Mais Benoît le dit bien , la lutte devient parfois impossible, « car je sais que le bien n’habite pas en moi, c’est-à-dire en l’être faible que je suis. Certes le bien existe en moi, mais non la capacité de l’accomplir. En effet, je ne fais pas le bien que je veux et je fais le mal que je ne veux pas. »  (Rm 7, 18-19)

Et avec humilité, il nous faut donc demander l’aide de Dieu. Donc prier et croire en la grâce.

42 – Si nous voulons échapper aux peines de l’enfer et parvenir à la vie éternelle

43 – tant que nous sommes encore dans le corps et que nous pouvons ainsi à la lumière de cette vie accomplir tout cela,

44 – il nous faut courir et faire maintenant ce qui nous profitera pour l’éternité.

Croyons-nous à l’enfer ? Sinon, sans doute nous ne craignons rien. Mais alors que penser de la vie éternelle ? Voilà deux lieux à propos desquels nous imaginons beaucoup mais savons peu de chose. Quand Jésus parlait à ses disciples, la vie éternelle était un état plutôt qu’un lieu, même si nous nous le représentons comme un paradis. Celui d’Adam et Eve ? Voulons-nous parvenir à la vie éternelle ? Répondre à cette question oriente notre vie vers rien, vers la mort,  ou vers un monde de béatitudes.

45Voilà pourquoi nous allons fonder une école du service du Seigneur.

46 - En l’organisant, nous espérons n’y rien établir de rigoureux, ni rien de pesant.

47 -  Pourtant s’il s’y présentait un peu de contrainte, dictée par un juste motif, pour corriger les vices et sauvegarder la charité,

48 - n’allons pas épouvantés, fuir aussitôt le chemin du salut dont l’entrée est forcément étroite ;

49 - car avec le progrès de la conduite et de la foi, le cœur se dilate et c’est dans une ineffable douceur d’amour que l’on court sur le chemin des commandements de Dieu.

Ce terme d’ « école » a souvent été souligné dans les commentaires de la Règle. Il traduit en effet la qualité de celui qui s’engage à la suite du Christ, comme étant un apprenti, tel l’écolier qui, en classe, avec l’aide d’enseignants, va apprendre à écouter, à lire, à comprendre, à respecter, à corriger ses erreurs. Parcours parfois difficile, contraignant, parfois gratifiant où on voit les progrès, la joie de découvrir et de grandir. Il en est de même pour tout disciple et la Règle de saint Benoît est un bon outil éprouvé depuis des siècles. Ceux qui la connaissent bien, aiment cette règle soufflée à Benoît par l’Esprit, mais qui est aussi pour eux un cadre, une sécurité, un appui. Sur un chemin de montagne, il n’est pas recommandé de partir sans carte, sans GPS, ni seul. Nous avons besoin de compagnons et de frères. A l’heure où le pape François réinsiste sur l’importance de la Parole de Dieu, où l’œcuménisme nous invite précisément à nous rejoindre sur ce point qui nous rassemble, laissons notre cœur se dilater à l’écoute de cette Parole qui peut conduire  et éclairer nos vies.

Le temps de l’Avent approche. Cela peut être un bon moment dans nos paroisses, nos communautés pour (re)commencer à plusieurs un chemin toujours neuf où Dieu nous appelle à la conversion, à la persévérance, chemin d’amour et de salut.

50 – Ainsi, ne nous écartant jamais de son autorité et persévérant dans son enseignement au monastère jusqu’à la mort, nous participerons par la patience aux souffrances du Christ pour obtenir d’être associés aussi à son règne. Amen.

Il est clair que notre chemin sur terre sera jusqu’à notre mort une recherche, une quête de Dieu. Cela demande obéissance à sa volonté, une écoute persévérante et patiente de sa Parole. Notre participation aux souffrances du Christ est bien de vivre au cœur d’un monde constamment déchiré, en guerre, face à la pauvreté, la solitude de tant d’hommes, de femmes, d’enfants. Face à une Eglise en souffrance. Face aussi à notre propre impuissance, à nos infidélités. Nous pouvons un peu comprendre la souffrance du Christ dont le message est si mal reçu. Mais nous pouvons voir aussi quel bonheur et quelle lumière il apporte. Ne baissons pas les bras, ne laissons pas nos cœurs dépérir.

                                            

Comme y insiste le pape François, l’Eglise n’est certainement pas un modèle de sainteté mais elle peut être un témoin de la charité, de l’amour aux plus pauvres d’entre nous. Elle peut être un moteur dans la sauvegarde de la création. Même à travers nos faiblesses, elle peut témoigner de sa foi en un Dieu qui aime l’homme et l’invite au vrai bonheur.

DG

 

 

 

 

 

 

                                                                                              


 


Mise à jour : Dimanche 20 Septembre 2020, 16:37
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Dimanche 24 Septembre 2017

Saint Benoît

Un livre + un CD

  Saint  Benoît

Jacques de GUILLEBON

 Coll. Les grandes figures de la spiritualité chrétienne
 Livre +  CD (textes lus par Michael Lonsdale)

Ed. Presses de la Renaissance, 2016
133 p. – 9,95 €

            

 Ce livre sur saint Benoît (vers 480-vers 543) s’inscrit dans une nouvelle et intéressante collection, proposée par Le Figaro, de 40 grands noms de la spiritualité chrétienne.

