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Règle de saint Benoît - ch.31 - lue le 8 juillet

 RB 31 – Du cellérier du monastère, quelles doivent être ses qualités.

Les moines ont l’habitude de dire que la Règle de saint Benoît est comme un atelier garni d’outils appropriés à ce que nous avons à faire. Cette Règle en effet, toujours recentrée sur le Christ,  nous offre à chaque chapitre de quoi bien organiser notre vie de chrétien. Elle est complémentaire de l’Evangile, s’en inspire (y puise sa respiration) et invite à une pratique. C’est donc du concret. Lue et suivie au quotidien par les moines depuis des siècles, elle peut être aussi un guide non négligeable pour le management de divers groupes.

Qu’est-ce que la Règle de saint Benoît  et ce chapitre en particulier, a à nous dire aujourd’hui ?

 Pour cellérier du monastère, on choisira parmi la communauté quelqu’un qui soit sage, mûr de caractère, sobre, pas gros mangeur, ni hautain, ni agité, ni malhonnête, ni lent, ni prompt à dépenser, mais craignant Dieu et qui soit pour toute la communauté comme un père.

 Définition Littré : Le cellérier, la cellérière, est un religieux, une religieuse, qui a soin des provisions et de la nourriture du couvent.

            

 C’est un poste-clef qui exige bien des qualités tout comme celui de maîtresse de maison ou de gestionnaire d’entreprise qui tient les cordons de la bourse qu’il doit gérer avec discernement et mesure.

On sait combien un budget est difficile à tenir avec parfois peu de ressources, du monde à nourrir, des goûts différents. Regardons les qualités mentionnées par Benoît, elles nous concernent. Avec en trame de fond Dieu lui-même et l’amour paternel qu’il porte à l’homme.

La responsabilité confiée au cellérier n'est pas donnée au premier venu. Gérer un budget, un stock demande un apprentissage, de l’expérience . Au fil des années, on revoit ses façons de faire, d'organiser.

" ... mûr  de caractère ...".
Cela peut surprendre et amuse aussi. Celui qui tient les cordons de la bourse  doit garder ses distances, ne pas être familier ou se laisser séduire. " Ta bonté te perdra", dit-on.

" ...il doit être sobre..."
Ayant tout à portée de main, cela vaut mieux.

 " ni injuste... ni borné... humble... fera tout avec mesure ."
Ces chapitres 31 et 32 méritent vraiment d'être lus car fort instructifs. Mais très exigeants. Une fois de plus, saint Benoît nous invite en tout à la perfection . Mais tout comme il conseille au cellérier d'être " un père pour sa communauté " , Benoît s'adresse à ses frères avec beaucoup d'humanité et d'amour.

Et c'est bien là que l'exigence devient plus facile. Entre obéissance à la Règle et amour de la Règle et des frères, il y a une grosse différence de motivation.

 Il prendra soin de toutes choses ; il ne fera rien sans ordre de l’abbé. Il observera ce qui est commandé ; il ne contristera pas les frères. Si un frère vient à lui demander quelque chose d’une façon déraisonnable, il ne le contristera pas en lui montrant du mépris ; mais d’une façon raisonnable, avec humilité, il refusera à celui qui demande à tort.

 Prendre soin, obéir, ne pas faire d’abus de pouvoir, respecter, être humble, discerner … Chacun de nous peut mettre derrière ces mots des exemples très concrets. Un exemple journalier : faire les courses.

Avoir une liste avec les besoins de chaque membre de la famille, ne pas oublier une demande particulière, acheter avec mesure sans se favoriser, respecter les goûts et les besoins de chacun, faire de bons choix sur les étals en tenant compte de la qualité des produits et de ses moyens, donner quelques denrées au quêteur d’une banque alimentaire à la sortie du supermarché etc…

 Il veillera à son âme se souvenant de ce mot de l’Apôtre : « Celui qui a bien rempli son office s’acquiert un rang honorable ». (1Timothée 3,13 – « Timothée » = qui honore Dieu)

 Et toujours recentrer le pourquoi, pour qui de notre action. Le « rang honorable » ne signifie pas fierté personnelle,  mais rendre, par sa vie, honneur à Dieu. 
Ce qui est bien aussi un honneur pour soi-même, que de s’approcher du Seigneur et en être aimé.
Prendre soin de tout. « Tous les objets du monastère et tous ses biens, il les considérera comme s’ils étaient les vases sacrés de l’autel. »

                      

 Rien n'est négligeable dans ce qui nous est confié et utile à tous. Ranger, réparer, ne pas perdre, nettoyer, se faire aider, vérifier... Cela fait partie aussi de l'éducation de base de nos enfants. S'ils ne l'ont pas appris, il y a peu de chance que cela s'arrange en grandissant ...

Apprendre à gérer les petites choses, c'est se préparer à en gérer de plus grandes, à gérer sa vie avec les conséquences que cela peut avoir sur ceux qui nous entourent.

 Aimer ses frères comme nous y invite le Christ, ce n'est pas de la théorie mais une belle  pratique dans le respect de la création qui nous est confiée et dans le  respect de chacun.   A l'image de Jésus lui-même.

Suivre le Christ, ce n'est pas être déconnecté des réalités humaines. C'est au contraire, apprendre à leur donner leurs vraies valeurs. N'est-ce pas un peu notre quête à tous ?

 On ne peut pas ne pas songer à l’Evangile où Marthe et sa soeur Marie accueillent Jésus. (Lc 10) Que vaut-il mieux : servir Jésus ou l’écouter ? Etre actifs ou contemplatifs ?  Question longtemps débattue. Jésus félicite Marie, on pourrait donc en déduire sa préférence pour le disciple qui est à ses genoux et l’écoute. Le coté matériel de l’accueil étant secondaire. Ce n’est certainement pas ce que Jésus a voulu dire.

                          

-         Dans toutes choses, toutes actions, il y a un discernement à faire, voir la priorité du moment.
Quand nous accueillons un  visiteur, nous précipitons-nous à la cuisine ou prenons-nous le temps de l’accueil, de l’écoute de ses besoins ?

Marie a choisi d’écouter le Seigneur car Jésus était là pour donner et nous pour recevoir. Ce jour-là la priorité n’était pas au matériel mais au spirituel. Il sera toujours temps après de partager le repas ou un verre d’eau.

-         On peut aussi entendre cet Evangile sous un autre angle. La priorité que semble  donner Jésus à cette « meilleure part » qu’a choisi Marie peut aussi vouloir dire que les activités matérielles n’ont de sens que si elles sont animées de l’intérieur. Comment suivre le Christ, aimer ses frères si nous négligeons l’écoute de la Parole. Elle est première. Elle est la source à laquelle boire et qui nous permettra de vivre en vérité.

Le cellérier du monastère n’aimera sa fonction que si elle a un sens sacré. Nourrir ses  frères est une haute fonction de reconnaissance et d’amour de l’autre. (Voir sur ce blog la recension  du livre La symbolique du repas dans les communautés -  De la Cène au repas monastique de Jean-Claude SAGNE).

Saint Benoît appelait le monastère, « la maison de Dieu ». Le Pape François parle de notre « maison commune »…

DG

Mise à jour : Mardi 3 Juillet 2018, 19:50
Denyse dans 02- REGLE de SAINT BENOÎT ( commentaires) - Lu 53 fois - Version imprimable
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