Mardi 01 Septembre 2026
NOUVEAU BLOG LUTRIN
Nouveaux livres présentés
- Les trois soeurs provençales
Le Thoronet, Silvacane, Senanque
- MAGNIFICA HUMANITAS
Lettre encyclique du pape Léon XIV
- Une émulation de sainteté
Hindouisme et christianisme en dialogue
Yann VAGNEUX
- Saint Bernard de Clairvaux
Sermon sur l'Ascension
- Paysan de Dieu
Frère François CASSINGENA-TREVEDY
- Marcher pour renaître
Compostelle, Shikoku, Assise
Marianne de BOISREDON
- Le moine Philémon de Gaza médite l'Évangile de Luc
Daniel Bourguet
- Les héros de l'Évangile sont parmi nous
Emmanuel Gobilliard
- La sérénité par les psaumes
150 méditations au quotidien
Jacques-Pierre GOSSELIN
- L'art de bien vieillir
Anselm Grun
- Le coeur ne se divise pas
François Bustillo - Edgar Pena Parra - Nicolas Diat
-Vivre au risque de l'autre.
Anne-Marie Pelletier
- Le temps des profondeurs
Douze femmes racontent l'abbaye de Cîteaux
- L'itinéraire spirituel de l'apôtre Pierre
Jacques Bombardier - Corinne Fanchelle-Charlot
- Le Fou de Dieu au bout du monde
Javier CERCAS
- L'expérience spirituelle chrétienne et son discernement
Dominique SALIN
- "Célébration de la vie imparfaite - La voie de la fragilité"
Paolo SQUIZZATO
- "La sobriété, chemin de liberté"
Frère Patrice MAHIEU
* * *
Denyse
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Jeudi 11 Juillet 2024
Par la force des arbres
PAR LA FORCE DES ARBRES
Edouard CORTES
Editions des Equateurs, 2020
142 p.
Toison d'or du livre d'aventure
le livre la bande dessinée
L'auteur,40 ans, dans une passe difficile, ne voit d'apaisement possible que dans la construction d' une cabane dans un grand chêne du Périgord Noir, où il séjournera durant trois mois.
Il ne s'agit pas pour lui de vivre en homme des bois : il a ce qui lui faut de nourriture, un peu de lecture, un confort minimal. Ce printemps en altitude et dans le silence des bois va surtout lui offrir une lecture de la nature qui ne se trouve dans aucun guide ou encyclopédie.
« J'ai supprimé mes comptes sur les réseaux sociaux... laissé mon téléphone à la maison, pris mon couteau et suis parti en forêt. »
Il va trouver l'apaisement au rythme lent de ses journées animées seulement par la vie de son arbre, de quelques passages d'animaux qu'il observe et avec lesquels, devenu comme l'un des leurs, il noue de petits liens familiers.
Nous partageons avec plaisir et une certaine envie cette aventure simple mais qui demande pourtant courage et renoncement pour, à partir d'une vie déconnectée d'un monde stressant, approcher l'essentiel que la nature enseigne.
Edouard Cortès a entrepris « une métamorphose à l'ombre des forêts » et a puisé dans la force des arbres l'énergie nécessaire pour se relever et poursuivre sa route.
Une très belle version de cette aventure est racontée en BD.
DG
Extraits
- « Cette cabane est réussie, plus encore que je ne l'ai rêvée. Je suis un artisan étonné de ce qui jaillit de ses mains. Les branches m'ont guidé. La cabane a poussé avec l'arbre. On grandit quand on crée quelque chose qui nous dépasse. » (p.38)
- « J'entends le chant des sources, je pense comme un arbre, converse avec le lézard ou le hanneton, salue d'un geste le renard. J'effleure l'écorce lisse d'un hêtre comme une peau. Et je lis dans une feuille de tilleul, poinçonnée par une chenille, le premier vol d'un papillon. » (p.47)
- « J'ai résolu pour quelques mois le dilemme de l'homme moderne : celui d'avoir de quoi vivre mais de ne plus avoir le temps de vivre. Je me suis accordé du temps. Mon temps libre m'offre de l'être. » (p.54)
- « Le geai élève des chênes, les fourmis élèvent des pucerons, les pucerons boivent la sève, les fourmis chassent les parasites des oiseaux, les oiseaux mangent les glands, les pucerons, les fourmis. Tous s'entraident et se dévorent. Tout se lie en un nœud complexe et harmonieux où vie et mort ne font qu'un. Tout est tragique et grandiose dans les infimes symbioses du vivant. La forêt me donne un joyeux vertige. Observant les petites choses sans pouvoir tout comprendre, je me sens minuscule parmi ces choses immenses. » (p.64)
Denyse
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Vendredi 28 Juin 2024
Les abeilles grises
LES ABEILLES GRISES
Andreï KOURKOV
Ed. Liana Kevi, 2022
440 p.
Andrei KOURKOV est un célèbre écrivain ukrainien d'expression russe.
Seuls habitants d'un petit village de la zone grise, no man's land coincé entre l'armée ukrainienne et les séparatistes prorusses, Sergueïtch et Pachka s'associent malgré leurs opinions divergentes vis-à-vis du conflit. Apiculteur passionné, Sergueïtch attend le printemps pour déplacer ses six ruches dans un lieu plus calme dans l'ouest de l'Ukraine.
Dans ce roman qui se situe en 2017, l'auteur évoque donc la survie d'un homme, jeune retraité, confronté à une certaine solitude pas très loin du front et des combats. La guerre n'est pas le sujet de ce récit, mais relate la grande simplicité de vie de cet homme qui, malgré les difficultés, sait apprécier les moments heureux. A coté de Pachka, demeuré lui aussi au village, dont il a bien été obligé de se faire un « ami-ennemi », les meilleures compagnes de Sergueitch sont ses abeilles qu'il surveille avec attention en ce début de printemps. Il va même les emmener « en vacances » sur un terrain favorable au butinage, ce qui va l'obliger à une expédition à risque, les contrôles militaires étant nombreux et suspicieux. Même au milieu des douces prairies fleuries de l'Ukraine de l'ouest et du silence des montagnes de Crimée, l'oeil de Moscou reste grand ouvert...
C'est un beau roman touchant, triste et pourtant paisible, plein d'humanité dans un contexte difficile où la « zone grise » de la résidence de Sergueitch le laisse dans l'incertitude de l'avenir y compris pour ses abeilles, image pour lui d'une société communiste presque idéale. Hier était-il meilleur qu'aujourd'hui ? Y aura-t-il un happy end ?
DG
Extraits
- L'air s'emplirait d'un doux et plaisant bourdonnement, familier et pacifique, que la paix de l'homme qui aime les abeilles rend plus discret encore, rend intime et domestique . Et alors peu importe qu'on entende ici et là des coups de feu. L'important, ce serait le printemps, la nature qui s'emplit de vie, de ses bruits, de ses odeurs, de ses ailes, grandes et petites. (p.80)
- Sergueïtch pensa qu'en ce qui le concernait, il n'avait aucun besoin d'en recevoir [de courrier]. Sauf à la rigueur pour lire le journal. Mais il y avait bien dix ans qu'il n'était plus abonné à rien. Autrefois, il regardait les nouvelles à la télé. Et puis les nouvelles avaient été coupées en même temps que le courant. Aujourd'hui, il avait l'impression de ne plus en avoir vraiment besoin de ces nouvelles. Qu'est-ce qu'elles changeraient ? (p.144)
- « Pour moi, ces deux habitants de Mala Starogradivka sont à la fois morts et vivants. Dans ma mémoire, ils subsistent comme les deux derniers « optimistes prudents » du Donbass. Je les qualifie d'optimistes parce qu'ils étaient persuadés que s'ils quittaient le village, personne n'y reviendrait après la guerre... Bien des villages resteront en ruine. Les terres qui jouxtent la Russie sont jonchées de mines et d'obus non explosés. La mort est partout, au sens propre comme au sens figuré. L'histoire du « miel du Donbass » ne se répétera certainement jamais. »
Postface de l'auteur – juillet 2023 – p.440
Mise à jour : Jeudi 11 Juillet 2024, 16:22
Denyse
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Samedi 01 Juin 2024
Comment çà va pas ?
Comment çà va pas ?
Conversations après le 7 octobre
Delphine HORVILLEUR
Ed. Grasset 2024
149 p.
L'attaque d'Israël par le Hamas le 7 octobre 2023 a frappé le monde de sidération. Delphine HORVILLEUR, rabbin de l'Association Judaïsme en mouvement, en a été particulièrement touchée
4° de couverture :
« Dans la stupeur, elle écrit alors ce petit traité de survie qui interroge ses fondements existentiels. Le texte est composé de dix conversations, réelles ou imaginaires : avec sa douleur, avec ses grands-parents, avec la paranoïa juive, avec Claude François, avec les antiracistes, avec Rose, avec ses enfants, avec ceux qui lui font du bien, avec Israël, avec le Messie.
Sa manière si particulière d'entrelacer l'intime et l'universel, l'exégèse des textes sacrés et l'analyse de la société, la gravité et l'humour, transforme progressivement le déchirement en réparation, la fièvre en force et le doute en espoir.Une lumière dans la nuit pour tous ceux qui refusent de se laisser déshumaniser par la haine. »
On a déjà beaucoup aimé un des précédents livres de Delphine Horvilleur ,Vivre avec nos morts, recensé sur ce blog.
Ce livre-ci séduit moins donnant parfois une impression de bavardage inutile . Ce style de « conversations » est plutôt un soliloque à thèmes qui rend l'ensemble un peu décousu. Ceci dit, les sujets abordés nous rejoignent par leur actualité notamment celle du judaïsme mais aussi tout simplement sur la vie et la mort, sur la nature humaine qui nous déconcerte souvent mais en laquelle on continue d'espérer.
DG
Extrait
" Depuis le 7 octobre, il fait si noir. Pourtant, dans cette obscurité, clignotent des chants et des gens, des voix et des rencontres précieuses. Des êtres qui étaient là avant moi, dans la nuit de ma préhistoire. Je veux croire qu'avec eux, l'aube surgira plus vite." (p.123)
Denyse
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Jeudi 30 Mai 2024
Règle de saint Benoît ch. 43-44-45-46-47-48-49
Sommaire
- Les chapîtres précédents sont à chercher dans la rubrique "Archives"
RB 43. Ceux qui arrivent en retard à l’Œuvre de Dieu ou à la table - RB 45. Ceux qui se trompent à l’oratoire
- RB 46 - Ceux qui font des fautes en autre chose
- 47. Le signal pour indiquer l’heure de l’Œuvre de Dieu
- 48. Le travail manuel de chaque jour
- RB 49. L’observance du Carême
REGLE DE SAINT BENOÎT - Texte et commentaires