 Belle couverture solide et attrayante représentant un portrait du saint. Chaque livre se décompose en quatre grandes parties : la vie, le message, l’héritage, les textes emblématiques auxquelles s’ajoutent quelques annexes utiles (bibliographe, dates, abécédaire…). A ce livre est associé un CD  de textes lus par Michael Lonsdale qui prête sa voix profonde et posée, aidant le lecteur dans sa découverte de la foi de ces hommes connus pour la force de leur foi.

 De lecture aisée, agrémentée de photographies en couleur, ce livre résume plutôt bien la vie (avec son incontournable « légende dorée »)  et la spiritualité de saint Benoît. Après la vie retracée, quelques pages soulignent la dimension prophétique du message de Benoît et l’importance de sa célèbre Règle dont l’usage s’est généralisé dès le 9°siècle et jusqu’à aujourd’hui dans les monastères bénédictins et cisterciens.

 C’est un bon premier contact audio-visuel qui donne envie d’en savoir plus sur saint Benoît mais aussi sur d’autres grandes figures de la spiritualité chrétienne tels saint François, saint Augustin,  Mère Teresa, Luther, Jean XXIII, Marthe Robin … Reviendraient-ils au goût du jour ? Voilà une bonne nouvelle.

 Extraits

 "Comment le jeune homme, voire l’adolescent, qu’il est peut-il manifester une telle force de caractère … qu’il décide de tout quitter et de gagner des lieux retirés, où nulle gloire ni richesse ni grandeur ne l’attendent plus ? Bien malin qui saura en donner les causes chez un Benoît que les sources trop rares ne nous dépeignent guère dans sa psychologie. On a le sentiment d’une force supérieure, soit de caractère propre, soit venue de plus loin, soit plus certainement des deux conjointes, qui le meut. Le cas n’est pas exceptionnel parmi les grands saints chrétiens, depuis les pères du désert à la suite d’Antoine et de Pacôme, et on le verra se répéter chez d’autres admirables fondateurs, comme saint Bernard et saint François." (p.15-16)

 «  Ecoute ô mon fils, l’enseignement du maître, ouvre l’oreille de ton cœur… Avant tout, quand tu commences à faire quelque chose de bien, supplie le Seigneur, par une très ardente prière, de conduire lui-même cette action jusqu’au bout»
 Prologue de la Règle de saint Benoît

 DG
13.09.2017

Mise à jour : Dimanche 20 Septembre 2020, 16:55
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Vendredi 07 Octobre 2016

Règle de saint Benoît

 Règle de saint Benoît
Texte intégral et introduction

Dom GUILLAUME
Moine cistercien trappiste

Petite bibliothèque monastique Salvator, 2016
150 p.

                

 Dom Guillaume est abbé émérite de la Trappe du Mont-des-Cats dans le Nord de la France.

 De nombreux livres sont parus sur le thème de la Règle de saint Benoît, texte intégral (diffèrentes traductions toujours intéressantes à comparer) et commentaires divers.

Dom Guillaume a d’ailleurs écrit en 2006 sur cette Règle  un commentaire fort intéressant exploité dans bien des communautés de moines, moniales ou laïcs qui apprécient son style direct et très actuel :
« Sur un chemin de liberté – Commentaire de la Règle de saint Benoît jour après jour » - Ed. Anne Signier 2006

C’est donc avec une certaine curiosité qu’on se plonge dans ce nouveau document . Quoi de neuf ?

Le premier tiers de ce livre est occupé par une introduction tentant de préciser les origines de la vie monastique et de cette Règle fruit de plusieurs règles l’ayant précédée. La lecture de cette genèse est un peu complexe et, se voulant détaillée, nous perd parfois en chemin mais elle a le mérite de souligner les différentes étapes au fil de l’évolution de la vie monastique d’abord érémitique puis davantage cénobitique. Chaque monastère avait aussi son coutumier qui, comme son nom l’indique, met par écrit les us et coutumes particuliers de chaque communauté et auxquels la Règle s’apparente dans certains chapitres.

La vie de saint Benoît , brièvement évoquée, replace sa Règle dans son histoire et son contexte. Tout cela se passant avant l’an mil, des zones restent obscures et la Règle du Maître restera sans doute toujours anonyme. Mais Dom Guillaume nous livre ici une bonne synthèse des recherches sur ce sujet.

