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Dimanche 13 Mai 2012

Evangile du dimanche 20 mai 2012

Jn 17, 11-19

« A l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, les yeux levés au ciel, il priait … »

L’heure est grave. Elle m’évoque d’abord les derniers mots du mourant à sa famille qui nous sont relatés lors de préparation de célébration de funérailles. Quelle importance ces derniers mots ! ….même s’ils sont parfois à la limite de l’inaudible. Jésus est à quelques jours de sa passion et de sa mort et Saint Jean met en scène en quelque sorte les paroles importantes qui vont suivre :

«  Père saint, garde mes disciples dans la fidélité à ton nom que tu m’as donné en partage, pour qu’ils soient un comme nous-mêmes. »

                                 *

C’est déjà vers Dieu, son Père, que Jésus se tourne. Tous deux, ils ne font qu’un. C’est l’amour parfait. Mais un amour qui n’est pas centré sur lui-même mais au contraire tout tourné vers les hommes, vers les disciples en particulier à cet instant,  pour qu’eux aussi restent fidèles à Dieu et soient unis entre eux .

=> Se tourner vers Dieu. C’est notre source et notre force. Il nous faut reconsolider sans cesse ce qui nous relie à Lui . Il nous faut expérimenter personnellement notre amour pour Dieu . C’est la condition pour que nous osions espérer porter du fruit, transmettre à nos frères la Bonne Nouvelle d’un Dieu qui aime l’homme.
=> Il nous faut, en même temps, comme Jésus, avoir les yeux au ciel et les pieds sur terre. Le cœur est au milieu bien entendu. Notre souci, ce ne doit  pas être nous-mêmes mais nos frères.
En formation sur le thème  de la transmission de la Parole de Dieu dans nos paroisses, nous nous interrogions sur cette difficulté à y donner goût, à motiver les chrétiens . C’est un souci majeur. Comment vivre du Christ si on ne l’écoute pas ?
Mais il y a d’autres chemins qu’une lecture directe des Evangiles (qu’il faut encourager !). Ce sont notre témoignage, nos engagements.  Pas seulement en Eglise , cela ne suffirait pas, ne suffit plus de nos jours. Il faut être au cœur du monde, de ses souffrances et de ses joies. Jésus ne s’est pas isolé dans sa prière . Il a vécu une vie au plus proche des hommes et des pauvres en particulier. C’est là qu’il faut semer … même si on ne dit pas ce que contient la graine ! Les fruits parleront.

                                  *

« J’ai veillé sur eux et aucun ne s’est perdu… »

Quelle tendresse chez Jésus … Son souci doit être le nôtre : veiller sur nos frères. Pas seulement ceux qui sont proches, ceux qu’on aime, mais tous ceux avec qui nous partageons quelque chose, tous ceux aussi qu’on peut soutenir  de près ou de loin. Le but ultime de cette vie fraternelle pour Jésus, comme pour nous, est d’être révélateur de l’amour du Père. Et pas seulement  en donnant de l’amour mais aussi en réveillant en l’autre cette richesse qu’il porte en lui, parfois enfouie, abîmée, effrayée. Permettre à l’autre de se dire, de s’ouvrir, de s’épanouir. Voilà la joie de Dieu.
La joie en Dieu est d’abord d’être serviteur de l’amour. Nous sommes des envoyés, des messagers de l’amour de Dieu. Ce ne sont pas là des « grands mots ». N’y a-t-il pas plus grande joie à donner du bonheur que de n’en  chercher que pour soi ?  Au-delà des apparences qui nous font dire que l’homme d’aujourd’hui est devenu bien égoïste, on peut remarquer souvent , quand l’occasion se présente, qu’émergent vite des gestes de solidarité et de compassion.  De quête de Dieu aussi.

«  Je leur ai fait don de ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils ne sont pas du monde, de même que moi je ne suis pas du monde… garde-les du Mauvais »

Continuons de nous identifier au Christ. Accueillant sa Parole, essayant de la mettre en pratique, il nous arrive parfois de sentir le décalage qu’il peut y avoir entre notre regard, notre façon d’être et « le monde ». Jésus n’a pas toujours été bienvenu,  bien vu. Ses paroles rudes en ont bousculé plus d’un au point de le rendre indésirable. On n’aime pas toujours voir sa vérité en face. Il y a des actions souterraines pour éliminer l’intrus, d’autres plus radicales. On connaît cela en politique ; cela se vit aussi en famille ou entre « amis ». Ne nous laissons pas décourager, écraser, tenons bon . Nos convictions chrétiennes seront parfois sources de tension. Et nous avons à prendre aussi une réelle distance par rapport aux conduites du monde.  Non pas en le quittant  mais en oeuvrant autrement. Peut-être même nous faudra-t-il mourir aussi comme Jésus ? Mort qui n’est pas forcément physique mais renoncement. Nous ne mesurons pas toujours à quels points nos divisions sont destructrices. Elles sont impardonnables quand cela passe en Eglise.

«  Consacre-les par ta vérité. De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi je les envoyés dans le monde. »

«  De même que… » On retrouve ici encore cette proximité avec nous que Jésus désire, comme lui-même est proche de Dieu. Et encore :
«  Je me consacre moi-même, afin qu’ils soient eux aussi  consacré par la vérité. »
« Consacrer », c’est destiner une personne au service exclusif de Dieu. C’est le cas des prêtres mais aussi des religieux et de tous les consacrés  appelés à donner leur vie à Dieu. Mais ce passage d’Evangile nous laisse bien penser que cet appel nous concerne tous, même s’il est vécu sur des modes différents.  La vérité d’ailleurs n’est pas tant dans la forme que cela peut prendre ( « Pharisiens hypocrites !  » disait Jésus ) que dans le fond  du cœur de l’homme.
 Le terme de « fidélité » revient aussi  plusieurs fois : fidélité à la Parole reçue, fidélité à l’image de Dieu que nous sommes pour nos frères, fidélité aux engagements pris.