La Règle a été conçue par saint Benoît pour des communautés monastiques. Mais que nous soyons religieux ou laïcs dans le monde cette Règle peut être pour nous une aide précieuse pour avancer dans l'esprit de l'Evangile. Nous en proposons ici un commentaire un peu actualisé.
Les chapîtres précédents sont à chercher dans la rubrique "Archives"
RB 43. Ceux qui arrivent en retard à l’Œuvre de Dieu ou à la table
À l’heure de l’office divin, dès le signal entendu, on laissera là tout ce qu’on a en mains, et on accourra en toute hâte, avec gravité néanmoins, afin de ne pas alimenter la dissipation. Que rien donc ne soit préféré à l’Œuvre de Dieu....

Impressionnant chapitre 43 d'une discipline extrême qui peut choquer. Il faut imaginer aussi, à l'époque de saint Benoît des communautés nombreuses où un certain nombre de règles sont nécessaires pour que les différentes activités (office, travail, repas, sommeil...) se vivent dans le calme et soient bien coordonnées. Les négligences ou dissipations de quelques-uns peuvent semer le désordre.
Comme à l'école, il suffit d'un perturbateur pour que toute la classe s'en ressente.
Saint Benoît insiste donc en détail ( voir texte complet) sur toutes les occasions de dysfonctionnement et les pénitences qu'elles impliquent. Il en va de l'harmonie de la communauté dont le but premier est « que rien ne soit préféré à l'Oeuvre de Dieu ».
Il peut nous arriver d'avoir des journées très « dissipées », incohérentes. Une certaine discipline est nécessaire pour que notre vie ne se dilue pas en futilités.
« Nos faiblesses nous offrent la possibilité de faire un pas en avant, de nous convertir...et de travailler efficacement au Règne de Dieu. » (p.472)
« Autre domaine où nous avons à discipliner notre volonté : la tentation de vouloir trop en faire : pour d'excellents motifs parfois, mais qui ne sont pas entièrement purs de recherche de soi. Le critère : qu'est-ce que Dieu me demande à l'instant présent ? »* (p.473)
RB 44 . Ceux qui ont été excommuniés : comment ils doivent réparer
Celui qui, pour des fautes graves, aura été excommunié de l’oratoire et de la table se tiendra prosterné devant la porte de l’oratoire, à l’heure où l’on y célébrera l’Œuvre de Dieu. Il ne dira rien, se contentant de demeurer étendu, la face contre terre, aux pieds de tous ceux qui sortent de l’oratoire. Et il continuera de faire ainsi, jusqu’à ce que l’Abbé juge qu’il a satisfait. Alors, sur l’ordre de l’Abbé, il viendra se jeter à ses pieds et à ceux de tous les frères, afin qu’ils prient pour lui.

« Excommunié » = retiré de la vie commune. C'est bien là la conséquence d'une faute car souvent elle pénalise d'autres personnes. Nos fautes peuvent déranger l'autre, le blesser, lui nuire. C'est en fait nous-mêmes qui, par notre attitude, nous mettons à part. Rester « devant la porte de l'oratoire » concrétise cette coupure avec Dieu qu'est la faute.
Nos lenteurs, nos doutes, nos absences retardent l'avancée du Règne de Dieu et donc de tous. Nous devons en prendre conscience. C'est sur cela que saint Benoît insiste. Il ne punit pas, il aide le frère à s'amender et à grandir Ce n'est pas facile , devant tous, de reconnaître ses erreurs. Cela demande de l'humilité. Aimés de Dieu, nous ne sommes pas jugés mais pardonnés pour continuer à avancer en paix.
« Chaque instant peut être pour nous une sorte de recommencement absolu dans notre vie avec Dieu... La joie de Dieu, nous ne la connaissons que là, dans la découverte que nous sommes pardonnés. »* (p.481)
RB 45. Ceux qui se trompent à l’oratoire
Lorsque quelqu’un se trompe dans la récitation d’un psaume, d’un répons, d’une antienne ou d’une lecture, s’il ne s’en humilie pas sur place et devant tout le monde, en donnant satisfaction, il sera soumis à une correction plus sévère ; cela pour n’avoir pas voulu corriger par un acte d’humilité la faute qu’il a commise par sa négligence.
Les enfants, pour ces sortes de fautes, seront frappés de coups de bâton.
Comme dans les chapitres précédents, la Règle de saint Benoît ne tolère pas que le frère ne reconnaisse pas ses erreurs. L'erreur est souvent cause de négligence mais elle est excusable. Ce qui ne l'est pas c'est le manque d'humilité. Reconnaître ses fautes, et particulièrement devant les autres, n'est pas facile mais cela évite peut-être de se l'entendre dire en face ou le murmure des frères.
Se reconnaître pauvre, fragile est pourtant une façon d'avoir conscience de ce que nous sommes et si possible de nous améliorer, d'être davantage conforme à ce que Dieu attend de nous. Pour notre bonheur et celui de l'humanité. Si chacun y mettait un peu du sien, le monde serait plus beau.
« Pour découvrir l'amour du Christ, pour avoir accès auprès de Dieu, il nous faut perdre la face à nos propres yeux. Se présenter à Dieu comme des pauvres. L'acquisition de cette pauvreté, qui est simplicité, humilité, se fait au jour le jour par l'expérience de nos limites, de nos faiblesses, et en même temps de la miséricorde divine. Réparer courageusement sans dépit, sans amertume ; ne pas se scandaliser des faiblesses des autres. Qu'on sente en tous un désir de mieux faire ; ne pas nous lasser d'avoir toujours à recommencer. Ne pas prendre prétexte de notre médiocrité pour cesser tout effort : cela, c'est de l'orgueil. Mais nous y remettre toujours, non pas, par une intention secrète, pour nous réhabiliter aux yeux des autres et à nos yeux, mais par amour pour Dieu, le regard fixé sur le Sauveur.* (p.483)

RB 46 - Ceux qui font des fautes en autre chose
Lorsque quelqu’un, dans un travail à la cuisine, au cellier, dans un atelier, à la boulangerie, au jardin, dans l’exercice d’un métier, en quelque lieu que ce soit, fait une faute, brise ou perd quelque chose, ou commet un délit quelconque, s’il ne vient pas aussitôt de lui-même en donner satisfaction et s’en accuser devant l’Abbé et la communauté, et qu’on vienne à le connaître par un autre, il sera soumis à une correction plus sévère.
Mais s’il s’agit d’un péché secret de l’âme, il s’en ouvrira seulement à l’Abbé ou aux anciens dotés d’esprit, qui savent guérir leurs propres blessures et celles d’autrui sans les découvrir ni les divulguer.
Les fautes en lien avec la prière et l'oratoire sont considérées comme graves. Mais ne sont pas non plus sans importance celles du quotidien et en particulier celles qu'on dissimule. L'objectif est toujours que celui qui a failli retrouve la paix du cœur.
Quand on reconnaît ses erreurs et qu'on en est pardonné par un frère, une sœur et par Dieu, on repart le cœur plus léger. La faute est derrière nous et sans aucun doute nous rend plus attentifs .
Avec le Christ, nous sommes sur un chemin de perfection qui n'est pas un but en soi mais de trouver le bonheur.
« Le Christ nous a choisis. Il a choisi des hommes et non des héros. Il ne s'agit donc pas d'acquérir une sainteté idéale à la force du poignet, mais de répondre à la pensée du Christ sur nous ; lui ouvrir notre cœur ; ne pas nous lasser de revenir à Lui, quelques soient les faiblesses et les chutes. Croire qu' Il peut tout en nous »*(p.484)
47. Le signal pour indiquer l’heure de l’Œuvre de Dieu
La charge d’annoncer l’heure de l’Œuvre de Dieu, tant de jour que de nuit, incombera à l’Abbé(avec les moyens de l’époque, il n’était pas facile de compter les heures, d’autant que leur longueur variait d’un jour à l’autre). Il s’en chargera lui-même, ou la confiera à un frère si ponctuel que tout s’accomplisse aux heures régulières.
Ceux qui en auront reçu l’ordre entonneront, à leur rang après l’Abbé, les psaumes et les antiennes. Personne n’aura la présomption de chanter ou de lire s’il ne peut remplir cette fonction de manière à édifier ceux qui l’écoutent, mais le fera avec humilité, gravité et crainte, et après en avoir reçu l’ordre de l’Abbé.
La ponctualité, l'obéissance et l'humilité sont au cœur de ce chapitre où les rendez-vous avec Dieu , le temps de la prière sont prioritaires. Nous sommes généralement ponctuels à nos rendez-vous, à notre travail, à la sortie de l'école. Quelle est donc l'heure quotidienne de notre rendez-vous quotidien avec Dieu ?
On sait très bien que tout laxisme à ce sujet entraîne souvent un délaissement progressif. On ne boit plus à la source et notre foi va se dessécher. Passe-t-on une journée sans manger ?

