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Spiritualité monastique



COLLECTANEA CISTERCIENSIA – Tome 78- 2016 -3

                               

Le combat spirituel . « Je ne suis pas venu apporter la paix mais le glaive. » -3ième partie-

Adalberto PIOVANO, osb

 Voici le troisième volet de cette étude. Les deux premiers parus dans les n° 1 et 2/2016 sont recensés sur ce blog.

 -         L’ascèse (suite) -  le désir

L’auteur insiste sur la vigilance nécessaire à toute qualité de vie et qui nécessite une « garde du cœur de tout ce qui obscurcit [le] regard et amoindrit [la] capacité d’écoute. »

« Veillez , dit Jésus, car vous ne savez ni le jour ni l’heure »

« Le croyant…a pris au sérieux l’incarnation de son Dieu et comprend que le corps, la ‘chair’, à travers un exercice en accord avec l’action de l’Esprit, devient lieu de transfiguration. » (p.241)

Toute ascèse, qui impose une certaine discipline, devrait être libérante. Se contraindre n’est pas une fin en soi. Nos renoncements sont en lien avec une adhésion libre à « quelque chose de plus grand…à la suite du Christ. »

« Il s’agit de transfigurer les désirs qui habitent notre cœur. » (p.242)

-         Discipline, discrétion

Saint Benoît, dans sa Règle, attache de l’importance au discernement qui doit tenir compte des possibilités de chacun. « C’est une réelle sagesse, qui naît de la connaissance personnelle de ses propres limites et des possibilités présentes en nous. » (p.243)

-         Maturation-Temps

Pour grandir, il faudra apprendre à se détacher du passé pour atteindre de nouveaux objectifs. Passage qui peut être éprouvant. Notre lieu d’expérience est avant tout le quotidien, « sans rêver la vie, ni fuir en quelque sorte sa précarité et sa fragilité ; c’est une ascèse réelle qui nous rend plus fort et nous discipline. ». Vivre au présent.

-         Ascèse et prière.

Prier peut être un exercice difficile. Faut-il le voir comme une ascèse ? Elle fait plutôt partie de sa dynamique interne qui est conversion et recherche incessante de la face de Dieu.

« Au moment où l’homme prie, supplie Dieu et lui parle, en se faisant violence pour recueillir de partout tous les mouvements et toutes les pensées, il s’ouvre à Dieu seul et Dieu remplit son cœur. » (Isaac de Ninive, cité p.246)

Notre libération viendra de Dieu seul. « La prière est une expérience du salut ; elle doit devenir l’illustration concrète des paroles de Paul : ‘Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort, afin que la puissance de Dieu se manifeste dans la faiblesse’. » (André Louf, cité p.247

 Collectanea cisterciensia – Tome 78 – 2016 - 1

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* © D.G –photos ne figurant pas dans la revue

                           

 Il ne s’agit pas ici de résumer les articles proposés dans cette revue spécialisée et de qualité.

Mais de mettre en valeur un point (le choix est difficile) qui nous semble essentiel et peut suffire à notre méditation.

Pour en savoir plus, abonnez-vous !

¤  « Le combat spirituel » - Adalberto Piovano, osb  -  1ère partie -

Pour nous tous humains qui sommes aujourd'hui, semble-t-il, en « état de guerre », mais aussi grâce au pape François , soucieux de répandre la miséricorde à travers le monde, le premier article de la revue aborde donc un sujet en phase avec son temps : le combat intérieur.

Y a-t-il donc combat sur tous les fronts dans nos vies ? Connaîtrons-nous un jour la paix, celle de l’esprit, du cœur, des corps ?

Le combat dont il s’agit ici se veut réellement non répressif mais empruntant « des chemins de maturation et de libération ». La joie de l’Evangile en est le moteur.

Il s’agit « de se voir soi-même en face ».

«  La vie selon l’Esprit exige du courage, le courage de se laisser conduire par l’Esprit dans le ‘désert’ pour entreprendre un pèlerinage dont on ne peut prévoir l’itinéraire , ni les imprévus, ni le détail des mouvements ou des avancées. Dans ce chemin symbolique solitaire, on peut découvrir au-dedans de nous des présences ou des visages que nous ne voudrions pas voir, dont nous voudrions qu’ils n’existent pas. » (p.9)

Nous sommes invités à relire et méditer les tentations de Jésus au désert, comment  le tentateur s’y prend et comment Jésus fait face.

Est largement évoquée, et à emprunter , « une échelle entre terre et ciel », celle bien célèbre et sainte  de Jean Climaque, moine syrien du 6°s. A re(découvrir) !

                          *   


 ¤  
 Clairvaux "Ecole d'amour" sous l'abbatiat de saint Bernard
     Conférence donnée à l’abbaye de Cîteaux en octobre 2015
      Raffaele FASSETTA, ocso

  « On entre au monastère pour apprendre à aimer Dieu… et aimer le prochain… ». La vie cistercienne, « vie commune, soutient et stimule [la] recherche de Dieu et la préserve de dangereuses illusions. » (p.25)

                    *    
                            Abbaye bénédictine d’Oriocourt (Moselle)

 L’auteur souligne le « rôle essentiel de la connaissance de soi », ce qui suppose vérité et  humilité à la lumière de la miséricorde de Dieu. Cette démarche première devrait nous aider à accepter aussi que l’autre soit faible.