                                       

Que la Parole de Dieu nous sanctifie et nous fasse demeurer avec Lui et en Lui.

Saint Jean  exprime magnifiquement ce qu’est l’ amour de Dieu partagé :

«  Mes biens-aimés, puisque Dieu nous a tant aimés, nous devons aussi nous aimer les uns les autres. Dieu personne ne l’a jamais vu. Mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour atteint en nous la perfection. » (Première lettre de saint Jean  4, 11-12)

D.G
* Photos personnelles : Echternach - Musée de l'Abbaye - Enluminures du 11°s.

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Jeudi 10 Mai 2012

Jeunesse du sacré

Jeunesse du sacré

Régis Debray
Ed. Gallimard, 2012
___________________
        
                 

Ce livre de Régis Debray, de l’Académie Goncourt, a beaucoup d’attraits.
- Par sa présentation : format, qualité du papier,  iconographie, chapitres courts. C’est un beau livre.
Une réserve concernant l’image de couverture : elle est peu signifiante. Il y en a d’autres dans le livre qui s’y seraient mieux prêtées.
- Par son style : à la fois spontané et recherché. C’est une des grandes qualités de cet auteur qu’on lit avec intérêt et plaisir. On s’amuse aussi car Régis Debray  a de l’humour, sans méchanceté et pourtant percutant, qui souligne bien nos contradictions humaines.
- Par son contenu : le sujet est passionnant et bien qu’il traite du sacré (ne pas confondre sacré et religieux) , il touche à chaque page à notre quotidien. Même si ce qui est sacré pour les uns peut ne pas l’être pour les autres. Ce qu’on considère comme sacré nous identifie, nous cadre, nous élève (en général).Il arrive aussi parfois qu'il pousse l'homme aux pires excès.
La première partie, le génie du lieu, est vraiment passionnante et précise. Dans la deuxième partie , le travail du temps, toujours intéressante, la plume de l’auteur se laisse un peu aller et se disperse un peu par trop de réflexions. On perd le fil, parfois , mais il y a tant de remarques justes et savoureuses qu’on ne lui en veut pas.

On aurait pu croire qu’en l’an 2012, l’importance du sacré se soit estompé. On découvre que le sacré  touche à des valeurs très résistantes même si elles évoluent. Quand on a voulu les détruire, comme le phénix, elles renaissent toujours de leurs cendres.

Extrait

Un lieu symbolique est d’abord un huis clos où l’on n’entre pas comme dans un moulin… Tout ce qui dramatise l’accès [ d’un lieu] sanctuarise ; tout ce qui le facilite désacralise. Aussi les hommes ont-ils investi des moyens et un temps considérable à s’aménager de l’inaccessible, ziggourat ou hypogée. Pour loger tout en haut un monastère (le mont Athos) ou tout en bas une armée en argile (Xi’an, en Chine). (p.41)

 

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Dimanche 06 Mai 2012

Evangile du dimanche 13 mai 2012

Jean 15, 9-17


«  A l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez en mon amour. »

                        
                          Abbaye de Tamié

L’Evangile de ce jour va au cœur de l’essentiel du message de Jésus délivré comme un testament à ses  disciples. Cœur de l’essentiel, ce qui n’est pas peu dire.
 - Jésus , fils de Dieu, est aimé de Dieu.
- A cause de cela, et pour nous transmettre cet amour, Jésus vient parmi les hommes. L’initiative d’amour vient de Dieu. « Je vous ai choisis » nous dit Jésus.
- Et il nous presse d’être accueillant et fidèle à cet amour. « Demeurez  en mon amour. »

Comment être fidèle ?

« J’ai gardé fidèlement les commandements de mon Père, et je demeure en son amour. »
- Parce que Jésus a écouté  et fait sienne la Parole de Dieu , il a vécu de cet amour.
- Lisons, écoutons, méditons la Parole. Elle nous séduira et nous l’aimerons.

                                   
                                    Saint Benoît - Abbaye de Tamié

Pourquoi ?

«  Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que vous soyez comblés de joie. »
- Cette joie d’aimer Dieu et les hommes , Jésus l’a connue, vécue.
- Sommes-nous capables d’y croire suffisamment ? N’ayons pas peur … L’amour de Dieu transforme et comble toutes attentes.

Comment faire ?

«  Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. »

     
     Abbaye d'Ubexy (Vosges)

- Jésus, parmi les hommes, a aimé ses disciples, ses concitoyens. Il a donné sa vie pour nous. Jésus aujourd’hui, est présent d’une autre façon et nous accompagne.
- Nous sommes parfois prêts à suivre quelqu’un du fait de ses idées ou de sa façon d’être. Nous nous engageons dans une vie commune parce que nous aimons une autre personne.
Jésus lui, nous propose un engagement fort à nul autre pareil et qui peut guider notre vie ,la rendre plus belle, et qui plus encore,  l’oriente vers la vie éternelle. Jésus est notre ami; c'est lui-même qui le dit. Dieu est notre créateur et notre Père. Qui d'autre mieux que Lui sait ce qui est bon pour nous ?