KIEV © D.G © D.G
« Chaque fois que sonne l'oeuvre de Dieu, c'est une anticipation de ce moment essentiel où se réalise la Pâque du Seigneur, la rencontre définitive de Dieu... Prenons toujours mieux la mesure de la dimension surnaturelle de notre vie, de l'irruption de l'éternité dans le temps que nous vivons et qui ne prend de sens que par elle.. C'est en ce sens qu'il faut « être à l'Heure » ! * (p.490)
48. Le travail manuel de chaque jour
L’oisiveté est ennemie de l’âme. Les frères doivent donc consacrer certaines heures au travail des mains et d’autres à la lecture des choses divines. C’est pourquoi nous croyons devoir régler comme il suit ce double partage de la journée. (reprenant la tradition biblique, la journée est découpée en douze heures de durée variable, de l'aube au crépuscule – où la première heure correspond de nos jours à six heures du matin).

Monastère cistercien de Munkeby (Norvège)
La fromagerie.
Saint Benoît va développer largement ce sujet du travail manuel des moines qui est, particulièrement pour les cisterciens, un aspect important de leur choix de vie. Il combat absolument l'oisiveté . La vie monastique est très programmée, organisée, rythmée par les sept offices quotidiens ; S'y intercalent les temps de travail indispensables au bon fonctionnement économique du monastère, les temps de prière personnelle, de lectio divina, les temps de repas et de repos. La réunion dans la salle du chapitre est aussi quotidienne où l'abbé commente un chapitre de la Règle et donne des informations diverses. A quoi s'ajoutent ponctuellement des rencontres avec des laïcs, des conférences à entendre ou à donner etc...
Dans la vie active du monde, nous n'avons donc rien à envier aux moines qu'on pourrait croire mener une vie bien tranquille. Mais ce qui en fait la particularité, c'est la recherche d'équilibre entre action et prière. Quant à la relation à Dieu, un moine disait : « Pour moi, il n'y a plus de différence : Dieu est présent sans ma vie dans mes actions comme dans l'Eucharisite, la prière ou le silence. Il est toute ma vie. »
« Le critère... n'est pas de faire le plus de choses possible ; il est d'être dans la volonté de Dieu, de remplir généreusement le programme de Dieu, qui ne nous demande jamais plus que nous ne pouvons faire. »* (p.493)
La suite de chapitre est extrêmement détaillée et rigoureuse dans les consignes , Saint Benoît étant toujours soucieux du respect de chacun. On peut être frappé par ce mode de vie très encadré qui laisse peu de place aux aspirations personnelles mais il est à replacer dans le contexte de l'époque médiévale. Cependant, aujourd'hui encore la fidélité à la Règle dans les monastères reste forte même si quelques adaptations sont nécessaires et bienvenues.
On retiendra ce passage bien connu :C’est alors qu’ils sont véritablement moines, vivant du travail de leurs mains, comme nos Pères et les Apôtres. Que tout se fasse cependant avec mesure, par égard pour les faibles.
« C'est à la lumière de l'Evangile que prend tout son sens notre travail d'hommes. Il n'est pas un à-côté imposé par les nécessités, en marge d'une activité supérieure que constituerait notre vie de prière, liturgique et personnelle. Il nous insère, comme la prière, à la mesure même de l'authenticité de notre vie de prière, dans l'Oeuvre du Christ créateur et sauveur, en qui se rejoignent et s'unifient la vie du monde et la vie de Dieu. » * (p.499)
RB 49. L’observance du Carême
La vie d’un moine devrait être, en tout temps, conforme à l’observance du Carême. Néanmoins, comme cette perfection est le fait d’un petit nombre, nous recommandons aux frères de vivre en toute pureté ces jours du Carême, et d’effacer en ces saints jours toutes les négligences des autres temps. Nous le ferons dignement, si nous nous préservons de toute sorte de vices, si nous nous appliquons à la prière avec larmes, à la lecture, à la componction du cœur et à l’abstinence.
Donc, en ces jours, ajoutons quelque chose à la tâche ordinaire de notre service : oraisons particulières, abstinence de nourriture et de boisson. Ainsi, chacun offrira de sa propre volonté à Dieu, dans la joie du Saint-Esprit, quelque chose au-dessus de la mesure qui lui est prescrite, c’est-à-dire qu’il retranchera à son corps sur la nourriture, la boisson, le sommeil, la conversation et la plaisanterie, et qu’il attendra la sainte Pâque avec la joie du désir spirituel.
Néanmoins, chacun soumettra à son Abbé ce qu’il veut offrir, et n’agira qu’avec sa prière et son agrément ; car ce qui se fait sans la permission du père spirituel sera mis au compte de la présomption et de la vaine gloire, et non du mérite. Que tout se fasse donc avec l’assentiment de l’Abbé.
Pour le chrétien, chaque jour est vécu dans l'union à Dieu. Le temps du Carême met encore davantage l'accent sur nos efforts pour nous conformer à l'attente de Dieu. Repérer là où dans notre vie, il y a un peu de négligence pour la surmonter, prier davantage, être plus fraternel etc...
Le but n'est pas le sacrifice mais bien d'être toujours plus à la suite du Christ qui nous mène à Dieu.
Des efforts dans de petites choses nous aideront à en faire dans de plus grandes, à apprendre aussi à renoncer au superflu pour tendre vers l'essentiel. « Dans la joie de l'Esprit-Saint » !
"Le renoncement allège l'âme, lui rend sa virginité, sa limpidité, sa légèreté surnaturelle. La joie du carême, c'est la joie de donner... Le carême nous fait entrer dans ce désert où peut se nouer le coeur à coeur avec Dieu." * (p.511)
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* Cf. Texte et commentaires de la Règle dans « Quel est l'homme qui désire voir des jours heureux » – P.Denis HUERRE Ed. Saint Léger 2023 Traduit en français par Germain Morin de l’abbaye de Maredsous1944 - Révisé sur la traduction de Philibert Schmitz de la même abbaye , 2023
Mise à jour : Jeudi 30 Mai 2024, 12:32
Denyse
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Dimanche 21 Avril 2024
En tenue d'Eve
EN TENUE D'EVE
Féminin, pudeur et judaïsme
Delphine HORVILLEUR
Editions Grasset 2017 - Coll. Points Essais
184 p.
Delphine HORVILLEUR est rabbin, membre du Mouvement juif libéral de France
Adam et Eve … Récit de la Genèse... Homme et femme, Il les créa....
Il n'est pas bon que l'homme soit seul (Genèse 2,18) … Eve fut tirée du côté d'Adam … ou tiré d'une côte d'Adam ?
Côte ou côté, cela semble un détail ? Pas du tout ! Pour les rabbins du Talmud, c'est capital et déterminant.
Si Eve est tirée d'une côte d'Adam, c'est donc qu'elle a été conçue par Dieu pour être à jamais dépendante de l'homme et soumise à lui. Si Eve fut tirée du coté d'Adam, c'est donc que ce coté-là était féminin et l'autre côté masculin. L'homme des origines était hermaphrodite ! Il y a toujours en l'homme une part de féminin et réciproquement...
Les commentaires judicieux parfois malicieux et sans fin des rabbins se penchent depuis toujours sur cette question, et ce sujet du genre reste d'actualité.
Delphine Horvilleur analyse les sens de la pudeur et de la nudité, l'obsession du corps de la femme pour proposer une autre interprétation des textes et de la tradition. Elle met à mal les lectures qui font de la femme un être tentateur, et de la pudeur l'instrument de sa domination.
La lecture de ce livre extrêmement intéressant quant à la connaissance des mots hébreux à de multiples entrées qui peuvent prêter à confusion mais aussi à précisions, nous ouvre le monde complexe de nos relations hommes-femmes, des causes de la pudeur, de l'étude du Talmud réservée aux hommes, tout comme la nef des synagogues, de la femme vue comme séductrice, du port ou non du voile...
Ce document qui pourrait prêter à sourire mais pourtant sérieux, est riche d'un enseignement qui éclaire mais ne résout pas complètement quelle est l'exacte place de la femme voulue par Dieu. Les féministes d'aujourd'hui se chargent de remettre l'homme à sa juste (?) place. Le mythe d'Adam et Eve n'a pas fini de faire parler de lui.
DG
Extraits
- La yeshiva [maison d'étude] est traditionnellement un monde d'hommes qui lisent et qui parlent, le lieu du brouhaha de l'étude. C'est donc un lieu dans lequel la femme, silencieuse et cachée, n'a rien à faire, un espace dans lequel elle symbolise la marginalité absolue... Et si une femme étudiait avec nous ? La question rhétorique est posée par les rabbins à travers d'autres mythes littéraires, y compris dans le Talmud. ..Mais chaque fois qu'ils envisagent une telle situation, les érudits y pointent une menace systémique pour la maison d'étude...comme si la structure risquait d'être ébranlée par la mixité et la confusion des genres. (p.29-30)
- Dès le récit de la Genèse, la Bible insiste sur le danger que peut constituer la vision. Eve voit le fruit défendu et le trouve beau. C'est alors qu'elle le saisit pour le manger et en nourrir Adam. Les ennuis commencent parce que l'humanité a vu et aussitôt voulu.... On retrouve dans le judaïsme et ses rites une très grande méfiance vis-à-vis du regard et du sens de la vue... Ainsi, la prière la plus centrale du judaïsme, la plus célèbre sans doute, est-elle appelée le « Shema » (ou Shema Israël). « Shema » signifie littéralement « écoute ». Il est une invitation à entendre les commandements et les injonctions du divin à l'égard de son peuple. La parole divine s'écoute mais ne se « voit » pas : la révélation est d'abord et avant tout auditive. (p.88-89)
