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Cette obscure clarté

Cette obscure clarté

Colette Nys-Mazure

Ed. Salvator, 2015

188 p.

                         

 Le titre de ce livre est en soi une interrogation tout à fait dans le ton de certaines paroles du Christ , telles les Béatitudes, qui s’entrechoquent, s’opposent.

            «  Heureux ceux qui pleurent… »

Comme on ne voit une lumière que dans la nuit et non de jour, la ligne de conduite de l’auteur est de tenter de voir un peu plus clair dans les obscurités de sa vie et avec elle de nous entraîner à clarifier aussi ce qui nous pèse, nous emprisonne. Sous forme de journal personnel , chaque « jour » porte un titre et chaque chapitre est précédé d’une petite introduction et d’une courte poésie de l’auteur.

                * 
                   Abbaye cistercienne de Tamié                  

 p. 73-74 : « Pourquoi j’écris aujourd’hui ? … Cet appel n’est pas narcissique mais tourné vers un Tu , vers le dialogue et l’échange… Plus que jamais, je crois au pouvoir quasi magique des mots. Plus que jamais je suis convaincue que parler désarme, qu’écrire est une manière d’être au monde, de rencontrer, de résister et d’agir sans violence mais fermement. »

 Dans ce livre pas de questions métaphysiques complexes mais la vie dans sa simplicité et ses obscurités qui, quand on prend un peu de distance ou de hauteur, peuvent s’éclairer.

 «  J’ai appris à ne plus considérer les grandes personnes comme des dieux, mais comme des êtres fragiles, vulnérables : ne les avais-je pas vu pleurer, s’effondrer devant la mort ? Elles ne disposaient pas de pouvoir magique et leur autorité parfois pathétique n’était qu’une manière de se rassurer. » (p.18)

 Colette Nys-Mazure est avant tout poète et cela donne au texte (et à notre lecture) un charme et une douceur particuliers. Elle nous apprend à écouter, à regarder, à faire silence, à voir le positif de nos vies.

 «  Cet après-midi un tout petit oiseau vient se fracasser contre la baie vitrée et demeure pantelant sur la marche. J’ai posé une soucoupe d’eau devant. Il ne fait que haleter, tenter de reprendre ses forces, ouvrant et fermant son bec pointu, l’œil fixe, mais debout sur ses pattes allumettes. Une heure plus tard, il a tourné la tête quand je suis venue aux nouvelles. Encore une heure et il s’est envolé… A plusieurs reprises, rendant visite à un proche âgé hospitalisé, j’ai cru qu’il ne sortirait pas vivant de la chambre d’hôpital. Mais la personne reprend couleur et goût de vivre. De visite en visite, je le retrouve plus allant jusqu’à ce que j’apprenne qu’il est rentré chez lui. » (p.61-62)

 Chaque passage de ce livre de méditation partagée est une perle que nous pouvons admirer pour elle-même mais dont nous pouvons aussi tirer profit tant il s’agit de la vie toute simple.

Vie joyeuse ou douloureuse dont on peut (presque) toujours trouver les fruits. Regard d’amour et de miséricorde tel que nous l’enseigne Jésus par sa vie.
 Colette Nys-Mazure n’est pas pour rien membre de l’Académie catholique de France.

 Un livre facile à lire, qui fait du bien et qui nous touche au plus profond. A ne pas manquer !

          * 

                      De la joie simple              

          Venus au monde
          Nus
          Recroquevillés
          Poings fermés

                      Nous avons tant appris
                      Année après année
                      Nous avons déployé
                      Nos corps et nos cœurs noués

                      L’âge venu
                      Nous voici vulnérables
                      Dépourvus
                      Comme au premier jour

        p.28

 DG

* © D.G – photos ne figurant pas dans le livre.

 

Mise à jour : Lundi 28 Décembre 2020, 20:04
Denyse dans 11 - ARCHIVES - Recensions LIVRES (avant 2016) - Lu 798 fois - Version imprimable
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