Laissons-nous interpeller par ces paroles de Jésus. Elles sont vraiment pour nous source de vie, de joie et d’espérance. Sans doute, connaissez-vous des gens qui en témoignent …

D.G
Photos personnelles

 

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Jeudi 03 Mai 2012

Chroniques de Jérusalem

Chroniques de Jérusalem
Guy DELISLE
Ed. Delcourt, 2011
Fauve d’or Angoulême 2012 – Prix du meilleur album

                    

Les prix littéraires ont ceci de particulier d’être bien souvent appréciés que par un petit nombre de lecteurs même si beaucoup les achètent. La bande dessinée ne fait pas exception. Mais ici, ce Fauve d’or est amplement mérité.

Mais « Chroniques de Jérusalem » est une BD-reportage remarquable qu’il faut lire absolument. L’épaisseur du volume – un vrai livre de 333 pages ! – peut nous faire craindre d’abandonner en cours de route ces dessins en noir et blanc ou sépia,  avec de temps à autre une petite étincelle de couleur qui nous surprend. Au contraire ! On accroche tout de suite au récit, on suit le « héros » , l’auteur lui-même, dans ses tribulations israéliennes criantes de vérité … et pleines d’humour. Ce qui donne au livre un bel équilibre et un vrai plaisir de lecture. C’est aussi plein d’infos sur la vie quotidienne  à Jérusalem, sur les conflits latents ou présents.

Le regard est très personnel et ce côté journal intime a son charme. Mais Guy Delisle réussit parfaitement par ses dessins géniaux et leurs légendes à élargir aussi le champ de vision. La vie est rude à Jérusalem !

A lire et à relire. Pour tous (ce qui est aussi un exploit !), à partir de 10 ans.
D.G

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Mardi 01 Mai 2012

Evangile du dimanche 6 mai 2012

Demeurez-en moi et moi en vous.

Jn 15, 1-8

« Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est comme un sarment qu’on a jeté dehors, et qui se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu et ils brûlent. »

                              
                               Vignoble du Toulois.

Voilà qui est radical. Qui ne suit pas le Christ est donc perdu ? Qui ne boit pas à la source de la Parole de Dieu va irrémédiablement se dessécher et mourir ? Pour nous qui sommes en période électorale où la question est de savoir qui propose le meilleur avenir, on pourrait être tenté  de voir dans les paroles de Jésus une propagande intransigeante qui dirait « Je suis le meilleur , les autres ne valent rien et vous poussent à votre perte. » Il nous faut voir les choses autrement.

Cette parabole de la vigne parle bien aux disciples qui savent entretenir un vignoble . C’est une image fréquente dans l’Ecriture qu’ils comprennent bien aussi : il est question de l’Alliance de Dieu avec son peuple souvent évoquée dans l’Ancien Testament.  Ce que dit Jésus est pour eux évident : nettoyer, brûler ce qui est inutile, voire nuisible, est indispensable à la sauvegarde d’une vigne et à sa fructification. La nature est souvent excellente conseillère et l’homme en est bien conscient. Alors faut-il traiter l’humanité sur le même principe ? Dieu créateur souhaite-t-il s’y prendre avec nous comme le vigneron avec sa vigne ? 

     
      Vignoble alsacien

Le Christ ne nous demande pas d’être des justiciers de nos frères ou des « infidèles », comme tant d’épisodes dramatiques de l’histoire de l’Eglise ont pu le laisser croire. Nous avons certainement à discerner et à éliminer ce qui est radicalement mauvais. La fonction de tout parent, de tout éducateur, de toute justice est d’aider  à avancer sur ce terrain. Mais  il y a un monde entre rejeter celui qui ne pense pas comme nous et l’accepter différent avec tout ce que cela suppose.

Pourquoi Jésus est-il si radical ?

Si nous, nous sommes souvent incertains quant aux choix à faire , il n’en est pas de même de Jésus. Il est le Fils de Dieu et il sait ce qui est bon pour nous et de son point de vue, il tient à nous dire ce qu’il en est en vérité. C’est clair et net. D’ailleurs, Jésus a dit ces mots-là juste après l’annonce de sa Passion. Le temps presse. C’est presque un testament. « Je suis la vigne, vous êtes les sarments ». Autrement dit, l’homme ne peut trouver sa sève nourricière qu’en Dieu. Dieu nous a fait, Dieu nous connaît et le Christ sait  que ce qu’il dit est ce qu’il y a de meilleur pour nous. Non pas pour nous imposer sa loi ou ses façons de penser comme peut le faire un dictateur, mais il le fait comme un Père avec amour. 

Ayons cette confiance en Dieu qui nous fait reconnaître qu’il n’y a qu’en suivant le message du Christ que nous serons pleinement homme et que notre vie fructifiera au maximum. Il y a bien deux dimensions dans nos vies : la Parole qui nous nourrit mais aussi qui nous fait vivre.Et, en ces temps, nos évêques ne cessent d'insister sur ce point.  C’est bien aux fruits qu’on juge de la qualité de l’arbre… C’est ce que saint Jean rappelle dans sa Première lettre que nous lisons ce jour : « Nous devons aimer, non pas avec des paroles et des discours, mais par des actes et en vérité. » (Jn3,18). Il en va de notre bonheur … et de la gloire de Dieu.

                                                               

« Ce qui fait la gloire de Dieu, c’est que vous donniez beaucoup de fruit : ainsi vous serez pour moi, mes disciples. »

« Demeurons en Lui, comme Lui en nous ».  Dans ce passage, le mot « demeurer » revient 8 fois ! Il exprime chez saint Jean, un lien très fort, une solidarité étroite entre Jésus et nous.