Mise à jour : Lundi 22 Avril 2024, 14:08
Denyse
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Dimanche 14 Avril 2024
Le roitelet
LE ROITELET
Jean-François BEAUCHEMIN
Ed. Gallimard – Folio 2023
189 p.
Depuis son enfance, un homme vit à la campagne. Avec sa femme Livia, il partage son quotidien avec son frère schizophrène. La relation des deux frères est étroite, d'un grand respect mutuel, chacun ayant à sa façon souci de l'autre.
Cette vie à la fois ordinaire et pourtant peu banale nous est contée avec une infinie délicatesse.
Remarquable qualité d'écriture qu'est celle de Jean-François Beauchemin.
Là où on pourrait voir du malheur surgissent amour , lumière et émerveillement.
Dans un autre roman de cet auteur, « Le vent léger » , on retrouve cette même finesse, toujours dans un contexte familial difficile.
Des livres qui font du bien .
DG
Extraits
- Il ressemblait, avec ses cheveux courts aux vifs reflets mordorés, à ce petit oiseau délicat, le roitelet. Oui, c'est ça : mon frère devenait peu à peu un roitelet, un oiseau fragile dont l'or et la lumière de l'esprit s'échappaient par le haut de la tête. Je me souvenais aussi que le mot roitelet désignait un roi au pouvoir très faible, régnant sur un pays de songes et de chimères. (p.18)
- A un moment mon frère s'est levé et est entré dans la maison. Il en est ressorti un quart d'heure plus tard avec un gros sac plein de mes vêtements, subtilisés par lui dans mes tiroirs. 'S'il me faut absolument être un autre que moi-même, annonça-t-il, c'est à toi que je veux ressembler.' (p.141)
- Ces mots murmurés par lui ce matin, m'inspirent encore une frayeur sans nom : « Souvent, je m'enferme chez moi à double tour et je me cache sous les draps. Les voix terribles que j'entends dans ma tête, et les visions qui m'apparaissent, continuent pendant des heures. Toi, si tu es pourchassé par un malfaiteur, tu as toujours la possibilité de te mettre à l'abri. Moi, je ne le peux pas. Le malfaiteur est dans mon cerveau et je ne peux pas m'enfuir. Ma seule porte de sortie est ce jardin où je te retrouve presque chaque jour et dans lequel résonne le pépiement si rassurant des oiseaux. Et encore : il arrive que même les oiseaux ,ne me suffisent plus. Alors, il ne me reste que les pages des poètes. » (p.120-121)
Mise à jour : Samedi 4 Mai 2024, 11:39
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Mardi 09 Avril 2024
Règle de saint Benoît ch.32-33-34-35-36-37-38-39-40–41-42
Sommaire
REGLE DE SAINT BENOÎT - Texte et commentaires
La Règle a été conçue par saint Benoît pour des communautés monastiques. Mais que nous soyons religieux ou laïcs dans le monde cette Règle peut être pour nous une aide précieuse pour avancer dans l'esprit de l'Evangile. Nous en proposons ici un commentaire un peu actualisé.
RB 32. Les outils et les objets du monastère
L’Abbé chargera ceux des frères dont la vie et les mœurs lui inspirent confiance de tout ce que le monastère possède en outils, vêtements et autres objets. Il leur en confiera le soin particulier, selon qu’il le jugera utile à leur entretien et à leur conservation. L’Abbé en tiendra un inventaire pour savoir, lorsque les frères se succèdent tour à tour dans ces charges, ce qu’il donne et ce qu’il reçoit.
Si quelqu’un traite avec malpropreté ou négligence les choses appartenant au monastère, il sera réprimandé ; s’il ne s’amende pas, il sera soumis à la discipline régulière.
Dans ce lieu qu'est le monastère qui se voudrait idéal (mais ne l'est pas bien sûr), une grande attention est apportée à la responsabilité de chacun dans les grandes ou petites choses. Il est bien connu que, qui n'apporte pas le meilleur soin possible dans les petites choses ne pourra guère le faire dans les grandes.
Une maison, un jardin , un bureau, une tenue en désordre peuvent être révélateurs d'un tempérament et d'un esprit désordonné. Petit tour d'horizon dans notre vie personnelle ….
Le Carême qui est approche peut être pour nous l'occasion de redresser ce qui pousse de travers. Notre vie spirituelle s'en trouvera rafraîchie et fortifiée.
« Cherchons Dieu vraiment et nous le trouverons en tout et partout... Chapitre précieux pour qui verrait dans l'usage des choses un obstacle pour la paix en Dieu... regard de foi sur les objets et l'usage que que nous en faisons... Mise en garde contre l'esprit de propriété... utilisation à une fin individuelle, égoïste de ce qui ne nous appartient pas... La netteté que saint Benoît nous demande dans les choses matérielles a une grande importance spirituelle... Il nous faut dès l'instant présent apprendre à parler ce langage divin que nous parlerons éternellement... Il fait bon vivre ensemble dans une maison où règnent l'ordre et la propreté. » (p.399-401) *
RB 33. Si les moines doivent avoir quelque chose en propre
Avant tout, il faut retrancher radicalement du monastère ce vice de la propriété. Que personne ne se permette de rien donner ou recevoir sans l’autorisation de l’Abbé, ni d’avoir quoi que ce soit en propre, absolument aucune chose — ni livres, ni tablettes, ni stylet pour écrire ; en un mot, rien du tout — , puisqu’il n’est pas même permis aux moines d’avoir en propre ni leur corps, ni leurs volontés, mais qu’ils doivent attendre du père du monastère tout ce qui leur est nécessaire. Qu’il ne leur soit donc jamais licite d’avoir quelque chose que l’Abbé n’aurait pas donné ou permis.
Que tout soit commun à tous, ainsi qu’il est écrit[ Ac 4, 32 ] ; que personne n’ait la témérité de s’approprier quoi que ce soit, pas même en paroles. Si quelqu’un devait se complaire en ce vice détestable, on l’avertira une première et une seconde fois ; s’il ne s’amende pas, il sera soumis à la correction.
Ce qui est demandé ici au moine ou à la moniale est donc de ne rien posséder personnellement. Un autre monde que le nôtre où nous sommes tant désireux de posséder des biens, d'avoir des choses rien qu'à soi ! Pourquoi ces exigences de saint Benoît ?
Souvenons-nous de cet homme dans l'Evangile qui n'avait de cesse de stocker ses récoltes dans ses granges. Puis, soudainement il meurt. Qu'emportera-t-il avec lui ?
Tout vient de Dieu et nous ne sommes que des gérants, responsables certes (la Règle nous le rappelait au ch.32) des biens qui nous sont confiés. Mais ils ne sont que des outils qui nous permettent de les mettre au service de ceux qui nous entourent. Ne soyons pas l'avare de Molière qui ne vit que pour ses pièces d'or.
Ce temps de Carême peut nous inviter à nous débarrasser de l'inutile, à nous alléger en partageant.
Le but étant de nous attacher seulement à l'essentiel : l'amour de Dieu. Qui ne va pas sans l'amour des frères.
« Jésus a dit : ' Nul ne peut servir deux maîtres '. C'est ou bien le ciel ou la terre.... Notre bien, c'est Dieu... La pauvreté doit nous apparaître comme une source de libération, d'ouverture, de disponibilité... (p.402)
Jésus qui s'est fait pauvre parmi les pauvres, ne nous dit pas que la perfection se trouve dans la pauvreté matérielle proprement dite, mais dans la charité, non dans le dénuement pur et simple, mais dans la pauvreté spirituelle. Prise de conscience de sa dépendance totale vis-à-vis de Dieu... (p.408) »*
34. Si tous doivent recevoir également le nécessaire
Comme il est écrit : On partageait à chacun selon ses besoins.[ Ac 4, 35 ] Nous n’entendons pas dire par là qu’on soit partial envers personne — pourvu que non ! — mais qu’on ait égard aux infirmités. Celui qui a besoin de moins, qu’il rende grâce à Dieu et ne s’attriste pas ; faut-il à un autre davantage, qu’il s’humilie de sa faiblesse et ne s’élève pas de la miséricorde qu’on a pour lui. Ainsi tous les membres seront en paix.
Avant tout, que jamais n’apparaisse le vice du murmure, pour quelque raison que se soit, ni dans le moindre mot, ni dans un signe quelconque. Si quelqu’un y est surpris, qu’il soit soumis à une correction sévère.
« ...selon ses besoins » : de quoi ai-je vraiment besoin ? Et si je donnais tout ou partie ce que j'ai en trop ? Le détachement d'objets matériels est parfois difficile mais cela peut être une vraie libération.
Ayons surtout le souci de donner à ceux qui ont bien trop peu.
Se libérer aussi des pensées inutiles et vaines parfois envahissantes ? Faire le deuil de rêves impossibles pour vivre pleinement ce qui nous est donné aujourd'hui. Saint Benoît insiste sur le fait qu'au moins rien n'apparaisse de nos « murmures ». Les Français (entre autres!) sont souvent en train de se plaindre. Rendrons grâce pour ce que nous avons , prions et agissons en faveur de ces populations démunies et qui souffrent de la guerre.
« Quels que soient nos besoins, cultivons l'art d'être toujours contents, toujours reconnaissants à Dieu et à nos frères pour la part qui nous est faite. C'est cette part que nous avons à faire fructifier, pour laquelle il nous sera demandé compte... Toujours rendre grâce... A qui possède Dieu, rien ne manque. » (p.413) *
35. Les serviteurs de semaine de la cuisine
Les frères se serviront mutuellement. Personne ne sera dispensé du travail de la cuisine, si ce n’est pour cause de maladie ou pour s’occuper d’affaires plus utiles. C’est par cet exercice, en effet, qu’on acquiert plus de mérite et un accroissement de charité. On donnera des aides à ceux qui sont faibles, afin qu’ils n’accomplissent pas cette tâche avec tristesse. Tous auront ainsi des aides, selon que le demandera l’état de la communauté ou la situation du lieu....

