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J'ai bien souvent de la peine avec Dieu

 Marie Noël  -  Abbé Mugnier

 J’ai bien souvent de la peine avec Dieu

 Correspondance

 Ed. du Cerf, 2017
 406 p.

                     

 Ce livre rassemble la correspondance entre la poétesse Marie Noël (1883-1967), de son vrai nom Marie Rouget, et l’abbé Arthur Mugnier, confesseur du tout-Paris, à qui elle avait demandé de la guider dans sa vie chrétienne.

La période que recouvre ces lettres est intéressante puisqu’elle balaye les années 1918 à 1944 mais aussi vingt-cinq ans de vie culturelle. Mais c’est surtout l’intime de son cœur que Marie Noël confie avec un coté un peu désuet qui va avec son époque très sensible à l’image qu’on donne de soi  et aux devoirs familiaux .

Marie Noël est une personne attachante, fragile, bi-polaire dirait-on sans doute aujourd’hui, ce qui peut expliquer son extrême sensibilité, son hyper activité alternant avec des phases de profonde dépression.

Au fil des lettres se révèle sa grande humilité, sa discrétion, son humour parfois et son talent de poète qu’encourage vivement l’abbé Mugnier à qui elle doit très certainement sa célébrité, lui donnant confiance en elle. Avec les années, leur attachement mutuel s’intensifie  et cet échange de lettres devient presque vital pour eux .

On est touché par la simplicité et la justesse des mots et des sentiments guidés par une foi chrétienne profonde et pourtant très humble, elle qui se rêverait solitaire, mais est toujours assaillie par le doute sans en être pourtant jamais terrassée.

 La conférence des évêques de France a sollicité en février 2017 l’ouverture d’une cause de béatification.

 Le livre s’achève par un poème inédit de Marie Noël : « Ténèbres » qui donne le goût de lire d’autres poèmes de cet auteur.

 Extraits.

-  J’ai le cœur lourd. J’ai accepté ce matin la nouvelle année comme une croix à charger pour une longue montée encore. Je demande à Dieu la force des épaules… Je prie pour qu’une lumière d’en-haut dissipe toutes celles de ces craintes qui ne sont qu’amour-propre ou scrupule… Quel dommage que Dieu ne soit pas quelqu’un qu’on puisse interroger et qui vous réponde nettement oui ou non. Comme ce serait simple de connaître sa volonté… Vous voyez, Monsieur l’Abbé, il me faudra beaucoup de force cette année. Mais le fond de ma vie, c’est toujours l’Amour. (p.194-195)

 - En offrant ma pénitence de tous les jours pour ‘’ la charité dans la maison’’, je pèche en silence contre cette charité en souhaitant à part moi d’être débarrassée en Paradis de tout mon prochain de la terre ce qui fait frémir Henri Ghéon à qui j’ai confié un jour ce sentiment peu évangélique. Mais vraiment si je dois retrouver là-haut les gens d’ici, je ne sais où je jouirai du repos éternel. Enfin : nous serons tous si bien rabotés, nettoyés de toutes nos aspérités fâcheuses que, sans doute, nous fleurirons au ciel comme des roses sans épines. (p.368)

Mise à jour : Mardi 29 Mai 2018, 15:33
Denyse dans 01- LIVRES - Résumés, extraits... - Lu 173 fois - Version imprimable
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