                    


Ne nous laissons donc pas écarter de notre compagnonnage avec le Christ. Il est notre plus fidèle ami et conseiller.

D.G.
Ph.personnelles.

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Samedi 28 Avril 2012

Abbaye de Romainmôtier (Suisse- Canton de Vaud)

             


Quittant l’autoroute Lausanne-Yverdon (Suisse, canton de Vaud), une  petite route part de Orbe , s’enfonce  doucement dans un vallon  pour  arriver à Romainmôtier où est né le plus ancien monastère de Suisse. Un ermite, Romain, qui a su gagner des cœurs, est poussé à fonder au 5°siècle un petit monastère à l’écart des lieux trop passants et où coule le Nozon, rivière indispensable à une vie en  autarcie. La Règle de saint Colomban soutient la communauté, le monastère s’agrandit au fil des siècles d’autant que vers l’an 1000, il se rattache à la grande abbaye de Cluny qui va lui donner de saints abbés. Les dons en nature (terres, forêts, mines…) et en espèces affluent permettant un développement de l’abbaye.  Mais elle sera, comme tant d’autres à cette époque, victime de son succès. 

Même le prieur prend quelque distance avec ses moines et  s’installe au 13°siècle dans sa maison privée pour y recevoir des hôtes de marque. Au 16°s., elle devient la demeure des baillis bernois (grand ours de Berne peint sur le mur est)

 La maison du prieur est toujours debout , bien restaurée et accueillant … le touriste. 
              
                 
              

La décadence ne tardera pas au 15°siècle,  avec le système de la commende puis de la Réforme, iconoclaste, qui va défigurer les sculptures, badigeonner les fresques , détruire le cloître en plus d’inviter les moines à quitter les lieux ou de se convertir au protestantisme.  La Révolution donnera le coup de grâce : le canton de Vaud tout neuf hérite du souverain bernois et les bâtiments sont affectés à une activité exclusivement agricole.
Au  début du 20°siècle, des fouilles et une minutieuse  restauration permettent de redécouvrir les lieux  et leur histoire,  le cimetière des moines  . Aujourd’hui,  les images 3D ressuscitent  l’ aventure mouvementée de cette abbaye bénédictine. Confiée depuis une cinquantaine d’années à la paroisse protestante, une communauté y assure des offices quotidiens où l’œcuménisme est primordial. 
                                     
                                         *  *  *
Une arrivée  par le haut du village offre une belle vue d’ensemble de l’abbatiale nichée au cœur du village : clocher roman à base carrée, ajouré de huit fenêtres doubles ; flèche du 16°s.

                               
C’est par la porterie et sa Tour de l’horloge qu’il convient d’approcher l’abbatiale. A l’époque médiévale, le monastère étant entouré de murs, cette entrée  était le seul accès possible. Une horloge récente nous rappelle que « le temps fuit ». 

  

La cour intérieure est  bordée de maisons anciennes rénovées .  Avant d’entrer, faire le tour de l’église permet de se préparer à la découverte intérieure.  Mélange de roman et gothique , les proportions de l’ensemble sont harmonieuses et les murs d’une pierre rosée superbe sont sobrement  ourlés  d’arcatures lombardes . Sur la façade sud, les restes des arcatures  du cloître rasées au plus près du mur  nous laissent imaginer ce qu’il fut. 

Le porche gothique (13°s) est ouvert latéralement par deux baies que partage une colonne. Une belle frise de fleurs avec oiseaux colorés ornent l’archivolte. 
   


                        
                 

Le narthex
(11°s)
Toujours lieu impressionnant qui plonge le visiteur dans une certaine obscurité. Espace aux solides piliers où le catéchumène va s’initier au message divin par la contemplation des fresques qui recouvrent les voûtes. A l’époque médiévale, peu de personnes savent lire et ce sont les images qui parlent commentées sans doute par des moines accueillants. 

                                    

Adam et Eve mangent le fruit défendu   -  
Les œuvres de miséricorde.

              
   
Porche, narthex : étapes nécessaires de préparation , démarche d’approche ou parfois même seul lieu accessible. A l’époque médiévale, entrer dans  une église et à plus forte raison une abbatiale, ne se faisait pas à la légère.

Une seconde porte s’ouvre sur l’église où on descend par quelques marches dues à la configuration du terrain. On est saisi par l’envergure de l’édifice, par  la beauté et la clarté du lieu aux voûtes  et embrasures des fenêtres colorées, décorées.  Six grosses colonnes rondes sur base carrée et quatre piliers massifs à la croisée du transept donnent à l’église une impression de grandeur et de force. Elle fut construite au cours de l’an mil sur les plan de Cluny II . C’est dire l’importance des lieux.  Au 13°s, la voûte est remaniée.

                                            

Comme souvent, au-delà de la croisée du transept,  le chœur attire le regard.
Autrefois, une séparation empêchaient  les fidèles  d’accéder  à l’avant-nef où  les moines  avaient leurs stalles . C’était la fonction des jubés. 
Chaque voûte, chaque pilier sont  décorés, chaque fenêtre bordée d’une frise colorée (13°s). 
      
     
A l’entrée du chœur, bien mis en valeur, la pièce majeure de l’abbatiale : un ambon du 7°s. , pierre sculptée d’une croix latine supportée par des lys et encadrée d’entrelacs.