La cuisine - Les vieux métiers d'Azannes (55) © D.G
On voit ici tout le respect que saint Benoît a pour ses moines. Ses remarques sont à la fois directives et nuancées. On pourrait penser que dans une collectivité, les règles soient immuables et rigides pour préserver l'ordre et l'égalité. Selon Benoît, le travail n'a de sens que dans la mesure où il y a aussi humanité et attention à l'autre. Bien des entreprises ont pris conscience que la bonne santé de l'employé va se répercuter sur la qualité du travail. Tout le monde s'y retrouve.
On voit aujourd'hui les souffrances de pays en guerre où plus rien n'est respecté, où l'homme compte pour peu de chose sinon pour arriver aux fins poursuivies par quelques-uns.
Le projet de saint Benoît repose sur sa vision du Paradis qui n'est pas sans contrainte mais applicable avec une grande fraternité. C'est ainsi que Dieu nous attend.
Toute méditation sur le service est attirante pour un cœur chrétien : il sent que là est la vérité de l'Evangile ; elle lui manifeste aussi à l'évidence combien il est loin d'être un bon et fidèle serviteur. Que de fois nous agissons en mercenaires ! Demandons à l'Esprit de Jésus de nous conformer intérieurement à Celui dont le service a été pour nous la mort sur la Croix. (p.418)*
Saint Benoît détaille ensuite très précisément les fonctions de chacun au service de la communauté en insistant toujours sur les relations fraternelles et sur les besoins de chacun. Le tout, sous la protection de Dieu, en prononçant au moment d'entrer en fonction, un verset biblique : « Tu es béni, Seigneur Dieu, toi qui m'aides et me consoles » (Ps 85) ou « Dieu, viens me délivrer, Seigneur viens vite à mon secours ! »(Ps69)
Puissions-nous, nous aussi, faire ainsi « collaborer » Dieu à notre vie quotidienne !
36. Les frères malades
Avant tout et par-dessus tout, on prendra soin des malades, et on les servira comme s’ils étaient le Christ en personne ; car c’est lui-même qui a dit : J’ai été malade et vous m’avez visité [ Mt 25, 36 ] , et encore : Ce que vous avez fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous l’avez fait.[ Mt 25, 40 ]
De nombreux récits évangéliques relatent la grande attention et compassion que Jésus a pour les malades. Cela doit donc être aussi une de nos priorités. Etre malade, c'est être dans l'inquiétude, la douleur souvent. C'est être parfois dépendant. Etre écouté, visité dans ces moments difficiles fait toujours du bien, réconforte, apaise.
Qui visiterai-je aujourd'hui ?
Les malades considéreront de leur côté que c’est pour l’honneur de Dieu qu’on les sert, et ils ne mécontenteront pas par des exigences superflues leurs frères qui les servent. Et pourtant, il faudrait les supporter avec patience, parce qu’on en retire une plus large récompense. L’Abbé veillera donc avec le plus grand soin à ce qu’ils n’aient à souffrir d’aucune négligence.
Comme nous le voyons particulièrement dans ce passage, tous nos actes quotidiens devraient être reliés à Dieu. Servir nos frères c'est servir et aimer Dieu car à l'origine de nos gestes et paroles , c'est Dieu Créateur qui a mis en nous cet amour. Nous n'avons pas spontanément cette conscience du lien qui nous unit à Dieu ...
« C'est un don de Dieu qu'il nous faut cultiver dans la prière. » * (p.432)
RB 37. Les vieillards et les enfants
Bien que l’homme par nature soit porté à la compassion envers les vieillards et les enfants, l’autorité de la Règle doit néanmoins intervenir en leur faveur. On aura donc toujours égard à leur faiblesse, et on ne les astreindra pas à la rigueur de la Règle pour ce qui est de la nourriture ; mais on usera envers eux d’une tendre condescendance, et ils pourront devancer les heures régulières des repas.
Nous avons à porter attention aux personnes âgées et aux enfants qui sont particulièrement sensibles à la relation aux autres et aux bienfaits qu'elle apporte.
La Règle de saint Benoît n'a rien de rigide comme doivent l'être nos comportements qui ont à s'adapter aux personnes et aux situations. Dans une apparente contradiction, la Règle impose la souplesse ! Dans une juste appréciation des circonstances.
Nous avons nos façons de penser et nos valeurs mais soyons aussi à l'écoute des besoins de l'autre.
Des exemples pris dans la vie de Jésus témoignent de sa sollicitude, de sa sensibilité à la souffrance et de ses actions pour redonner joie et vie.
© D.G
« Il y a les faibles par leur âge, les faibles aussi à tout âge... Tous, soyons généreux en même temps qu'indulgents pour les faiblesses d'autrui. La charité arrange toutes choses. » (p.436)*
38. Le lecteur de semaine
La lecture ne doit jamais manquer à la table des frères. Il ne faut pas que le premier venu s’empare du livre et le lise; mais un lecteur entrera en fonction le dimanche pour une semaine entière. Après la Messe et la Communion, il commencera par se recommander aux prières de tous...
Qu’on observe à table un silence absolu et qu’on n’y entende ni chuchotement ni parole, hormis la voix du lecteur. Que les frères se servent mutuellement ce qui est nécessaire en nourriture et boisson ; afin que personne n’ait besoin de rien demander....
Les frères ne liront ni ne chanteront à tour de rang, mais ceux-là seulement qui sont capables d’édifier les auditeurs.
Si l'occasion nous a été donnée de vivre quelques journées dans un monastère, nous avons pu constater les caractéristiques de ce temps du repas en silence « hormis la voix du lecteur ».
Temps où on rend grâce pour le repas partagé mais qui n'est pas un temps de bavardage entre convives. On écoute une musique ou une lecture, souvent celle d'un livre non religieux (vie de saints, témoignages de chrétiens, de vie dans des pays en conflits politiques ou religieux, vie de l'Eglise...). La voix du lecteur doit être audible comme doivent l'être celles de nos lecteurs lors des messes en paroisse.
C'est donc toujours avec soin que sont vécus chaque temps du jour, qu'on mange, qu'on travaille, qu'on se détende ou qu'on dorme. Sous le regard de Dieu.

