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Règle de saint Benoît - ch.19 - 26 juin

 De la tenue pendant la psalmodie

 Nous avons la certitude que Dieu est partout et que les yeux du Seigneur regardent bons et méchants en tout lieu. (Proverbes 15,3)

                         

 « L’œil était dans la tombe et regardait Caïn » écrivait Victor Hugo.

A première lecture, on peut ne pas apprécier cette omniprésence de Dieu qui peut évoquer l’oppression vécue douloureusement dans des pays totalitaires. Et sans aller jusque là, de nombreuses personnes ne supportent pas l’idée qu’il y ait quelqu’un, homme ou dieu, qui ait droit de regard sur tout ce qu’ils font. On peut effectivement en être mal à l’aise.

Mais saint Benoît nous invite à un tout autre regard. En effet, nous lassons-nous d’être regardé par quelqu’un qui nous aime ? Nous lassons-nous de faire en sorte de lui plaire, d’être à ses côtés ? Le jeune enfant, qui a toute confiance en ses parents, se sent perdu quand il ne les voit plus : amour à l’état pur.

 Nous devons, sans aucun doute, en être plus certains encore, quand nous prenons part au service de Dieu.

Il y a une présence légère qui nous accompagne quand nous sommes occupés à des tâches variées et matérielles. Quelqu’un d’absent peut demeurer présent si nous pensons à lui.

Mais la présence est plus intense quand celui (ou celle) que nous aimons est à nos côtés, quand la rencontre est voulue, désirée. Nous y sommes alors particulièrement attentifs.

                          

 Donc, quand nous nous rendons à une célébration chrétienne pour prier le Seigneur, ou même « dans le secret de la chambre »,  malgré l’invisibilité à nos yeux, la présence de Dieu devient plus évidente puisque nous sommes là pour Lui. Il va sans doute nous falloir maîtriser nos distractions, notre difficulté à croire (même si notre désir est là) à cette présence réelle de Jésus près de nous. Elle est pourtant parfois, même fugitivement, très sensible. Nous voudrions voir Dieu ! Comme Pierre sur la montagne de la Transfiguration, le bonheur est si grand de l’apercevoir dans sa réalité qu’on voudrait s’installer et demeurer. Les grands personnages de l’Ancien Testament comme Abraham et Moïse étaient bien plus réalistes : Qui peut voir Dieu sans mourir ? Il nous faut accepter la vision très partielle de Dieu mais connaître Jésus n’est pas inaccessible. Il s’est fait si proche des hommes…

 Servez le Seigneur avec crainte…(Ps 2)… psalmodiez avec sagesse…(Ps46,8)

« crainte » = amour respectueux et non pas peur.

La notion de « service du Seigneur » peut aussi nous être étrangère. Encore cette notion de dépendance qui peut gêner. « Rendre service » est mieux connoté car on sent davantage la gratuité.

Nous oublions souvent que notre créateur c’est Dieu. Nous lui devons tout. Il est notre Père. Nous sommes bien dans une relation d’amour. Si nous aimons nos parents, il doit nous sembler tout naturel d’attacher de l’importance à leurs valeurs, de les aider si besoin et de leur témoigner notre affection. Quel malheur d’être aimé parfois et de ne pas en apercevoir la beauté, de ne pas le recevoir dans toute sa gratuité mais au contraire de se sentir redevable…

Nous percevons sans doute  difficilement aussi la beauté de notre relation filiale avec Dieu. L’Ecriture nous ouvre largement ses portes pour nous le redire. Prenons le temps d’y entrer.

                                     

 Réfléchissons donc à l’attitude qui s’impose sous le regard de Dieu et…[quand nous prions] soyons tels que notre esprit soit d’accord avec notre voix.

 Saint Paul , dans sa Lettre aux Corinthiens, reprenait déjà avec énergie les premiers chrétiens qui négligeaient leur tenue physique et mentale lors des assemblées eucharistiques.

« Dieu n’est pas un Dieu qui suscite le désordre mais la paix… Que tout ce que vous faites, se fasse avec dignité et ordre… Tout cela doit aider l’Eglise à progresser. » (1 Co 14)

Quand nous prions (chez soi, à l’église ou ailleurs), prenons toujours le temps de nous remettre sous le regard de Dieu. Notre prière n’est pas un monologue mais un dialogue. Acceptons d’entrer dans cette relation un peu particulière qui deviendra familière avec un peu de persévérance et de fidélité. Croire en Dieu est don de Dieu. Encore faut-il accueillir ce don.

 « Que notre esprit doit d’accord avec notre voix » : Il s’agit de vivre en vérité. Dieu n’a que faire de nos bonnes paroles si elles ne correspondent en rien à ce que nous voulons vivre. C’est là, et jusqu’au terme de notre vie sur terre, un ajustement quotidien : nous ajuster à la Parole de Dieu, faire que notre vie ressemble toujours davantage à celle de Jésus et à ce qu’il attend de nous. Ne nous laissons pas atteindre par le découragement ; nous serons toujours en-deçà de notre modèle, de notre Seigneur et Roi. Dieu, patient et plein de miséricorde,  ne nous en voudra jamais de ne pas y arriver. Notre attitude extérieure n’est pas à négliger bien sûr. Mais pour Saint Benoît, c’est surtout sur notre disposition intérieure qu’il faut veiller.

 Mais gardons toujours présent le désir de L’aimer et le certitude qu’Il est toujours avec nous.

 C’est bien la certitude que Dieu est partout présent (v.1) qui va nous aider à unifier notre vie (v.7).

 D.G

Mise à jour : Jeudi 21 Juin 2018, 12:45
Denyse dans 02- REGLE de SAINT BENOÎT ( commentaires) - Lu 283 fois - Version imprimable
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