                                                

Les stalles
datent du 19°siècle et réalisées sous le priorat de Jean de Seyssel. On remarque les sculptures plutôt originales des miséricordes :  nain, oie, poisson… sur des thèmes qu’on retrouve sur les chapiteaux du chœur : le bien et le mal.

          

Deux tombeaux de prieurs (Henry de Severy- 14°s- et Jean de Seyssel -15°s-) ont trouvé place dans le chœur. L’ensemble funéraire était imposant avec monument en pierres polychromées entourant le gisant, malheureusement très abîmé lors de la Réforme.  Les morceaux retrouvés ont été minutieusement reconstitués et exposés au musée voisin.

Au fond  de l’église, une petite porte close  mentionne simplement : chapelle saint Michel. Mais c’est ouvert ! Un étroit escalier de pierre conduit à un superbe lieu surplombant exactement le narthex .  Quatre piliers carrés et quatre colonnes  soutiennent la voûte. Les chapiteaux sont ornés de sculptures non figuratives. A l’époque bernoise, cette chapelle était utilisée comme grenier à blé. On ignore l’usage exact de ce lieu à l’époque romane.

      

On ressort de l’abbatiale presque à regret. Après une première découverte, un deuxième parcours permettrait d’en mieux saisir l’intensité spirituelle.

Mais un petit musée proche offre la possibilité , grâce à un film, de mieux comprendre l’évolution au long des siècles de ce que fut Romainmôtier.  Y sont exposés aussi  quelques vestiges archéologiques et notamment les sculptures qui entouraient les tombeaux des abbés.

    

Visiter l’abbatiale de Romainmôtier demande de prendre son temps pour en apprécier toute l’histoire et la beauté. Choisir un matin (c’est calme) ensoleillé ( c’est mieux pour les photos), se munir du récent petit guide « Abbatiale de Romainmôtier » des Editions Saint-Augustin, un peu malaisé à consulter mais  qui nous dit (presque) tout . On peut se le procurer à la boutique voisine.

D.G 
Photos personnelles

avril 2012

Mise à jour : Lundi 30 Avril 2012, 19:19
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Prologue de la REGLE de SAINT BENOÎT

2 mai 2012

                        PROLOGUE  v. 1


Il y a des prologues qui ne servent à rien. Ici ce chapitre-prologue est incontournable. Il nous dit pourquoi nous sommes là et comment nous préparer à un chemin de conversion. Nous sommes à un commencement qui nous renvoie à Genèse 1,1 : " Au commencement, Dieu créa...". Qui nous renvoie aussi à  l'Evangile de Jean : " Au commencement était le Verbe", la Parole , une Parole qui va s'incarner, une parole à écouter. Commencement qui nous renvoie également à notre baptême ,  départ dans la vie chrétienne. Comment s'y prendre pour (re)commencer, pour entrer dans une vie nouvelle ? C'est ce que va enseigner saint Benoît.

Ecoute : 

- Mot clé et capital du prologue et de la Règle de saint Benoît toute entière.

=> Ne serait-il pas aussi celui de nos vies ?

...mon fils
:
- Saint Benoît s'adresse à ses moines qui le considèrent comme leur père. Il est l'abbé du monastère, l'abba, c'est-à-dire le "papa", comme Jésus sur la croix, appellera Dieu, son Père.
Les abbés des monastères représentent le Christ tout comme d'ailleurs tout personne ordonnée dans l'Eglise. Les moines obéissent donc en tout à l'abbé parce qu'ils désirent obéir à Dieu.
D'où bien sûr l'importance des qualités (ou non) de l'abbé. Saint Benoît y reviendra longuement au ch.2 : "Des qualités de l'abbé", donc tout au début car c'est un point primordial.

=> Importance de savoir à qui nous parlons et dans quelle relation nous sommes. L'écoute va en dépendre.
- Saint Benoît peut être pour nous un très bon guide et cette Règle adaptée à nos vies. Elle est un outil (inspiré tout de même) qui ne  remplace évidemment pas l'Evangile.
- Notre écoute est très variable suivant les personnes qui s'adressent à nous et elle est fonction des circonstances. Mais dans tous les cas, si nous cherchons le dialogue, commençons toujours par écouter
.

                    

... les instructions du maître :
- En écoutant la Règle, comme le font chaque jour les moines, on s'apprête à l'accueillir, à en écouter le commentaire d'un initié. 
  " Avant l'accueil,
    se recueillir
." (François Cheng)
La Règle va  instruire, enseigner, aider à vivre selon le choix radical qui a été fait : suivre et servir le Christ aimé. Nous sommes dans une terminologie scolaire qui annonce le propos de Benoît, reprenant lui-même les mots du Maître (il existe une Règle appelée "Règle du Maître" qui a précédé la RB et sur laquelle s'est appuyé saint Benoît).

=> nous avons tous eu besoin d'un maître : un père, un enseignant, un patron, un ami . Certains jeunes d'aujourd'hui qui n'ont jamais eu de référent partent bien souvent à la dérive.
- Qui furent mes maîtres ? Bon ou mauvais berger ? Tous les maîtres ne sont pas bons à suivre. L'Evangile du Bon Pasteur, dans saint Jean, nous le rappelle. Mais il y en a aussi, dans nos vies, qui resteront à jamais inoubliables.
- Suis-le le maître de quelqu'un ? Quel maître , quel guide ? On pense au guide de haute montagne qui s'encorde avec ses clients... quelle responsabilité ! On pense aussi à tous ces prêtres, ces éducateurs déviants cause de tant de souffrances si largement évoquées dans les médias... 

