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Le Carême

Le Carême

 Eclairages sur le Carême...

A partir du livre « Le Carême et le mystère pascal – Mémoire et actualisation . » Ed. Salvator 2020

                                              

 

Le Carême commémore l'oeuvre de salut accomplie par Jésus-Christ dans sa montée vers Jérusalem, où il meurt pour nous réconcilier avec le Père et où il ressuscite pour entrer dans la gloire du Père et nous faire participer à sa vie divine.


Dès les premiers siècles, le temps du Carême, qui constitue un temps fort de la préparation au baptême par les catéchumènes, est marqué par l'esprit d'ascèse, de prière, de générosité à l'égard des pauvres.

Mais les baptêmes des petits enfants se généralisent, ce qui fait qu'ils ne sont plus précédés de catéchuménat. Le Carême va mettre davantage l'accent sur les pratiques de pénitence et de piété.

A partir de la Renaissance s'affirme un mouvement d'hostilité grandissante au jeûne du Carême. Au XX°s., l'Eglise motive de façon plus positive les chrétiens dans leur aspiration à participer au mystère du salut. Les baptêmes d'adultes augmentent avec un besoin de ressourcement spirituel.

« Nous portons en nous un trésor, dans des vases d'argile. » (2Co 4,7).

On pourrait dire aussi qu'au plus profond de nous-mêmes, nous portons l'image de Dieu.

Origine et évolution du Carême

Le mot « Carême » vient du latin « quadragesima » c'est-à-dire 40 jours.

La dénomination « Triduum pascal » date des années 1930 : du soir du jeudi saint au dimanche de Pâques.

Au 3° et 4° s., le temps de jeûne était de deux jours pour certaines églises, d'autres le faisaient pendant une semaine. Socrate mentionne qu'à Rome le jeûne durait trois semaines.

Le début du Carême a été fixé assez tardivement au mercredi avant le 6° dimanche de Pâques : c'est le mercredi des cendres.

Le catéchuménat

Le catéchuménat, au sens propre, ne concerne que le groupe de ceux qui se préparaient au baptême. Mais progressivement les pratiques du catéchuménat s'étendirent aux fidèles déjà baptisés, sorte de retraite spirituelle préparatoire à la fête de Pâques.

Ce temps comportait un enseignement destiné à rappeler la doctrine chrétienne sur Dieu, l'oeuvre de salut du Christ, la nature des sacrements. Mais il visait aussi à faire mettre en pratique les commandements, l'amour du prochain, le pardon...

La Didaché (Doctrine des apôtres) qui date probablement du 1er siècle mentionne les éléments fondamentaux de cette catéchèse.

Entre le 3° et le 5°s. , les préparations au catéchuménat s'organisent et le carême est considéré comme un temps particulièrement propice pour l'écoute et la méditation de la Parole de Dieu. Le but est d'acquérir une vue d'ensemble sur le christianisme.

Au Moyen-Âge et à l'époque moderne et jusqu'à notre temps, s'est développée la tradition des conférences et des sermons de Carême.

Vatican II aura le souci de restaurer le catéchuménat, vraie « formation à la vie chrétienne toute entière ».

 Pénitence et réconciliation

Des origines au 4°s. se pose la question de la possibilité d'obtenir, après le baptême, un second pardon des péchés, dans le cas d'une faute grave. Cela suscite évidemment des débats. Les modalités de la pénitence et de la réconciliation seront fixées par les prêtres.

Une cérémonie de réconciliation avait lieu le jeudi saint en présence de l'évêque et des fidèles. Ce système très exigeant était décourageant et certains chrétiens attendaient d'être sur leur lit de mort pour demander le pardon de leurs fautes.

A partir du 7°s. les chrétiens peuvent accéder à la pénitence aussi souvent qu'ils le désirent. Le prêtre utilise un pénitentiel pour fixer les pénitences selon les fautes. Cela a occasionné des dérives et s'est mis en place le système moderne de la confession .Il y a d'un coté la pratique de la pénitence mais aussi l'esprit de pénitence qui conduit à réajuster sa vie (conversion) à l'image de celle du Christ.

 

Le MERCREDI des CENDRES

 

               
                                                                             
 © D.G

 Les lectures du mercredi des Cendres invitent à un effort de conversion, de lutte contre le péché, de pénitence, de pratique du jeûne, de la prière et du partage.

Le but est de « nous rendre plus forts contre l'esprit du mal », d'opter pour le chemin qui mène à Dieu et que « purifiés de nos fautes, nous puissions nous unir à la passion du Christ. »

Le thème des Cendres dans l'Ecriture.

Dans l'Ancien Testament, le terme « cendres » est proche de « poussière » ; il symbolise la fragilité, la précarité de l'homme voué à la mort (Genèse 2, 17-18). Il peut aussi exprimer un sentiment d'humilité.
La cendre est aussi signe de deuil et de pénitence. Face à la détresse ou comme expression de pénitence , « ils jetteront de la poussière sur la tête, ils se rouleront dans la cendre » (Ezéchiel 27,30)

 Le rite des cendres dans l'Eglise primitive et médiévale.

