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Les Caves du Potala

 Les Caves du Potala

Dai SIJIE

Ed. Gallimard, 2020
186 p.
      

Dai SIJIE, romancier et cinéaste vit en France et en Chine.
Nous avions beaucoup aimé son dernier roman « L'Evangile selon Yong Sheng » (voir recension sur ce blog).

On retrouve dans « Les Caves du Potala » la mise en valeur des pauvres de la société chinoise  ainsi que l'oppression qu'ils subissent de la part des autorités, leurs vies de dur labeur, leur intégrité, leurs croyances. 

L'histoire se passe en 1968, au Tibet, au palais du Potala, ancienne demeure du dalaï-lama. Le héros du roman, Bstan Pa, très âgé, y est emprisonné par de jeunes gardes rouges fanatisés, aux ordres de Mao Zédong. La faute de Bstan Pas est d'avoir donné sa vie à la peinture sacrée. Son talent était dès l'enfance exceptionnel et il fut remarqué par un maître qui l'initia à cet art tibétain et l'aida à progresser jusqu'à approcher les hautes autorités religieuses. Un crime contre-révolutionnaire qui justifie selon l'état chinois, l'emprisonnement du peintre dans les caves du palais.

A la mort du treizième dalai-lama et inspiré par un dessin qu'il avait réalisé, Bstan Pa partit même à la recherche près de Lhassa, de  l'enfant dans lequel il s'était réincarné pour le ramener au monastère.

Enfermé, menacé de tortures, Bstan Pa se replie sur ses souvenirs, la vie à Pékin , celle des lamas, sur un univers de beauté, de finesse que sont les œuvres d'art qu'il a peintes, évoquant souvent la vie quotidienne, la nature, les grands événements religieux. Il évoque un monde d'une grande spiritualité que l'auteur retrace avec une minutie et une profondeur qui nous informent sur cet art mal connu qui saisit tout l'être du peintre dont on admire la grande sensibilité.

D'où le choc qu'on ressent lors de quelques passages qui jalonnent l'histoire, où entrent en scène les gardes-rouges dont leur chef « le Loup », cherche avec une violence inouïe dans les mots et les gestes, à faire avouer par le vieux peintre des crimes odieux qu'il n'a évidemment pas commis.

Le contraste en est d'autant plus fort entre le monde du vieux tibétain , monde méditatif, tout en beauté et la vulgarité sans foi ni loi des révolutionnaires.

La fin de l'histoire est terrible mais s'achève comme un conte où le beau l'emporte sur le mal.

- 15 pages de notes, en fin de volume, donnent des informations fort intéressantes sur les lieux cités, les noms propres, certains évènements ... On les lit évidemment avec grand intérêt.

DG

           Extraits

- Durant leur séjour à Pékin, Bstan Pa avait réalisé une aquarelle où on distinguait, au milieu d'une brume délicate, un parasol jaunâtre, sous lequel se tenait un personnage peint en touches ocre-vermillon. Il était comme suspendu au-dessus des montagnes qui s'échelonnaient en un subtil dégradé, du gris le plus évanescent au noir le plus pur, que le ruban sinueux de la Grande Muraille escaladait de crête en crête à l'infini. (p.64)

- Bstan Pa fit un mélange de gomme et de pigment pour obtenir une couleur légère et translucide, qu'il appliqua sur le toit de la maison...Il décida d'en faire une maison typiquement tibétaine en y ajoutant des drapeaux de prières de couleurs vives flottant au vent. (p.136)

 

Mise à jour : Mardi 6 Octobre 2020, 18:11
Denyse dans 02- LIVRES - REVUES - Résumés, extraits...2016-2021 - Lu 364 fois - Version imprimable
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