                               

... prête l'oreille de ton coeur :
On peut admirer  parfois dans des lieux religieux des représentations anciennes mais aussi récentes d'hommes écoutants ayant une énorme oreille. Mais on peut entendre sans écouter vraiment. Saint Benoît précise qu'il va s'agir, si l'on veut bien entendre la Règle, d'ouvrir aussi son coeur. Cela ne viendra peut-être que petit à petit. Benoît est un homme fraternel, sensible, attentionné; il sait de quoi il parle. Bien écouter, c'est déjà aimer un peu.

=> quelle est la qualité de mon écoute : de l'autre, (proche ou non), de l'Evangile, de la vie du monde...

.... accepte les conseils d'un vrai père et suis-les effectivement :

Saint Benoît, tout au long de sa Règle, va enseigner mais toujours inviter à mettre en pratique ce qui est dit. " Ils disent mais ne font pas" reprochait Jésus en son temps. Cette Règle est un bel outil qu'on ne se contentera va de regarder ou d'écouter mais qui va servir. L'Evangile le rappelle aussi sans cesse : message  et mise en pratique sont inséparables. Jésus dit qu'il donne sa vie pour nous. Il l'a fait jusqu'à la croix.
Tous les chapitres qui vont suivre vont détailler très concrètement un mode de vie particulier qui s'adresse à des moines et moniales du 6°siècle puis a été adopté par la plupart des communautés contemplatives jusqu'à nos jours. Mais nous verrons que l'enseignement de saint Benoît est d'une grande actualité pour nous. Cette résistance au temps, tout comme c'est le cas pour la Bible, est le signe d'un message qui nous dépasse et dont les qualités ont fait leurs preuves.

                                         
                                         Eglise d'Hattonchatel (Meuse)

=> Est-ce que je suis prêt à accepter les bons conseils de Benoît qui peut me guider dans ma foi ? Est-ce que je suis prêt à une mise en pratique ?
- Si nous sommes (bons) parents, éducateurs, pasteurs , nous savons ce que sont des conseils donnés et nous attendons effectivement qu'ils soient suivis. Et si la relation est saine, ce n'est pas pour nous que nous désirons être suivis, obéis mais pour le bien de celui ou celle que nous accompagnons.

D.G
Ph. personnelles.

 

 

 

 

 

 

Mise à jour : Mercredi 9 Mai 2012, 18:43
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Règle de saint Benoît - Ch. 48 - 28 mars

Travailler et ....

 Chapitre 48, 1-9  
 Du travail manuel quotidien
.

« L’oisiveté est l’ennemie de l’âme. C’est pourquoi à certaines heures, les frères doivent s’occuper au travail des mains, et à certaines autres, à la lecture des choses divines. » (v.1)

                

Suivent quatre versets où saint Benoît règle l’emploi du temps des moines au cours de la journée. Avec précision mais toujours avec le souci de tenir compte des circonstances particulières et dans le respect des frères.
Il ne fait pas bon être inactif, dit Benoît comme énonce d’ailleurs le dicton : le travail c’est la santé. On comprend bien pourquoi. Les moines, cisterciens en particulier,  attachent une grande importance au travail manuel. A l’époque de saint Bernard et de la fondation de Cîteaux (1098) , il y a un retour fondamental au travail des mains, de la terre qui avait été un peu mis de côté par les moines de Cluny qui privilégiaient la prière et les offices. 

«  C’est alors qu’ils sont vraiment moines, quand ils vivent du travail de leurs mains, comme nos Pères et les Apôtres» (v.8)

On le voit, saint Benoît s’en réfère aux premiers temps de l’Eglise qui elle-même s’appuie sur la Bible et en particulier la Genèse où Dieu confie à l’homme la gestion de la terre. Tout homme doit travailler pour gagner son pain et pour contribuer très concrètement  au  développement humain . Il en va aussi de l’équilibre physique et mental du priant : ora et labora,(prie et travaille) l’un soutenant l’autre et ne s’opposant pas du tout. D’ailleurs Benoît met sur le même plan le travail des mains et la lectio divina. Et pour le moine, homme de prière, il est bon de se coltiner aussi au réel.

« Que tout se fasse avec mesure, à cause des faibles »(v.9)
 
En tout l’excès nuit 
, rappelle un autre dicton bien connu.  On apprécie encore ici la sagesse de saint Benoît et son amour de ses frères. 

Affaires de moines que tout cela ? 

Notre époque si minée par le chômage souligne bien l’importance du travail pour l’homme, et pas seulement pour l’argent qu’il rapporte, mais par le sens qu’il donne à la vie. Les jeunes qui ne travaillent pas sont en réel danger nous le savons bien ; ils deviennent même, pour certains, un danger pour la communauté : « oisiveté, ennemie de l’âme ». 

Mais les conditions de travail sont elles aussi très importantes : travail non valorisé, travail excessif… Nous ne sommes pas maîtres de tout, loin de là. Mais une part nous revient.
                  