« Pour le chrétien, pour le moine, il n'y a pas de lecture profane. Ou plutôt, ce qui en soi est profane cesse de l'être du fait qu'il est lu ou écouté avec une mentalité chrétienne... Il y a une manière chrétienne de lire ou d'entendre l'information la plus banale. C'est une parcelle de l'histoire de Dieu parmi les hommes. En l'écoutant, nous ne sommes pas des auditeurs passifs, nous y entrons, nous en devenons acteurs. » (p.436-437) *
39. La mesure de la nourriture

Nous croyons que deux mets cuits doivent suffire à toutes les tables pour le repas quotidien....
Si l’on a un travail plus considérable, il dépendra de la volonté et du pouvoir de l’Abbé d’ajouter quelque chose, au cas où il le juge opportun et en évitant tout excès...
Rien n’est aussi contraire à tout chrétien que l’excès de table, selon cette parole de notre Seigneur : Veillez à ce que vos cœurs ne s’appesantissent pas sous l’excès.[ Luc 21, 34 ]
Toute la vie du moine est prise en compte par saint Benoît. De même, dans notre vie , tout devrait être en harmonie : le travail, les loisirs, les repas, le sommeil... Question de bon sens mais aussi d'équilibre personnel et de cohésion avec notre foi.
Nous prions pour que diminue la faim dans le monde ? S'impose à nous une certaine sobriété et le partage...
Nous prions pour la paix ? Commençons par la vivre avec nos proches...
Nous nous désolons à propos du réchauffement climatique ? Trions nos déchets, utilisons nos véhicules avec modération...
Veillons donc à ce que nos cœurs et nos actes soient en harmonie avec la foi que nous proclamons.
" Quant à l'application, à la mesure à observer, c'est à chacun de voir ce qu'il faut. .. Il faut tenir compte des besoins et des forces de chacun... Permettre aux libertés individuelles de s'exercer afin que tous puissent demeurer dans l'action de grâce et que soit évité le murmure. "* (p.449)
RB 40. La mesure de la boisson
Chacun a reçu de Dieu son don propre : l’un celui-ci, l’autre celui-là.[ 1 Co 7, 7 ] Ce n’est donc pas sans quelque scrupule que nous fixons aux autres la mesure de leur aliment. Néanmoins, ayant égard au tempérament de ceux qui sont faibles, nous croyons qu’une hémine de vin suffit à chacun pour la journée [elle équivalait probablement à un quart de litre]. Que ceux auxquelsDieudonne la force de s’en abstenir sachent qu’ils en recevront une récompense particulière.Si la situation du lieu, ou le travail, ou les chaleurs de l’été demandent davantage, le supérieur en décidera ; mais il veillera en tout à ne pas laisser aller jusqu’à la satiété ou à l’ivresse. Nous lisons, il est vrai, que le vin ne convient aucunement aux moines ; mais comme on ne peut en persuader les moines de notre temps, convenons du moins de n’en pas boire jusqu’à satiété, mais avec modération, car le vin fait apostasier même les sages.[ Si 19, 2 ]
Si les conditions du lieu ne permettent pas de se procurer cette mesure de vin, mais beaucoup moins, ou même rien du tout, les habitants de l’endroit béniront Dieu et se garderont de murmurer ; car c’est là l’avertissement que nous donnons avant tout, qu’on s’abstienne des murmures.
On pourrait considérer que ces remarques ne sont guère essentielles adressées à des moines à priori sages et sobres. Saint Benoît estime pourtant, comme pour la nourriture au ch.39, que tout se tient et que personne n'est à l'abri de se laisser aller. Mais autant il condamne tout excès, autant il respecte chacun. Il faut se rappeler aussi qu'à l'époque de Benoît, les travaux manuels étaient particulièrement durs, travaux des champs en particulier. Le réconfort « d'une hémine de vin » n'était pas un luxe. Mais en tout, il faut garder sagesse et modération.
En ce qui nous concerne aujourd'hui, à chacun de repérer dans sa vie, les modérations à apporter.
Quant aux murmures, les Français devraient bien être à l'écoute de Benoît !
« Il y a quantité d'habitudes qui rythment l'existence quotidienne. Il faut de temps à autre s'examiner pour voir si elles sont selon la raison et selon Dieu et si elles servent notre vie profonde.Nous savons tous qu'il ne faut pas se laisser mener par ses habitudes sans en contrôler le bien-fondé... Nous sommes des fils de Dieu : nous devons agir comme tels. » * (p.451)
RB 41 À quelle heure les frères doivent prendre leur repas
Depuis la sainte Pâque jusqu’à la Pentecôte, les frères dîneront à Sexte et souperont le soir. Durant tout l’été, à partir de la Pentecôte, ils jeûneront le mercredi et le vendredi jusqu’à None, s’ils n’ont pas de travaux dans les champs, ou si la chaleur excessive de l’été ne les incommode pas. Les autres jours, ils dîneront à Sexte...
C’est à l'Abbé de régler et disposer toute chose de telle sorte que les âmes se sauvent et que les frères fassent leur tâche sans motif légitime de murmure...
Les heures de repas sont ajustés en fonction du temps liturgique, de la saison, des nécessités du travail et si besoin selon l'avis de l'Abbé qui doit faire en sorte que le déroulement d'une journée s'effectue dans les meilleures conditions pour tous.
Conseils de sagesse loin d'être appliqués de nos jours dans les entreprises qui ont souvent plus le souci du travail à effectuer que des personnes elles-mêmes.
Le document très officiel Dignitas infinita sur la Dignité humaine publié ces jours-ci par le Vatican attire justement notre attention sur le respect de la vie de tout homme, quel qu'il soit et quoi qu'il fasse. Rien ne justifie la maltraitance, le mépris, la violence et pire la mort.
A lire.

« Que chaque jour se fasse le réajustement de notre vie à la lumière du mystère central de notre vie chrétienne. » (p.460)*
RB 42 Que personne ne parle après Complies
...Tous ainsi assemblés, on récitera les Complies, et depuis la sortie de cet office, il ne sera plus permis de dire quoi que ce soit à personne. Si quelqu’un enfreint cette règle du silence, il sera soumis à une punition très sévère : excepté en cas de la réception des hôtes ou si l’Abbé à un ordre à donner. Même alors, la chose se devra faire en toute gravité, retenue et bienséance.
Ce silence est en harmonie avec l'environnement et la nature où les bruits s'apaisent. Cela devrait être pour nous tous, après une journée active, un temps de calme où on revoit sa journée, ce qui a été bon et dont on peut rendre grâce et ce qui l'a été moins, à améliorer.
Terminer sa journée en regardant à la télévision un film violent ou des inepties n'est pas forcément une bonne idée. Un documentaire enrichissant et apaisant est bien plus profitable. Ou un bon livre. Ou s'asseoir dans son jardin. Privilégier le silence.
« Le vrai silence ne s'improvise pas. Il est le fruit d'une grande fidélité. Cela vaut la peine de s'y exercer, car il crée en nous une affinité avec le monde divin. Travailler son âme pour vivre selon les pensées de Dieu. La nuit est le temps du repos et de la prière. » * (p.468)

Marseille – ND de la Garde © D.G
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* Cf. Texte et commentaires de la Règle dans « Quel est l'homme qui désire voir des jours heureux » – P.Denis HUERRE Ed. Saint Léger 2023 Traduit en français par Germain Morin de l’abbaye de Maredsous1944 - Révisé sur la traduction de Philibert Schmitz de la même abbaye , 2023
Mise à jour : Mercredi 17 Avril 2024, 16:26
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Jeudi 28 Mars 2024
Sagesse cachée des monastères
SAGESSE CACHEE DES MONASTERES
10 rencontres au parfum d'éternité
Samuel PRUVOT, Marie de VARAX
Photographies de Guillaume RIVIERE
Ed. Mame – Coll. Spiritualité 2023
128 p.

