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Le Syndrome Tom Sawyer

 Le Syndrome Tom Sawyer

 Samuel ADRIAN

Ed.Equateur Littérature

234 p.

                           

 

Samuel Adrian, 20 ans, dont c’est le premier livre, n’est pas le premier à raconter son expérience d’un pèlerinage ou d’un voyage.  Mais dès le début de son récit, il séduit par sa voix jeune, désabusée, humble aussi par rapport à sa démarche. Son but : Jérusalem. Il part sans argent, avec dans son sac la Bible et le Gai savoir, au gré du vent et des rencontres qu’il ne recherche pas plus que cela. Ce qui lui fait du bien, c’est l’aventure au jour le jour, la solitude (et encore, elle lui fait peur),  l’émerveillement face à la nature. Plus qu’un récit de voyage, il s’agit plus d’un journal intime où il jette sur le papier (plutôt bien), au fil des chemins, ses états d’âme avec une certaine sobriété et décontraction, un œil aiguisé et un doute persistant qu’il espérait peut-être mettre au clair au cours de son périple qui n’a pas dû être tous les jours facile.

 Malheureusement, et c’est peut-être cela notre déception aussi,on constate qu’aucun lieu, aucune rencontre en particulier dans le domaine chrétien, ne l’apaisera. Il semble chercher Dieu, comme malgré lui (on ne renie pas facilement les acquis de l’enfance), mais Dieu lui semble partout absent. Ses interrogations et ses déceptions nous touchent et c’est finalement très sombre. Mais par les temps qui courent, ce n’est pas forcément surprenant.

 D.G

Extraits

-          Ce voyage n’est qu’une redite, je ne suis qu’un vagabond de plus… Sur le chemin de Jérusalem, les montagnes,  les forêts et les étoiles me disent en chœur : « Pauvre fou ! Vas-tu cesser de te croire unique ! Tu n’intéresses personne ! Tu n’es pas une exception ! Tu ne seras jamais qu’une fourmi parmi d’autres. Qu’une fourmi vive ou meurt, que nous importe ? Cesse de t’agiter en tous sens ! Tiens-toi tranquille petite fourmi ! Ta vie n’est qu’un instant dans l’éternité : elle ne compte pas. » Le voyage : une leçon d’insignifiance. (p.75)

-          En guise de musique, j’ai l’appel répété du coucou. En guise de boîte [de nuit], la voûte céleste. En guise de néons, les étoiles. En guise de danseuses, mes pensées. Je fais avec ce que j’ai, et je fais mieux. (p.156-157)

-          Monastère de Latroun … Je parle avec le père hôtelier. Il me dit qu’il a été « séduit par le Christ .» Combien de fois ne me suis-je pas senti « séduit » ? … Mais je ne me laisse pas séduire… Qu’est-ce qui me retient ? Un orgueil d’adolescent, un incurable scepticisme. Je ne peux me départir de cette impression que se convertir, c’est déclarer forfait. C’est ridicule, mais tout cela est normal à vingt-deux ans. Ça me passera. (p.191)

 

 

Mise à jour : Jeudi 27 Juin 2019, 23:16
Denyse dans 01- LIVRES - REVUES - Résumés, extraits... - Lu 1086 fois - Version imprimable
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