La suite du livre nous offre le texte intégral de la Règle choisissant l’excellente traduction de Solesmes. On apprécie aussi , en fin de volume les références bibliques et le riche index qui peut être fort utile.
On peut lire aussi du même auteur :

           

 DG

 Extraits

 -         Vers la fin du IV°siècle, il y a donc une crise de ce premier monachisme occidental qui va provoquer l’apparition des règles, dont le but est non seulement de structurer la vie pratique, mais aussi de préciser les normes et la spiritualité. La Règle de saint Benoît s’inscrit dans ce processus de codification. (p.32-33)

-          La Règle du Maître était dominée par les notions d’ordre et de mérite, la Règle de saint Benoît est centrée sur la notion de salut, avec une vision médicinale et pâstorale…La Règle bénédictine est plutôt orientée vers le but terrestre du progrès intérieur et la valorisation de la vie spirituelle en ce monde. (p.45)

-         La synthèse monastique attire et fait des envieux, jusque dans les grandes entreprises qui regardent Benoît et sa Règle comme des précurseurs des principes du management. (p.57)

 

Mise à jour : Dimanche 20 Septembre 2020, 16:58
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Mardi 11 Février 2014

Introduction à la Règle de Saint Benoît - Programme de formation

CASEY (Michaël), ocso - TOMLINS (David) ocso

 Ed. La Tradition, source de vie 3

Abbaye de Bellefontaine, 2013

349 p.

                     

Pour toute personne qui goûte et pratique la Règle de saint Benoît, voici un bel outil de travail comme cela est clairement indiqué dans le titre de ce livre.

 Ce livre qui s’adresse en priorité aux religieux débutants n’est pas vraiment une initiation à la Règle pour quelqu’un qui n’en connaîtrait rien car, pour naviguer à l’aise, il vaut mieux l’avoir déjà lue, la connaître un peu ainsi que le mode de vie quotidienne à laquelle elle s’applique.

 La progression proposée n’est pas chronologique mais se fait par thèmes, ce qui veut dire qu’on peut en faire une lecture partielle pour y revenir ensuite sur un autre sujet. Mais évidemment tout se tient : obéissance, humilité, silence, prière…

A chaque page, à chaque affirmation l’auteur fait référence à la Règle, à celle du Maître et à celle de Benoît. Des liens sont faits aussi avec  Cassien, Saint Augustin, Evagre ou de Vogüe et le Nouveau Testament bien sûr. Chaque chapître propose une bibliographie précieuse de « sources primaires et secondaires ».
La table des matières très détaillée avec titres et sous-titres permet de naviguer au gré des besoins, rappelant aussi les chapîtres de la Règle concernés.

 Ce qui fait l’intérêt particulier de ce livre, outre bien sûr le travail de lecture, d’approfondissement  et de « devoirs » (à la fin de chaque chapître) qu’il propose , c’est le désir de relire la Règle en soulignant le contexte dans lequel elle a été écrite et surtout l’initiative de bousculer un peu ce qui pourrait la rendre trop rigide et impraticable aujourd’hui. Cela se vit déjà ainsi bien sûr espérons-le dans la plupart des monastères mais cela fait du bien de le voir écrit noir sur blanc. La question est clairement posée :

«  Quelle interaction peut-il y avoir entre la fidélité à une Règle écrite au sixième siècle et une réponse appropriée au monde réel d’aujourd’hui ? » (p.14)

Il faut apprendre à goûter cette Règle ou plutôt à l’écouter. « Elle n’a pas réponse à tout, mais elle peut parfois nous aider à trouver ce que nous cherchons. » (p.20)

 Pour le lecteur non-moine, cette lecture est une belle plongée aussi dans la vie monastique, où à travers les joies et exigences du quotidien , s’exprime un amour pour Dieu sans réserve. Le bonheur du moine c’est d’aimer Dieu en le cherchant. L’artisan passionné attache une grande importance à sa boîte à outils. Il n’est pas faux de dire que sans elle, il serait perdu. De même peut-être la Règle pour le moine …

 Extraits.

L’obéissance aux supérieurs.
Etre prêt à accepter une direction humaine… c’est l’épreuve de la pratique [de l’humilité]. Il est assez facile de promettre obéissance à la volonté de Dieu non formulée ; il n’est pas trop difficile d’accepter les directives papales, tant qu’elles sont en latin et pas trop fréquentes. Le véritable test de sincérité de notre soumission est notre volonté ou même notre empressement à mettre de coté nos propres plans à la demande d’un autre qui se trouve à proximité, constamment, et que l’on entend. Benoît reconnaît que le signe le plus ordinaire de conformité à la grâce est la volonté de changer nos vies à la requête d’un autre.  (p.79)

 La stabilité.

Pour Benoît, la stabilité est une qualité très active, et pas une simple persévérance passive dans la routine monastique. [ c’est vrai aussi pour tout chrétien].
La stabilité comprend les idées de persévérance, de fermeté, de constance dans la décision, de fidélité et d’obéissance…. Elle comporte la nuance de fidélité en lien d’abord aux personnes, et non pas d’abord à un lieu.
(p.125)

                          

 On peut rappeler aussi ici la belle lecture très actuelle que Dom Guillaume JEDRZEJCZAK fait « jour après jour » de la Règle de saint Benoît.

 

D.G

Mise à jour : Dimanche 20 Septembre 2020, 17:08
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