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Règle de saint Benoît - ch.56 - 9 août

 RB 56 – De la table de l’abbé
 Lu le 9 août 

1- L’abbé mangera toujours avec les hôtes et les pèlerins.

2 - Quand il n’y aura pas d’hôtes, il pourra inviter ceux des frères qu’il voudra.

3 - Toutefois, il laissera toujours un ou deux anciens avec les frères pour le bon ordre.

           
                * 

                          Eglise de Dasindo (Italie) - Gravure sur schiste

On peut imaginer la contrainte que cela pourrait, de nos jours, représenter pour l’abbé de manger à la table des hôtes et pèlerins en cette période estivale où les hotelleries sont pleines.

Cette consigne de saint Benoît a été heureusement aménagée pour le bien de tous. Mais il faut en garder le sens et trouver un mode d’accueil des hôtes qui manifeste suffisamment de chaleur et de fraternité, se souvenant qu’il convient d’accueillir l’hôte comme le Christ lui-même.

                 

                     Autel de campagne - Année 1917
                             Centre Pompidou - Metz (expo 2012)                 
            

 A l’époque de sant Benoît, accueillir des hôtes, parler avec eux, c’était d’abord un témoignage qui pouvait éventuellement susciter une vocation. L’accueil que nous faisons à quelqu’un, ce premier pas, est quelquefois déterminant et peut être lourd de conséquence.

L’abbé délègue au Frère Hotelier cette mission d’accueil mais il reste le « maître de maison » à qui on se réfèrera toujours en cas de besoin. Il représente le Christ au sein de sa communauté dans cette relation étonnante où l’hôte est lui aussi accueilli comme le Christ.

Pour les retraitants venant quelques jours au monastère, il est bon de ne pas voir l’abbé comme une personne inaccessible et sur-occupée.

Que penserait-on d’une famille chez laquelle on serait en visite et dont le père ferait une simple apparition de convenance sans s’intéresser un peu à qui vient chez lui.

Il y a en tout cela une juste mesure à trouver de part et d’autre.

                  *   

                     La Cène - Colmar - Musée Unterlinden

 Le lieu de la table n’est évidemment pas anodin et nous évoque bien sûr la Cène et le partage du pain ou la belle rencontre à Emmaüs. Le rassemblement autour de la table familiale , même s’il se perd un peu, est souvent signe de fête, de convivialité, de mise en commun des joies et des peines. Les vacances nous donneront sans doute quelques occasions particulières de le vivre en prenant son temps. Car parfois il en faut pour laisser à chacun trouver  le bon moment de s’exprimer un peu en vérité et l’écoute suffisante.

 Soyons vigilants lors de ces moments privilégiés où parents, grands-parents, enfants et petits-enfants sont réunis. Sachons écouter beaucoup, donner la parole à chacun, favoriser l’harmonie du groupe , « pour le bon ordre » comme dit Benoît. Il y aura peut-être là Judas, prêt à trahir...

La table de l’Eucharistie , table de l’offrande sans mesure et du partage, où se mêlent bons et mauvais penchants de chacun, ne nous sera vraiment compréhensible et authentiquement vivante, que si nous savons déjà au quotidien vivre de vraies relations d’amour.

                              Dans ma maison,

                 J’ai table ouverte pour le temps…

                             J’y sacrifie

              Ce que le temps veut pour s’ouvrir.

                      Je sacrifie à cet instant

                          Qui sera temple…

                                    **

                Quand chacun de tes jours

                          Te sera sacré,

                Quand chacune de tes heures

                          Te sera sacrée

                 Quand chacun de tes instants

                          Te sera sacré,…

                    Nous ferons de la terre

                Une cathédrale sans murs. […]

                  Les dimensions du monde

                   Seront dans nos instants.

                       Chacun de nous

                              Officiera. *

 * Extraits de poésies de Guillevic,
     cités par Fr.Bernard-Joseph Samain (abbaye d’Orval)  
     dans son livret (été 2014)
  « Le pain, le vin sont notre résumé. »
     Approche poétique de l’Eucharistie.


DG
 * © D.G

Denyse dans 10- 02- REGLE de SAINT BENOÎT ( commentaires - Archives) - Lu 783 fois - Version imprimable
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