Sagesse cachée des monastères est un très beau livre : grand format, photographies remarquables, belle mise en page sont un premier contact séduisant auquel le titre nous invitait déjà et attirait l'attention : sagesse – cachée - monastère – parfum d'éternité... Comment résister ?
La lecture de ce livre ne nous décevra pas. Dix témoignages de contemplatifs français d'un « certain âge », donc ayant une longue expérience de la vie monastique (2 bénédictins,3 bénédictines, 2 cisterciens, 1 trappistine, 1 carmélite, 1 visitandine) sont recueillis par les auteurs qui, par des questions précises et même parfois indiscrètes, nous rapportent les particularités de la vie contemplative.
Une vie de travail, comme tout homme et femme, une vie communautaire ce qui est déjà moins banal, qui a ses rudesses mais aussi un goût de paradis, une vie de prière tournée vers Dieu de l'aube à la nuit. Ils nous racontent comment l'appel de Dieu s'est fait entendre, les obstacles surmontés pour y répondre, les joies et les croix de leur existence, les grâces reçues au coeur du dépouillement.
Rien d'une prison mais des renoncements pour un plus grand bien : s'approcher de Dieu dont ils sont tous amoureux. Pas d'amour sans liberté. Mais la liberté n'est pas, comme on le croit parfois dans le monde, de pouvoir faire n'importe quoi. C'est une liberté qui fait des choix et pour ces religieux(ses) le chemin de la Sagesse est celui de la Parole de Dieu.
Ces entretiens d'une belle profondeur sont pleins de vie, d'amour, d'enthousiasme même jusqu'à un âge avancé et peuvent ouvrir pour le lecteur aussi une réflexion sur le sens de sa vie et la part qu'il en donne à Dieu.
Les photographies de Guillaume Rivière nous aident aussi à entrer un peu dans cet univers dont Dieu est le Maître et le Père. C'est sans doute cela qui le « parfume d'éternité ».
Un bel hommage à ces hommes et femmes en quête de sagesse.
DG
Extraits
- Rencontrer Dieu dans la vie ordinaire … ce n'est pas très exaltant...
Vous croyez ? Essayez plutôt ! Plus je me laisse attirer par le mystère de Dieu, plus je suis subjuguée par ce mystère d'immensité, de splendeur, d'éternité... plus je me laisse déranger par ce mystère, plus je le rencontre au cœur de la vie humaine. ( Sr Marie-Christophe, visitandine au monastère de Voirons – p.72 )
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Je suis entré à dix-huit ans au monastère de la Pierre-qui-Vire et cela fait soixante sept ans que je suis là, sans aucun regret.... Le plus beau cadeau que le Seigneur m'a fait, ce sont mes frères . (Fr.Basile, bénédictin – p.34)
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Qu'est-ce qui vous attirait à la Trappe ?
Le mot qui me vient est : radicalité... Le silence, c'est très cistercien . (Sr Godelieve -Abbaye cistercienne Sainte Marie du Rivet – p.95)
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Ma grande souffrance, c'est que beaucoup de mes neveux et nièces baptisés ne pratiquent plus. Le dimanche, je les mets sous mon manteau ! Un jour, n'en pouvant plus, je m'en suis plainte au Seigneur. Et il m'a fait comprendre : « Moi, je sais les desseins que je forme pour eux » (Jérémie 29,11). Jésus a apaisé mon angoisse. Je suis paisible maintenant. Je me dis : « Ce n'est pas toi qui sauve les âmes, c'est Lui ! » (Sr Thérèse Marguerite de Jésus – Carmel de l'Incarnation et de la Sainte Famille d'Angers - p. 50)
Mise à jour : Jeudi 11 Juillet 2024, 16:25
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Vendredi 15 Mars 2024
De toutes les nations... Pour la catholicité des Eglises
« De toutes les nations... »
Pour la catholicité des Eglises
GROUPE DES DOMBES
Ed. Cerf Patrimoines, 2023
283 p.
Le Groupe des Dombes, fondé en 1937 à l'initiative de l'abbé Paul Couturier, réunit une quarantaine de membres, catholiques et protestants, de France, Belgique et Suisse. Ses documents, traduits en de nombreuses langues, constituent une référence dans le dialogue oecuménique.
Voici un document conséquent voire exhaustif sur le thème de la catholicité des Eglises, résultat du travail non moins conséquent du Groupe des Dombes.
Contrairement à ce qu'on croit « je crois en l'Eglise catholique » du Credo n'exprime pas une appropriation de la foi par l'église catholique mais au contraire le terme de « catholique » exprime une dimension universelle, le Christ étant venu pour sauver tous les hommes.
L'enjeu soulevé par ce livre est d'affirmer que l'Eglise catholique et celles de la Réforme forment une seule Eglise, bien qu'en communion imparfaite.
Protestants et catholiques sont-ils d'accord sur ce sujet ? En quoi les échanges ont-ils permis une avancée dans ce sens, un début de communion ? Quels chemins restent-ils à parcourir pour parvenir à l'unique Eglise du Christ ?
Chaque Eglise tient a ses caractéristiques propres en ce siècle où chacun défend son identité face à la mondialisation, à la peur d'être « mangé » par le plus fort, à l'émergence des spécificités d'Eglises à la culture différente qu'on se doit de respecter.
« La catholicité n'est pas la propriété exclusive des fidèles catholiques romains, mais elle qualifie l'Eglise chrétienne toute entière... et il n'y a pas de catholicité sans 'réforme' permanente, au sens d'un nécessaire retour à son cœur, l'Evangile. » (p.13)
Une avancée de l'oecuménisme serait de « vivre de la manière la plus engagée les uns avec les autres, avec nos différences pour richesses, mais sans nous contenter d'une simple juxtaposition et en aspirant à une authentique catholicité. » (p.13)
Le travail du groupe des Dombes a consisté à repérer ce qui, dans la diversité même, fait aujourd'hui obstacle à l'unité.. Il est parti d'une étude de la constitution du « canon des Ecritures ».
Aux origines de l'histoire de l'Eglise a été mise en œuvre de façon exemplaire cette unité dans la diversité. Puis un parcours historique souligne les avancées et les crises, les tentatives de réconciliation et les nouvelles aspirations du XXI°siècle où se mêlent un œcuménisme perdu de vue à une quête d'unité.
S'appuyant sur l'Evangile, le Groupe soulignel'exigence de l'Evangile en ce domaine , la reconnaissance de ce qui, dans chacune de nos traditions a besoin d'être ' converti ' et 'réformé ' afin que nos Eglises offrent le témoignage d'une unité plus visible, témoignage que le Christ attend de ses disciples et dont le monde a plus que jamais besoin. (p.17)
DG
Extraits
- L'expression "foi catholique et apostolique" apparaît dans le Canon romain de la messe entre le 4°s. (Ambroise) et le tout début du 7°s. (Grégoire le Grand). (p.64)
- [ A l'époque médiévale], Cyrille et Méthode en permettant à l'Orient et à l'Occident chrétiens de se rencontrer, et en montrant que c'est avec son génie propre que chaque peuple reçoit la Révélation, manifestent la catholicité de l'Eglise. (p.68)
- [Au 16°s. ], la catholicité n'a pas seulement donné lieu à des considérations théoriques dans le cadre de controverses entre catholiques et protestants; elle s'est aussi jouée (de manière explicite ou implicite) sur des terrains aussi différents que ceux de la célébration liturgique, de l'expérience missionnaire ou des relations entre communautés ecclésiales. (p.99)
- Les Eglises unies, quoiqu'il en a été du passé, pourraient aujourd'hui se sentir investies d'une double mission : d'abord bien sûr, constituer un pont entre l'Occident latin et les diverses formes de christianisme oriental ; ensuite ad intra, rappeler à l'Eglise romaine que son identité catholique ne se limite pas à l'héritage latin mais comprend aussi une part des riches traditions issues de l'Orient chrétien, dans sa diversité même. (p.118)
- " La catholicité de l'Eglise n'est pas d'abord une extension spatiale ou son ouverture fondamentale au monde, mais le règne illimité du Christ" (J. Moltmann - L'Eglise dans la force de l'Esprit). La catholicité du Christ précède et conditionne la catholicité de l'Eglise. (p.125)
- [ De nos jours], l'ensemble des données recueillies montre la multiplicité des approches oecuméniques et l'abondance d' initiatives prises par de nombreuses Eglises, dans les différents continents, au niveau local comme au niveau international. Cela manifeste une volonté de rapprochement et met en oeuvre une "catholicité de cheminement", qui remplace avantageusement la logique antérieure de distanciation et d'opposition. On peut espérer que chaque croyant prenne conscience de ces rapprochements et que cela renforce la crédibilité de son témoignage. (p.189)
- Que voulons-nous ? Pourquoi insister sur la catholicité alors qu'on peut si bien « rester comme on est « ? La foi chrétienne nous appelle, au-delà de nos repaires identitaires, à accepter et à vivre le dessein même de Dieu-Trinité, qui est communion dans la diversité. Ce dessein est en faveur de l'humanité : sur les traces de l'apôtre Paul, il s'agit bien que « Dieu soit tout en tous » (1Co15,28)....
Dans ce cheminement, nous croyons que Dieu montrera pas à pas à quelles formes d'unité il nous appelle pour manifester davantage la catholicité de son Eglise. (p.253)
- Dieu suscite l'Eglise non pour elle-même mais au service de l'humanité, dans la ligne de ce qui est écrit au sujet d'Abraham : « En toi seront bénies toutes les familles de la terre. » (Gn22,18). L'annonce de l'Evangile exige que les Eglises renoncent à l'esprit de compétition ou de concurrence qui a souvent marqué l'histoire des missions. Elle exige pour sa crédibilité même, que les communautés ecclésiales donnent le témoignage de relations fraternelles, qu'elles unissent leurs efforts pour oeuvrer avec les hommes et les femmes de bonne volonté au service de la justice et de la paix, qu'elle partagent avec eux leur désir de préserver l'avenir de notre Terre, et qu'elles puissent dire d'une seule voix la joie de l'Evangile et l'espérance dont il est porteur pour l'humanité de notre temps. (p.263)
Mise à jour : Mardi 19 Mars 2024, 15:51
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Mercredi 21 Février 2024
Un carême dans l'espérance
Un carême dans l'espérance
40 jours pour se préparer à la joie de la résurrection
DON MONTFORT DE LASSUS SAINT-GENIES
Ed. Mame 2024
95 p.
Voici un document simple et clair, style carnet de bord, qui peut nous aider pendant les 40 jours de ce Carême .
Depuis le mercredi des Cendres jusqu'à Pâques, à chaque jour est consacré une double page présentant le même déroulement :
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un psaume, parole d'espérance, qui invite à entrer dans la prière
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Dieu me parle, je l'écoute : l'auteur a fait le choix de donner directement la parole à Dieu qui s'exprime ici en des mots très humains, bienveillants, encourageants et paternels. C'est en père aimant que Dieu s'adresse à son enfant, en insistant sur l'espérance. " Mon enfant..."
Pour une initiation à l'écoute de la Parole de Dieu, cela peut être plus accessible que des paroles d'Evangile à l'état brut. Mais cela manque un peu tout de même.
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Je lui réponds : est proposée une réponse sous forme d'une courte prière
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Je m'engage à sa suite : en trois temps : prière, pénitence, partage
Etape qui offre une mise en pratique simple, au quotidien, de la méditation qui a précédé .
- Nous avançons dans l'espérance .
A partir de deux paroles bibliques, quelques interrogations plus spirituelles et missionnaires qui peuvent faire avancer vers les autres et vers Dieu, chaque jour d'un petit pas... «pour se préparer à la joie de la résurrection » .
C'est clair, bien équilibré, accessible à tous.
DG
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Dimanche 11 Février 2024
Paroles de sagesse
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Appliquez-vous à détacher votre cœur de l'amour des choses visibles, pour le porter tout entier vers les invisibles.
Si vous croyez beaucoup savoir, et être perspicace, souvenez-vous que c'est peu de chose à côté de ce que vous ignorez.
Quand vous verriez votre frère commettre ouvertement une faute, ne pensez pas cependant être meilleur que lui. Nous sommes tous fragiles, mais croyez que personne n'est plus fragile que vous.
- Au jour du jugement, on ne nous demandera pas ce que nous avons lu, mais ce que nous avons fait ; ni si nous avons bien parlé, mais si nous avons bien vécu.
- Celui-là est vraiment grand, qui a une grande charité.
- C'est en résistant aux passions, et non en leur cédant, qu'on trouve la véritable paix du cœur.
- N'ouvrez pas votre cœur à tous indistinctement ; mais confiez ce qui vous touche à l 'homme sage et proche de Dieu.
- J'ai souvent entendu dire qu'il est plus sûr d'écouter et de recevoir un conseil que d'en donner.