« Bernard cite un épisode des Vies des Pères du désert : « Un saint vieillard, lorsqu’il avait entendu dire que l’un des frères avait péché, pleurait amèrement en disant : « Lui aujourd’hui et moi demain. »

Notre modèle est le Christ et saint Bernard n’a pas craint de déclarer que si Dieu s’est fait homme en Jésus, c’est aussi pour expérimenter lui-même la vie humaine, pour être réellement proche et ajouter encore à sa miséricorde. « Il apprit ce qu’il savait ». Mesurons l’audace d’un tel propos au 12°s. … comme au 21°s. d’ailleurs.

L’auteur insiste ensuite sur la correction fraternelle et sur un meilleur accueil de nos différences qui ne devraient pas « être source de divisions et de conflits [mais] l’occasion d’une complémentarité bienfaisante. »
Ce n’est pas une nouveauté de rappeler ce point, mais reconnaissons que cela reste pour nous une difficulté majeure au quotidien. Souvenons-nous que nous sommes d’une certaine façon déjà entrés dans la vie éternelle et que nous préparons si possible sur terre la vie commune « qu’on mènera dans la Cité du grand Roi » (St Bernard, Sermon sur la Dédicace 5,10 cité p.38)


 ¤ En toute humanité
   Mauro-Giuseppe LEPORI, o.cist

 A propos de l’accueil des hôtes, il faut témoigner « toute l’humanité possible » (RB 53,9)

Dans cette conférence donnée en 2014, l’auteur aborde les relations humaines mais en s’adressant à des moines, il constate « que la formation à la fonction de moine ou de moniale l’emporte de beaucoup sur la formation à la relation avec Dieu et les autres. » (p.48)

Il cite le pape François : « Il est urgent de retrouver un esprit contemplatif, qui nous permette de redécouvrir chaque jour que nous sommes les dépositaires d’un bien qui humanise, qui aide à mener une vie nouvelle. Il n’y a rien de mieux à transmettre aux autres. » (Evangelii gaudium, 264) (p.41)

Aelred de Rievaulx dans son traité de « L’amitié spirituelle » développe l’importance de l’ amitié :

-         elle donne son fruit dans la vie présente, celle d’aujourd’hui et dans la vie future.

-         Elle est facteur d’quilibre quand les choses vont mal et un facteur de paix quand cela va bien.

-         Sans ami, presque rien ne peut faire le bonheur des mortels… Malheur à qui est seul ; s’il vient à tomber, il n’a personne pour le relever.
       
*  
                     Amitié franco-belge - Dessin de Plantu à la suite de
                  l'attentat de Bruxelles.
 

L’auteur met en valeur la fonction de portier du monastère, premier moine accueillant l’hôte et qui va déjà donner le ton de ce que vit la communauté.

«  Le contact avec les autres n’est plus une cause… de distraction mais une occasion continuelle de dire « oui » au Seigneur, d’accueillir le Christ avec gratitude ». A leur salutation «  il peut répondre aussi : ‘Bénis-moi’ : il les accueille donc comme une bénédiction divine pour lui et pour le monastère. » (p.45)

 Quand quelqu’un sonne chez moi, quand je croise une connaissance dans la rue, quel est mon accueil ? Contrarié, pressé, bienveillant, à l’écoute ? Un mot, un sourire suffisent parfois à ouvrir le cœur de l’autre… Nous avons tous besoin d’humanité. Faites le test…

DG

¤ Dieu : utilité des hommes, selon Guigues le Chartreux

   Emmanuel FAURE

Question à priori étrange : Dieu, dans sa toute puissance,  a-t-il besoin des hommes ?

                                     *  

                                                 Saint Bruno – Chartreuse de Sélignac (Ain)

 Guigues 1er (1083-1136), cinquième prieur de la Grande Chartreuse, qui n’est donc pas n’importe qui, soulève la question des relations de Dieu avec l’homme.

Pourquoi Dieu a-t-il donc créé l’homme ?

« Tu n’as pas été créé pour être vu, connu, aimé, admiré ou loué, mais pour voir, connaître, aimer, admirer et louer le Seigneur. Aussi, cela seul t’est utile et rien d’autre. » (p.53)

 Ce n’est qu’en se rendant conforme au Christ, Dieu fait homme, que l’homme peut connaître et aimer Dieu comme il doit l’être… Ne rien préférer à Dieu (rencontre dans la gratuité) et aimer son prochain.

Le bonheur de Dieu est que nous l’aimions que nous participions à sa vie, que nous nous aimions nous-mêmes et aimions notre prochain.

 Désirons-nous vraiment le bonheur de Dieu ?

 DG


 

Mise à jour : Mercredi 30 Novembre 2016, 20:14
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