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NAGORI

 NAGORI

La Nostalgie de la saison qui vient de nous quitter

 Ryoko SEKIGUCHI

 Ed. P.O.L, 2018 
               

 Ryoko Sekiguchi est traductrice, poétesse et auteure. Originaire de Tokyo, cette amoureuse de cuisine se consacre dans ses écrits à la gastronomie.
Coup de coeur du jury du prix Rungis des gourmets 2019, prix Mange-Livre 2019.

 Le titre du livre « Nagori » n’est guère explicite et discret dans sa présentation, mais il nous rendra peut-être curieux d’en savoir plus. Ce terme japonais est difficilement traduisible en français ; il évoque l’arrière-saison, « la nostalgie de la saison qui vient de nous quitter ». Comme il y a un terme « hashiri » pour le tout début de saison et « sakari » pour la pleine saison.

L’auteur relie avec bonheur, et c’est dans l’esprit japonais, gastronomie et déroulement des saisons avec la valeur de chacune. Et même au Japon, il y a plusieurs saisons à l’intérieur de nos quatre saisons.Valeurs ancestrales qui se perdent aujourd’hui avec le temps qui s’accélère, les distances qui sont amorties par les moyens de transport rapides qui nous font manger des fruits exotiques en toutes saisons et le lendemain de leur cueillette.

Faut-il vraiment manger des fraises à Noël ?

Ce livre inspiré en un an dans le cadre de la Villa Médicis nous rappelle quel lien nous lie à la nature et son sens profond.

C’est un vrai plaisir de lecture. Texte illustré d’exemples bien concrets mais aussi teinté de poésie et de mélancolie. Bienfaisant. Alors, à ne pas manquer !

 Extraits

 « L’automne… est naturellement associé à la nostalgie parce qu’en lui appelle le nagori : les paysages, le cri de la biche, la fraîcheur et l’air, la séparation… On est tout entier pris dans son intérieur. Or, justement parce que le printemps est la saison où tout commence, où tout prend vie, si par contraste séparation il y a, elle se fait sentir de façon d’autant plus aiguë. (p.107)

 «  La nourriture industrielle réconforte notre vie fragile, environnée de saisons instables, parce qu’elle nous promet que rien ne change, même si le temps avance sans merci…Dans le même temps, cette immobilité de la nourriture industrielle affecte notre vie des caractères du terne et du neutre, par quoi elle devient impossible à distinguer de la vie de quelqu’un d’autre. Ce n’est qu’avec les êtres vraiment vivants, les êtres périssables de la saison que sont les légumes, viandes et poissons du marché que l’on peut partir à l’aventure. » (p.59)

 DG

Denyse dans 01- LIVRES - REVUES - Résumés, extraits... - Lu 321 fois - Version imprimable
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