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Nous étions nés pour être heureux

 Nous étions nés pour être heureux

 Lionel DUROY

 Julliard 2019
 222 p.

 Roman

                                           

 Une fraterie de dix enfants se réunit le temps d’un repas familial qui veut être celui des retrouvailles et de la réconciliation. Cette fraterie était-elle née pour être heureuse ? Pas si sûr.

En effet, le passé et le modèle parental sont parfois lourds à porter et peuvent même être, comme c’est le cas ici, mortifères.

Un des enfants, Paul, devenu père et grand-père a eu besoin, par sa vocation d’écrivain, de relater dans un livre l’histoire douloureuse de sa famille. Ce qui ne fut pas apprécié du tout par ses frères et sœurs et provoqua une rupture de plusieurs années dans leurs relations.

Mais le temps passant, à l’occasion d’un film réalisé par l’un d’eux, les parents étant décédés,  les enfants éprouvent le désir de se retrouver, de (re)faire connaissance, de renouer des affections et un vécu indélébiles. Mais cela n’ira pas sans douleur…

Un beau roman bien écrit, qui se déroule sur une journée et dont la vie des personnages peut basculer vers du mieux ou vers le pire. Qui n’a pas connu dans sa famille ou dans celle de proches, ces tragédies, ces secrets, qui empoisonnent toute une vie ? Avec le besoin, à certaines heures décisives, de faire le point et de retrouver la paix.

   Extrait  ( Béatrice à Paul)

 - Oh oui, bien sûr que j’ai honte ! Quand je me suis mariée et que peu à peu nous nous sommes fait des amis, j’ai pensé que personne ne saurait jamais. J’étais heureuse, notre nouvelle vie m’éloignait de tout çà. Nous allions élever nos enfants dans l’amour, le partage et la dignité. Et puis j’ai reçu ton manuscrit, je l’ai lu et il m’a fait l’effet d’une damnation. Paul, voilà, c’est exactement le mot, nous étions damnés : tout le monde allait de nouveau rire de moi, de nos parents, j’allais devoir traîner jusqu’à ma mort ces années grotesques, humiliantes – les expulsions, la folie de maman, papa et ses coups foireux, les huissiers, nos vêtements ridicules, les écoles qui nous mettaient à la porte parce que tous les matins nous arrivions en retard. Tout ce que je venais de construire de vivant, de joyeux, allait s’effondrer avec ton livre. ( p.103)

Mise à jour : Samedi 26 Octobre 2019, 12:29
Denyse dans 01- LIVRES - REVUES - Résumés, extraits... - Lu 251 fois - Version imprimable
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