Dans l'Eglise primitive ce rite se rapportait à la notion de pénitence en vue de la rémission des péchés graves, commis après le baptême.

Pendant la période du Carême, les pécheurs publics ayant reçu des cendres sur la tête par le célébrant, devaient quitter le lieu de culte après la liturgie de la Parole.

Puis peu à peu, comme entrée en Carême, l'usage conduisit à imposer les cendres aux catéchumènes puis à tous les fidèles.

Depuis Vatican II, deux formules sont possibles au moment de l'imposition des mains :

  • « Souviens-toi que tu es poussière et tu retourneras en poussière. » (Genèse 3,19)

  • «  Convertissez-vous et croyez à l'Evangile. » (Matthieu 1,15)

Donc, avoir conscience de son péché, avoir un sentiment d'humilité devant Dieu que nous avons offensé, et faire effort de conversion, de renouvellement intérieur.

Cela répond à un désir d'intensifier les relations personnelles avec Jésus-Christ, en vue d'une plus grande participation au destin du Christ mort et ressuscité, à laquelle justement le Carême prépare.

Démarche positive et de confiance qui doit aider à prendre conscience de la puissance créatrice et recréatrice de Dieu qui est capable de nous faire accéder à une vie nouvelle, alors que les apparences semblent nous vouer à la mort et à la dissolution. (méditation de Karl Rahner sur « l'homme-poussière »)

 «  L'expérience de la mort... ce mouvement vers le bas qui nous fait communier dans la foi à la descente du Christ jusqu'à la poussière de notre terre est devenu un mouvement vers le haut, une montée avec le Christ au-dessus de tous les cieux... Le chemin de notre rédemption passe au cœur de la chair et de la poussière. »

(Karl Rahner - « Le mercredi des Cendres »)

  

Pour avancer dans la lumière au long de ce Carême

Conduis-moi, douce Lumière,

à travers les ténèbres qui m’encerclent.

Conduis-moi, Toi, toujours plus avant !

La nuit est d’encre et je suis loin de ma maison.

Conduis-moi,

Toi, toujours plus avant.

 

Garde mes pas :

je ne demande pas à voir déjà ce qu’on voit là-bas :

Un seul pas à la fois, c’est bien assez pour moi.

Je n’ai pas toujours été ainsi

et je n’ai pas toujours prié pour que tu me conduises,

Toi, toujours plus avant.

 

Si longtemps ta puissance m’a béni :

Sûrement elle saura encore me conduire

toujours plus avant par la lande et le marécage,

sur le rocher abrupt et le flot du torrent

jusqu’à ce que la nuit s’en soit allée…

 

Conduis-moi, douce Lumière,

conduis-moi,

Toi, toujours plus avant !

 

                                                                Bx Cardinal Newman


Les pratiques de pénitence : jeûne, prière, partage.

- Jeûne.

Ces pratiques n'ont pas une fin en soi et il y a eu bien des dérives . Jésus lui-même l'a remarqué. Par exemple : « Si tu jeûnes, fais-le dans le secret. » (Mt6, 16-18).

Dans l'Ancien Testament, le jeûne traduit l'humilité devant Dieu, le sentiment de dépendance, d'abandon total à Dieu. Moïse et Elie jeûnent quarante jours. Le jeûne vise aussi souvent à obtenir le pardon  ou la demande de grâces individuelles ou collectives. Mais il peut aussi être une préparation à une rencontre avec Dieu : Jésus a commencé son ministère après un séjour de quarante jours dans le désert.

C'est une démarche qui apprend les avantages de la maîtrise (interdépendance du corps et de l'âme) mais doit avant tout être intérieure. Pour plaire à Dieu, le vrai jeûne doit aller de pair avec l'amour du prochain, mais il est surtout rattaché à la personne du Christ vainqueur de la mort donc comme un moyen de s'associer à la passion du Christ.

                                                                  * * *

Premier dimanche de Carême : Tentation de Jésus au désert

Les évangiles de Matthieu, Marc et Luc établissent un lien étroit entre le baptême du Christ et le séjour au désert pour un jeûne de quarante jours, durée qui rappelle les quarante années du séjour d'Israël au désert.

Le désert n'est pas nécessairement le lieu où règne Satan, mais plutôt le lieu de la rencontre avec Dieu, le lieu où Jésus prie après une journée harassante, le lieu où Jésus effectue la multiplication des pains.

Le tentateur cherche à détourner Jésus de sa mission et à lui faire renoncer à son obéissance à l'égard de Dieu.

Il l'invite à poser un acte de puissance et à transformer les pierres en pain. Jésus répond :

«  Ce n'est pas de pain seulement que l'homme vivra, mais de toute parole qui vient de la bouche de Dieu » (Deutéronome 8,3)

Satan défie ensuite Jésus de sauter du haut du Temple pour que Dieu le sauve.

«  Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu. », répond Jésus.

Satan lui propose enfin de lui donner tout pouvoir si Jésus se prosterne devant lui et l'adore.