                        
                    
=> Autant qu’il nous est possible, essayons de garder un certain équilibre entre nos diverses activités d’une journée ou d’une semaine. Il faut parfois accepter de réduire ici pour mieux vivre là. Régulons nos plannings, nos engagements. N’oublions pas la vie de famille, la convivialité ou les temps de pause.  Prenons le temps de respirer et pourquoi pas … de prier .  
La nature elle-même (c’est un bon indicateur) a son rythme des saisons, ses alternances de repos et de fructification, de jour et de nuit.
Repérons nos tendances, rectifions nos trajectoires. Nous aimons donner ? Prenons aussi le temps de recevoir et d’en découvrir la joie. Nous sommes des actifs, des hommes de terrain ? Laissons un peu de place au spirituel, à la détente, à la contemplation. Nous y trouverons des sources neuves pour mieux vivre. Nous n’avons pas de temps pour Dieu ? et si notre regard lui, changeait et que toute notre vie soit éclairée  de la lumière divine …

Notre monde souffre car il a perdu l’équilibre.

D.G

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RB 71 - 3 mars

L'obéissance mutuelle


1 Obéir est un bien. C'est pourquoi tous les frères doivent obéir à l'abbé. Mais cela ne suffit pas.
Ils s'obéiront aussi les uns aux autres.

2 Qu'ils le sachent : c'est par ce chemin de l'obéissance qu'ils iront à Dieu.

"  Au début de sa Règle Benoît avait dit qu’il l’écrivait pour ceux qui voulaient « retourner à Dieu
par le labeur de l’obéissance » (Prol. 2-3) et au chapitre 5 (v. 2) il avait dit que celle-ci est le propre de ceux « qui ne préfèrent rien au Christ ». 
Cette obéissance qui est toujours une obéissance à Dieu utilise divers modes et n’est pas seulement due à ceux qui exercent divers services d’autorité en communauté.
 Selon Benoît cette obéissance à Dieu, cette « bonne chose qu’est l’obéissance » s’exerce également lorsque les frères s’obéissent mutuellement, sachant que c’est par cette voie de l’obéissance qu’ils iront à Dieu . Le chapitre 71 de la Règle, intitulé précisément « L’obéissance mutuelle » est la plus belle expression du sens profondément communautaire de Benoît.
Cette obéissance ne consiste pas tellement à accomplir des ordres ou des commandements,
mais avant tout en un profond respect de l’autre."
                           (3 mars 2002 – Chapitre à la communauté de Scourmont)

Ce qui est vrai pour une communauté monastique peut l'être pour une famille qui a des liens étroits,
qui vit réellement ensemble au quotidien.
Obéir, faire obéir ne va pas de soi. Les relations parents-enfants en sont parfois minées.
Entre laxisme et autoritarisme, où placer les limites ? Il y a même des familles où ce sont les enfants
qui font la loi, où les parents laissent faire, croyant respecter la liberté de l'enfant, où d'autres parents
démissionnent parce qu'il est difficile d'imposer des règles que l'enfant ne comprend pas toujours.
L'adulte lui-même est-il au clair face à l'autorité ? Chacun a un certain passé par rapport à cela, des fragilités.
Et qui aime être commandé ?

Mais comme le dit Saint Benoît, tout cela ne peut fonctionner que dans le respect mutuel.C'est un apprentissage, une écoute del'autre. C'est accepter parfois un autre point de vue. Cela demande en fait une certaine humilité que de se laisser parfois déstabiliser. Ce n'est pas non plus se soumettre par crainte de représailles.Cela suppose aussi la confiance. Sinon on est dans une relation de pouvoir.

"Obéir", c'est littéralement "écouter".

Nous pourrions nous entraîner à cette obéissance au quotidien. Le but final, pour le chrétien, c'est de s'exercer à écouter Dieu. Si nous croyions vraiment à son amour, on pourrait lui obéir les yeux fermés.
Un juif américain,A.J.Jacobs, a écrit un livre* original voire instructif et sans aucun doute plein d'humour, relatant son expérience de vivre une année en suivant strictement les préceptes bibliques. Quel autre regard ! Mais ce n'est pas une sinécure. Il en découvre les contraintes et les bienfaits.

Obéir tel qu'y invite saint Benoît, c'est surtout se libérer car on en réfère à un autre. Le tout est de bien choisir cet autre en qui on met toute sa confiance. Ai-je confiance en Dieu ?

D.G
----------------------

* A.J. JACOBS - L'Année où j'ai vécu selon la Bible. - Ed.Actes Sud 2008

             

L'expérience vécue et racontée par ce journaliste est méritante mais finalement un peu décevante car l'auteur semble s'être bien plus attaché aux formes qu'au fond du message biblique. Il a rencontré, avec bonne volonté des croyants de tous bords mais en majorité extrêmistes, ce qui donne à son expérience, tout du moins à ce qu'il en relate, de tourner finalement la religion en dérision avec tout de même de temps à autre des interrogations pertinentes. Mais sous une certaine naïveté et sincérité, quel était vraiment le but de A.J., personnage qui se déclare ouvertement obsessionnel,  en écrivant ce livre ? Il n'en reste pas moins sympathique.
D.G

Mise à jour : Samedi 28 Avril 2012, 18:14
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Jeudi 19 Avril 2012

NOUVEAUX ARTICLES

              
Sur ce blog, nouveaux articles  (  avril - mai 2012 ):

- 00 - Diaconia 2013

- 01 - Temps forts au monastère  pour les 18-35 ans

- 02 - Commentaires EVANGILE  du dimanche 
6 mai 2012 - 13 mai - 20 mai

- 03 - REGLE de SAINT BENOÎT :
                 
   Prologue, v.1 ( lu le 2 mai dans les monastères)

- 05 -
Abbaye de Romainmôtier (Suisse)

- 07 - Des livres (notre avis) :

- Jeunesse du sacré
   Régis Debray
   Ed. Gallimard, 2012

- Chroniques de Jérusalem
 
Guy Delisle - Ed. Delcourt, 2011 (Bande dessinée)