Abbaye de Fontenay (Côte d'Or).
- Si vous ne savez pas vous vaincre en des choses légères, comment remporterez-vous des victoires plus difficiles ?
- Chacun devrait être toujours en garde contre les tentations qui l'assiègent, et veillez et priez pour ne point laisser lieu aux surprises du démon, qui ne dort jamais, et qui tourne de tous côtés, cherchant quelqu'un à dévorer.
Plus on met de retard à repousser le mal, plus on s'affaiblit chaque jour, et plus l'ennemi devient fort contre nous.
- Appliquez-vous à supporter patiemment les défauts et les infirmités des autres, quelles qu'elles soient, parce qu'il y a aussi bien des choses en vous que les autres ont à supporter.
- Les justes, dans leurs résolutions, comptent bien plus sur la grâce de Dieu que sur leur propre sagesse ; et quoiqu'ils entreprennent, c'est en Lui seul qu'ils mettent leur confiance.

Abbaye de Noirlac (Cher)
- Si vous ne pouvez continuellement vous recueillir, recueillez-vous au moins de temps en temps, au moins une fois le jour, le matin ou le soir.
- Pensez souvent aux bienfaits de Dieu. Laissez là ce qui ne sert qu'à nourrir la curiosité. Lisez plutôt ce qui touche le cœur que ce qui amuse l'esprit.
- Retranchez les discours superflus, les courses inutiles.
Nul ne parle avec mesure, s'il ne se tait volontiers. Nul n'est en sûreté dans les premières places, s'il n'aime les dernières . Nul ne commande sans danger, s'il n'a pas appris à obéir.
- A cause de la légèreté de notre cœur et de l'oubli de nos défauts , nous ne sentons pas les maux de notre âme, et souvent nous rions vainement quand nous devrions bien plutôt pleurer .
- Avant de reprendre vos amis, ayez soin de vous reprendre vous-même.
Abbaye de Fonfroide (Aude)
- Pourquoi remettez-vous toujours au lendemain l'accomplissement de vos résolutions ?... Qu'en sera-t-il de nous à la fin du jour si nous sommes si lâches dès le matin ?
Levez-vous et commencez à l'instant et dîtes : Voici le temps d'agir, voici le temps de combattre, voici le temps de me corriger.
Dans toutes vos actions, dans toutes vos pensées, vous devriez être tel que vous seriez s'il vous fallait mourir aujourd'hui... Si aujourd'hui vous n'êtes pas prêt, comment le serez-vous demain ?
- Considérez les chartreux, les religieux de Cîteaux, et les autres religieux et religieuses de différents ordres, qui se lèvent toutes les nuits pour chanter les louanges de Dieu... Plût à Dieu que nous n'ayons à songer qu'à la nourriture de notre âme, que nous goûtons hélas si rarement !
Souvenez-vous toujours que votre fin est proche et que le temps perdu ne revient point.
- « Le Royaume de Dieu est au-dedans de vous » ...Il est paix et joie dans l'Esprit-Saint... « Si quelqu'un m'aime , il gardera ma parole, et je viendrai à lui et ferai en lui ma demeure. »
Laissez dons entrer Jésus en vous.
- Ceux qui sont aujourd'hui pour vous pourront être demain contre vous, et réciproquement : les hommes changent comme le vent... Jésus aussi a été méprisé des hommes en ce monde et, dans les plus extrêmes angoisses, abandonné des siens, de ses amis, de ses proches.... Et Vous osez vous plaindre de quelque chose !

Abbaye d'Oriocourt (Moselle)
- Conservez-vous dans la paix : et alors vous pourrez la donner aux autres. Le pacifique est plus utile que le savant.
- Chacun juge des choses du dehors selon ce qu'il est au-dedans de lui-même.
- Nous n'avons en nous que peu de lumière, et ce peu, il est aisé de le perdre par négligence.
- Ayez la conscience pure et vous posséderez toujours la joie. La bonne conscience peut supporter beaucoup de choses, et elle est pleine de joie dans l'adversité. La mauvaise conscience est toujours inquiète et troublée.
- Vous n'êtes pas plus saint parce qu'on vous loue, ni plus imparfait parce qu'on vous blâme. Vous êtes ce que vous êtes, et tout ce qu'on pourra dire ne vous fera pas plus grand que vous ne l'êtes aux yeux de Dieu.
- Aimez et conservez pour ami Celui qui ne vous quittera point alors que tous vous abandonneront, et qui, quand viendra votre fin, ne vous laissera point périr. Que vous le vouliez ou non, il vous faudra un jour être séparé de tout.
- Lorsque la grâce de Dieu visite l'homme, alors il peut tout ; et quand elle se retire, alors il est pauvre et infirme...
- Ne murmurez point s'il arrive que votre ami vous abandonne, sachant qu'après tout il faut bien un jour se séparer tous.
- Quand la consolation vous est ôtée, ne vous découragez pas aussitôt ; mais attendez avec humilité et avec patience que Dieu vous visite de nouveau : car il est tout-puissant pour vous consoler encore plus.
Abbaye Saint Benoît sur Loire
Soyez reconnaissants des moindres grâces, et vous mériterez d'en recevoir de plus grandes . Que le plus léger don, la plus petite faveur ait pour vous autant de prix que le don le plus excellent et la faveur la plus singulière.
Voulez-vous conserver la grâce de Dieu ? Alors soyez reconnaissant lorsqu'il vous la donne, patient lorsqu'il vous l'ôte. Priez pour qu'elle vous soit rendue, et soyez humble et vigilant pour ne pas la perdre.
Cette parole semble dure : « Renoncez à vous-même, prenez votre croix et suivez Jésus. » Pourquoi donc craignez vous de porter la Croix {les épreuves qui vous arrivent}, par laquelle on arrive au royaume du ciel ?
Dans la Croix est le salut, la vie, la protection, contre les ennemis, la force de l'âme, la joie de l'esprit, l'espérance de la vie éternelle.
Prenez donc votre Croix et suivez Jésus, et vous parviendrez à l'éternelle félicité.
Heureux ceux dont la joie est de s'occuper de Dieu et qui se dégagent de tous les embarras du monde... Laissez là tout ce qui passe ; ne cherchez que ce qui est éternel.
« Parle Seigneur, ton serviteur écoute », dit le jeune Samuel .
Parle-moi pour consoler un peu mon âme, pour m'apprendre à réformer ma vie, parle-moi pour la louange, la gloire, l'honneur éternel de ton nom.
Le monde promet peu de chose et des choses qui passent, et on le sert avec une grande ardeur ; je promets [dit Jésus] des biens immenses , éternels , et le cœur des hommes reste froid... Ce que j'ai promis, je le donnerai ; ce que j'ai dit, je l'accomplirai, si toutefois l'on demeure avec fidélité dans mon amour jusqu'à la fin... Gravez mes paroles dans votre cœur, et méditez-les profondément : car, à l'heure de la tentation, elles vous seront très nécessaires.
Seigneur, ne détournez pas de moi votre visage ; ne différez pas à me visiter : ne me retirez pas votre consolation, de peur que privée de vous, mon âme ne devienne comme une terre sans eau.
C'est quelque chose de grand que l'amour, et un bien au-dessus de tous les biens. Seul, il rend léger ce qui est pesant, et fait qu'on supporte avec une âme égale toutes les vicissitudes de la vie... Rien n'est plus doux que l'amour ...parce que l'amour est né de Dieu... Celui qui aime, court, vole ; il est dans la joie, il est libre et rien ne l'arrête... L'amour souvent ne connaît point de mesure, mais comme l'eau qui bouillonne, il déborde de toutes parts... L'amour veille sans cesse ; dans le sommeil même il ne dort point.
- Jésus : Mon fils, votre amour n'est encore ni assez fort ni assez éclairé.
- Le fidèle : Pourquoi, Seigneur ?
- Jésus : Parce qu'à la moindre contrariété vous laissez là l'oeuvre commencée, et que vous recherchez trop avidement les consolations.
Celui qui aime fortement demeure ferme dans la tentation et ne cède point aux suggestions artificieuses de l'ennemi.
Retire-toi de moi, détestable séducteur, tu n'auras jamais en moi aucune part ; mais Jésus sera près de moi comme un guerrier formidable, et tu demeureras confondu. Tais-toi donc, ne me parle plus ; je ne t'écouterai pas davantage, quoique tu fasses pour m 'inquiéter.
« Le Seigneur est ma lumière et mon salut, qui craindrai-je ? »

Mise à jour : Lundi 12 Février 2024, 13:00
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