« C'est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras et c'est à lui seul que tu rendras un culte. » (Deutéronome 6,13)

Le diable quitta alors Jésus et les anges le servaient.

La question s'est souvent posée de savoir dans quelle nature, humaine ou divine, Jésus a subi la tentation.

Le parallèle Adam-Christ a fait très tôt son apparition :

«  De même que par la défaite d'un homme, notre race était descendue dans la mort, de même par la victoire d'un homme, nous sommes remontés vers la vie. » (St Irénée)

Certains Pères de l'Eglise ont pensé que le Christ a renoncé à tout triomphalisme et s'est contenté d'exprimer sa confiance en Dieu.
« Le remède qui guérit notre orgueil est l'humilité du Christ... Chemine dans l'humilité pour atteindre l'éternité. » (St Augustin)

 La victoire du Christ sur Satan prouve que celui-ci n'est pas invincible et qu'en réalité la fidélité à Dieu procure la force de résister victorieusement aux sollicitations du tentateur. Comme Jésus, faisons appel à la Parole de Dieu !
 

                                              *  *  *
- Prière.

« Prie ton Père dans le secret et ton Père qui voit dans le secret te le rendra. » (Mt6,6) L'enseignement de Jésus :

  • Dans sa prière, parler peu, ne pas rabâcher mais être à l'écoute

  • Prier le Notre Père

  • Faire confiance en la Providence : ne pas s'inquiéter, outre mesure du lendemain.

    Chercher d'abord le Royaume de Dieu et sa justice.

  • Faire confiance en l'efficacité de la prière.

  • Prier avec les psaumes. Jésus lui-même l'a fait.

Jésus priait en particulier aux moments importants de sa vie. Les premiers chrétiens ont fait de même, ce qui a été source d'inspiration pour la pratique ecclésiale des premiers siècles.

Les écrits de Saint Paul enseignent sur la prière trinitaire : « Tout d'abord, je rends grâce à mon Dieu par Jésus-Christ » (Rm1,8). Et il souligne le rôle de l'Esprit dans la prière qui nous unit au Père et au Fils.

Le terme « prière » est à prendre au sens large de manifestation de la relation personnelle de l'homme avec Dieu qui s'exprime à travers différentes formes : demande, louange, action de grâce, adoration. Cela correspond à des sentiments variés : joie, allégresse, angoisse, détresse, désir . Le psautier reflète très bien ces états d'âme.

La méditation de la Parole de Dieu va aider à trouver des lumières sur la façon d'apporter une réponse croyante aux questions qui se posent au fil de nos vies. La prière, dans ce sens est à la fois contemplation et action.

- Prière exprimant le regret d'avoir péché.

Voir le prophète Daniel 9, 5-6 et le magnifique psaume pénitentiel 50

«  Car mon péché, je le connais,

ma faute est devant moi sans relâche ;

contre toi, et toi seul, j'ai péché,

ce qui est mal à tes yeux, je l'ai fait. »

L'aveu de la faute est logiquement accompagné d'une demande de pardon au Dieu de tendresse et de miséricorde. Celui qui prie ainsi ne se laisse pas aller au découragement.

- Prière pour trouver le bon chemin.

«  Aime le Seigneur ton Dieu, marche selon ses chemins... alors tu vivras. » (Deutéronome 30, 15-16)

D'un coté la vie et le bonheur, de l'autre la mort et le malheur (les deux voies). Apprendre à discerner donc à la lumière de la Parole.

- Prière adressée à Dieu pour qu'il éclaire et illumine.

« Le Seigneur est ma lumière et mon salut » (Ps 27)

« Envoie ta lumière et ta vérité, qu'elles guident mes pas. » (Ps 51)

- Prière pour obtenir « un cœur nouveau »

Voir Ezechiel 36, 25-27

- Prière comme « écoute »

Le temps du Carême nous appelle à écouter le Seigneur.

«  Parle Seigneur, ton serviteur écoute »

- Prière comme méditation qui donne à la Parole de Dieu sa fécondité.

Vivante et efficace est en effet la Parole de Dieu. Et elle donne faim et soif de cette eau qui désaltère et de ce Pain de vie.

« Qui vient à moi n'aura plus jamais faim, qui croit en moi, n'aura jamais soif » (Jean 6, 35)

- Prière comme expression du désir de communion avec Dieu.

«  Je vis, mais ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi. » (Galates 2,20)

Ce désir d'intimité avec Dieu s'est exprimé dès l'Ancien Testament et jusqu'à l'Apocalypse.

- Prière-méditation comme association au cheminement du Christ vers l'évènement pascal de la mort-résurrection.

Les lectures invitent à aller au-delà des apparences pour découvrir qu'à travers l'hostilité rencontrée, s'accomplit le plan du salut de Dieu. La prière chrétienne du temps de Carême porte la marque de la confiance.                                                              


A suivre ...


Mise à jour : Dimanche 21 Février 2021, 10:18
Denyse dans 01 - le CARÊME - Lu 56 fois - Version imprimable
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