- Et reposez-vous un peu - Un séjour en Israël
 
Christophe Mory
  Ed. DDB 2011

- Lulu, Présidente !
Daniel Picouly – Frédéric Pilot
Magnard Jeunesse, 2012
(album pour enfants 5-10 ans)

- Clairvaux, état des lieux. 
  Textes de Virginie BIANCHI et de Jean-François LEROUX-DHUYS
  Photographies de Pascal STRITT
  Ed. Dominique Guéniot, 2011

- Premières questions sur la liturgie.
Michel Wackenheim
- Ed. DDB, 2011

- Jésus .
  Jean-Christian Petitfils - Ed. Fayard , 2011

-  Au risque de Jésus-Christ- Une relecture des vœux
   Simon-Pierre Arnold - Ed. Lessius, 2007

-  HOKUSAÏ - Les Trente-six vues du Mont Fuji
-  BENOÎT XVI - L'Engagement
de l'Afrique - Africae Munus
-  Tim PEETERS -  La Voie spirituelle des chartreux -
Agnès BROT – Guillemette de La Borie - Héroïnes de Dieu - Epopée des religieuses missionnaires au XIX°s.-
-  Frère Bruno, de Tamié Répondre par des actes - Sur la vie monastique - 
-  Les moines de Tibhirine-Fès-Midelt - Une vie donnée à Dieu et aux hommes -(BD)
-  Danielle SCHERER - Personne ne te croira
-  Daniel DUIGOU - Vanité des vanités - Méditations au désert -
-  François BOESPFLUG -- La pensée des images - Entretiens sur Dieu dans l'art 
-  Lytta BASSET -Le Désir de tourner la page - Au-delà du pardon -
-  Célébrons le dimanche, année 2012  - Assemblées de la Parole - Ed. du Signe 
-  Sermons de Guerric d'Igny , lus par Frère Bernard-Joseph Samain 
Michelle KNUDSEN – Le Roi de la bibliothèque - (Album enfants)
-  Richard STEMP - Le langage secret des églises et des cathédrales
- Saint Bernard de Clairvaux : dans Hors-série revue "Histoire et religions", 2011
 
- Cardinal Christophe SCHÖNBORN - Au coeur de notre foi chrétienne - Le Credo -
 

Mise à jour : Dimanche 13 Mai 2012, 21:06
Denyse - rubrique 00 - Nouveaux articles du mois - DIACONIA 2013 - - Version imprimable - Permalien - 0 commentaires

Et reposez-vous un peu. Un séjour en Israël

Et reposez-vous un peu - Un séjour en Israël
Christophe Mory
Ed. DDB 2011

          

Ce blog a l’habitude de recommander les livres qu’il présente. Une exception avec ce récit inégal d’un voyage en Israël.
 
L’auteur, accompagné d’un ami prêtre, a l’excellente idée de faire un pèlerinage sur les hauts lieux d’Israël mais avec la liberté appréciable de ne le vivre qu’ à deux . On aurait pu espérer un récit original, plus intimiste dans ses découvertes, profitant d’un certain calme et de l’expérience de son accompagnateur qui reste (heureusement) discret au fil du livre.
On peut apprécier  certaines pages et les personnes ayant déjà fait ce voyage s'y retrouveront sans doute, non sans plaisir . Mais trop de passages sont pénibles du fait de remarques incongrues voire vulgaires qui jalonnent commentaires et  réflexions. Et l’auteur finit par en devenir antipathique. Qu’il ait des comptes à régler avec l’Eglise et la sexualité , c’est son droit. La question n’est pas qu’il ait tort ou raison, mais ce n’est vraiment pas le lieu dans un tel récit pour lequel, il aurait pu choisir un autre style d’humour s’il voulait se rendre original. D’autant, que Christophe Mory semble faire parallèlement une réelle démarche spirituelle. Mais le message était peut-être que les lieux saints comme ceux qui les visitent sont pleins d'ambiguité.
Un récit  volontairement discordant mais décevant. C’est du moins mon avis.
D.G

 

Mise à jour : Vendredi 20 Avril 2012, 16:43
Denyse - rubrique 07 - LIVRES - CD - Résumés, extraits... - Version imprimable - Permalien - 0 commentaires

Mercredi 11 Avril 2012

Lulu, présidente !

Lulu, Présidente !
Daniel Picouly – Frédéric Pilot

Magnard Jeunesse, 2012

                            

En cette période électorale, voici un album bien sympathique où on retrouve Lulu Vroumette, grenouille bien connue des enfants.
Elle se trouve, comme nous tous, confrontée à d’autres opinions que les siennes, dont celles d’un certain Rien-ne-sert, lièvre sûr de ses idées et ne reculant devant rien pour gagner.
Des images joyeuses et délicieuses nous entraînent sur les pas de Lulu  et de ses amis qui ont d’excellentes idées pour apaiser les conflits et trouver des solutions.
Une gentille approche,  pour les enfants de 5 à 10 ans,  des cas de conscience et responsabilités de chacun. Et … votez !

D.G.

Extrait.

«  On retrousse ses manches, on serre les dents, çà va être la grosse bagarre dans un instant.  Arrêtez mes amis, arrêtez ! … Rappelez-vous, par le passé, même si on n’était pas d’accord sur tout, on arrivait à trouver une solution, en respectant  toutes les opinions. Pourquoi n’y arriverait-on plus, tout à coup ? »

 

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